Renault toujours plus bas !

Renault toujours plus bas !
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Boursier.com, publié le lundi 17 février 2020 à 17h59

Renault a encore chuté de 4,26% ce lundi en clôture à 33,03 euros, son plus bas niveau depuis plus de 7 ans, alors que le constructeur au losange est tombé dans le rouge en 2019, la direction ayant brandi la perspective de réductions de coûts massives et de ventes d'actifs pour redresser la barre : "Nous n'avons aucun tabou et nous n'excluons rien, étant donné que nous avions peut-être un peu trop de capacités pour des visions en termes de volumes plus élevées que ce que nous avons aujourd'hui", a déclaré la dirigeante par intérim Clotilde Delbos. "Il est clair que nous n'arriverons pas à réduire ainsi les coûts sans que cela touche la moindre personne des 180.000 employés de Renault... Malheureusement ce sera une évidence. Nous allons y travailler de manière toujours humaine, solidaire et collaborative avec les partenaires sociaux".

Plan de restructuration attendu

Face à l'urgence de la situation, le groupe devrait présenter dès le mois de mai son plan de restructuration, soit plusieurs mois avant l'arrivée du nouveau directeur général, Luca de Meo, prévue en juillet prochain... Parmi les derniers avis de brokers, Commerzbank est à 'conserver' sur la valeur, mais avec un objectif de cours ramené de 38 à 36 euros. La Deutsche Bank est aussi à 'conserver' avec un cours cible qui passe de 50 à 45 euros.
Sur l'exercice 2019, la firme automobile a enregistré une marge opérationnelle de 2,662 milliards d'euros (4,8% du chiffre d'affaires) en repli de -950 ME, pour des revenus de 55,54 MdsE, en repli de 3,3% (-2,7% à taux de change comparable). Les volumes ont reculé de 3,4% à 3,8 millions de véhicules.

Le résultat d'exploitation est ressorti à 2,105 milliards d'euros (-30%) et le bénéfice net s'est limité à 19 ME, contre 3,451 MdsE en 2018... Au-delà du repli du résultat d'exploitation, cette baisse s'explique principalement par la moindre contribution des entreprises associées, en baisse de -1,730 MdE, et d'une charge d'impôts différés en France pour -753 ME. Le résultat net, part du Groupe, tombe même dans le rouge à -141 ME, soit la première perte depuis la crise financière de 2007-2008. Le consensus 'Bloomberg' anticipait un bénéfice opérationnel de 2,63 milliards d'euros pour des revenus de 55,4 MdsE.

Marché difficile

Le marché automobile mondial devrait être en repli cette année, avec une baisse de l'Europe d'au moins 3%, de la Russie d'environ -3% aussi et une hausse du marché brésilien de l'ordre de 5%. Dans ce contexte de faible visibilité, notamment liée à la réglementation CAFE en Europe, et d'une forte hausse des amortissements liés aux investissements pour préparer l'avenir, le Groupe Renault vise un chiffre d'affaires du même ordre qu'en 2019 (à taux de change constants), une marge opérationnelle du Groupe de 3% à 4%, et un free cash-flow opérationnel de l'Automobile positif avant prise en compte des coûts de restructurations. Cette guidance ne tient pas compte d'éventuels impacts liés à la crise sanitaire du Coronavirus...
Enfin, le groupe a proposé le versement d'un dividende de 1,10 euros par action, comparé à 3,55 euros versés en 2018. Ce dividende serait détaché le 30 avril et mis en paiement le 5 mai.

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