Renault : Thierry Bolloré dénonce un "coup de force stupéfiant" !

Renault : Thierry Bolloré dénonce un "coup de force stupéfiant" !
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Boursier.com, publié le jeudi 10 octobre 2019 à 20h29

Depuis le remaniement à la tête de Nissan, annoncé mardi, les spéculations vont bon train concernant un départ imminent de Thierry Bolloré, l'ancien bras droit de Carlos Ghosn, de son poste de directeur général de Renault.

Dans un entretien publié jeudi soir sur le site internet des 'Echos', Thierry Bolloré a riposté en dénonçant "un coup de force stupéfiant", à la veille d'un conseil d'administration consacré à la gouvernance du constructeur et qui pourrait aboutir à son éviction.

"La brutalité et le caractère totalement inattendus de ce qui est en train de se passer sont stupéfiants", a déclaré le dirigeant de la firme au losange. "La seule chose que l'on me reproche peut-être, c'est d'avoir été nommé directeur-général adjoint début 2018, sur proposition de Carlos Ghosn, à l'unanimité du conseil", a-t-il déploré.

Un conseil d'administration prévu vendredi sur la gouvernance de Renault

Un an plus tard, suite au choc de l'arrestation au Japon du PDG Carlos Ghosn, Renault avait nommé M. Bolloré au poste de directeur général et M. Senard (jusque là patron de Michelin) au poste de président du constructeur automobile français.

Jeudi matin, le constructeur au losange a annoncé, dans un bref communiqué, que son conseil d'administration se réunira vendredi matin afin de se prononcer sur la gouvernance du groupe, sans autre précision. Au même moment, le site de 'BFM TV' affirmait que Clotilde Delbos, l'actuelle directrice financière de Renault, pourrait être nommée directrice générale par intérim du groupe automobile en remplacement de Thierry Bolloré.

Mercredi, une source au sein de l'Etat français avait indiqué à l'agence 'Reuters' qu'un remaniement à la tête de la société était bien sur la table, confirmant une information du 'Figaro' selon laquelle le président de Renault Jean-Dominique Senard allait proposer le remplacement du directeur général.

"Sur le plan opérationnel, je ne vois pas où est la faute", s'est défendu Thierry Bolloré, appelant l'Etat à intervenir "pour ne pas déstabiliser Renault". Interrogé sur son éventuelle éviction, lee dirigeant a souligné que "tant que le conseil d'administration de Renault ne s'est pas prononcé, par définition, rien n'a pu être décidé".

Nissan a tourné la page de l'ère Carlos Ghosn

La question du départ de M. Bolloré intervient alors que Nissan a tourné mardi la page de l'ère Carlos Ghosn en choisissant en interne une nouvelle direction tricéphale, qui aura pour tâche de redresser les comptes du constructeur japonais en difficulté, et de piloter l'avenir de l'alliance industrielle que Carlos Ghosn avait créée en en 1999 avec Renault. La firme au losange, dont l'Etat français détient 15%, contrôle 43,4% du capital de Nissan.

C'est Makoto Uchida, 53 ans, jusqu'à présent dirigeant de ses opérations en Chine, qui succède à Hiroto Saikawa (qui avait admis avoir profité de primes indues et démissionné mi-septembre) en tant que directeur général de Nissan. Makoto Uchida sera assisté d'Ashwani Gupta, un autre haut responsable de Nissan, qui devient DG délégué, et d'un troisième dirigeant, Jun Seki, qui a été désigné comme vice-directeur général délégué.

Mercredi, Nissan a parachevé son remaniement managérial en rétrogradant l'un de ses vice-présidents, Hari Nada, à un poste de conseiller en charge des opérations spéciales. M. Nada, qui a contribué à la chute de Carlos Ghosn, a été depuis rattrapé à son tour par des accusations selon lesquelles il aurait lui aussi touché des sommes indues.

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