Renault tombe sur les 30 euros, au plus bas depuis la mi-2012 !

Renault tombe sur les 30 euros, au plus bas depuis la mi-2012 !
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Boursier.com, publié le mardi 18 février 2020 à 18h58

Le début d'année très difficile du marché automobile européen n'arrange par les affaires des constructeurs tricolores, à commencer par Renault qui poursuit sa chute en bourse, au plus bas depuis l'été 2012, encore en baisse de 6,3% ce mardi à 30,94 euros en clôture. Dans l'Union européenne, les ventes de voitures ont ainsi chuté de 7,5% en janvier à 956.779 unités, le repli étant particulièrement marqué sur les quatre principaux marchés du Vieux continent, France en tête (-13,4%). Il s'agit par ailleurs du plus mauvais mois de janvier depuis 2016...

L'Association des constructeurs automobiles européens explique cette baisse par des changements majeurs de taxation annoncés par certains Etats membres pour 2020 ainsi que par l'affaiblissement de la conjoncture économique mondiale et l'incertitude causée par le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne...
Le marché automobile mondial devrait s'inscrire en repli cette année, avec une baisse de l'Europe d'au moins 3%, de la Russie d'environ -3% aussi et une hausse du marché brésilien de l'ordre de 5%. Dans ce contexte de faible visibilité, notamment liée à la réglementation CAFE en Europe, et d'une forte hausse des amortissements liés aux investissements pour préparer l'avenir, le Groupe Renault vise un chiffre d'affaires du même ordre qu'en 2019 (à taux de change constants), une marge opérationnelle du Groupe de 3% à 4%, et un free cash-flow opérationnel de l'Automobile positif avant prise en compte des coûts de restructurations. Cette guidance ne tient pas compte d'éventuels impacts liés à la crise sanitaire du Coronavirus...

Renault en pleine tourmente, gouvernement attentif

Renault qui vient d'annoncer des pertes en 2019 est particulièrement touché avec une chute de ses ventes de 16,3% sur janvier, alors que PSA Groupe ne fait pas beaucoup mieux (-12,9%). Fiat Chrysler (-6,7%) et Volkswagen (-0,4%) s'en sont mieux sortis, alors que Toyota (+12,2%) et BMW (+5,2%) ont vu leurs ventes progresser dans ce contexte adverse, aidés par les motorisations hybrides et électriques en plein boum...

En parallèle, le gouvernement dit suivre "de très près" le dossier. Alors que le constructeur a indiqué la semaine passée n'avoir aucun tabou et ne rien exclure après être tombé dans le rouge en 2019.
Bruno Le Maire a déclaré ce mardi matin que l'Etat resterait "très vigilant" sur la stratégie de réduction de coûts du groupe automobile : "l'Etat jouera son rôle d'actionnaire de Renault pour s'assurer que les choix qui seront faits n'iront pas à l'encontre des emplois et des usines en France".

Le dialogue se poursuit en coulisse

Le Ministre de l'Economie et des Finances a précisé à des journalistes à Bruxelles avoir discuté dimanche du plan industriel de Renault lors d'un appel téléphonique avec le président Jean-Dominique Senard... Ce "dialogue" va se poursuivre, a ajouté Bruno Le Maire, reconnaissant les besoins d'adaptation de Renault pour faire face aux nouveaux défis. Mais il a déclaré que les changements devraient prendre en compte les intérêts à long terme de Renault en France...

La dirigeante par intérim du groupe, Clotilde Delbos, s'était dernièrement montrée plutôt alarmiste sur le plan social. "Il est clair que nous n'arriverons pas à réduire ainsi les coûts sans que cela touche la moindre personne des 180.000 employés de Renault... Malheureusement ce sera une évidence. Nous allons y travailler de manière toujours humaine, solidaire et collaborative avec les partenaires sociaux" a déclaré la dirigeante.

Plan de restructuration attendu

Face à l'urgence de la situation, le groupe devrait présenter dès le mois de mai son plan de restructuration, soit plusieurs mois avant l'arrivée du nouveau directeur général, Luca de Meo, prévue en juillet prochain... Parmi les derniers avis de brokers, Commerzbank est à 'conserver' sur la valeur, mais avec un objectif de cours ramené de 38 à 36 euros. La Deutsche Bank est aussi à 'conserver' avec un cours cible qui est passé de 50 à 45 euros.

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