Renault pourrait fermer trois ou quatre sites en France

Renault pourrait fermer trois ou quatre sites en France©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 20 mai 2020 à 00h20

La crise du coronavirus risque de peser très lourd sur l'activité de Renault en France. Alors que les ventes automobiles se sont effondrées de 76,3% en avril en Europe (et de -79% pour Renault !) sous l'effet des mesures de confinement, la presse évoque la possible fermeture de 3 à 4 sites de la firme au losange en France, dans le cadre de son plan de restructuration qui doit être présenté le 29 mai.

3.600 salariés potentiellement concernés

Selon 'Les Echos' et 'Le Canard Enchaîné' dans leurs éditions de mercredi, Renault envisage de fermer trois sites en France, Choisy-le-Roi (263 salariés), Dieppe (386 salariés) et les Fonderies de Bretagne à Caudan (385 salariés), puis d'arrêter dans un second temps la production de véhicules à Flins (Yvelines) qui emploie 2.600 salariés.

Selon les informations des 'Echos', les sites de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) et des Fonderies de Bretagne à Caudan (Morbihan), devraient être fermés, tout comme l'usine de Dieppe (Seine-Maritime), site emblématique de l'Alpine, "dans un horizon assez proche". Le journal ajoute que le site de Flins (Yvelines), qui produit la Zoé électrique pourrait quant à lui cesser de produire des véhicules d'ici quelques années, et se voir confier d'autres activités, comme celles qui serait transférées depuis Choisy.

Conférence de presse de l'Alliance prévue le 27 mai

Mardi soir, ni la direction de Renault ni le ministère de l'Economie n'ont souhaité faire de commentaire. A la Bourse de Paris, avant ces informations, l'action Renault a terminé mardi en très forte baisse de 10,85% à 16,94 euros, portant sa chute à plus de 66% en un an.

Mardi matin, Renault avait publié un très court communiqué annonçant que "la conférence de presse de l'Alliance aura lieu le mercredi 27 mai à 9h, heure de Paris". Cette conférence très attendue doit permettre à l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi de préciser les annonces faites en janvier sur le nouveau partage des rôles en son sein.

L'idée est de confier à l'une des entreprises un leadership pour une région ou une technologie donnée, sur lequel les autres partenaires devraient s'appuyer, afin d'éviter les développements en doublon et multiplier les synergies.

Premières pertes nettes depuis 10 ans

Le constructeur japonais Nissan a prévu d'annoncer un plan de redressement le jeudi 28 mai, jour de la publication de ses résultats annuels 2019/20 (exercice clos le 31 mars), attendus en pertes. Puis Renault doit présenter son plan le lendemain, 29 mai, après avoir indiqué en février viser 2 milliards d'euros d'économies sur trois ans, sans exclure de fermer des sites.

En 2019, Renault avait accusé sa première perte nette en dix ans, avant même l'impact de la pandémie de Covid-19, qui a frappé très durement le secteur automobile. Début avril, la notation de la dette du constructeur français a été abaissée au rang d'investissement spéculatif ("junk bond") par Standard & Poor's.

Rappelons que l'Etat français, premier actionnaire de Renault avec 15% du capital, prévoit de garantir un prêt bancaire d'environ 5 milliards d'euros pour le constructeur dans le cadre des mesures de soutien prévues face à la crise du coronavirus. Cette aide n'impliquerait pas de renoncer à des suppressions d'emplois, étant donné l'ampleur de la crise qui frappe le secteur automobile et les mutations en cours vers des véhicules moins polluants.

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