Résultats US : enfin l'heure du rebond des profits au 4e trimestre ?

Résultats US : enfin l'heure du rebond des profits au 4e trimestre ?©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 18 janvier 2021 à 21h20

Après trois trimestres consécutifs de baisse, sous l'effet du choc de la crise du coronavirus, les résultats des entreprises américaines du S&P 500 pourraient enfin retrouver le chemin de la croissance au 4e trimestre par rapport à la même période de 2019. Les entreprises ont ainsi continué de profiter de la reprise économique, même si la fin du trimestre a été marquée par une nouvelle vague de la pandémie de Covid-19.

La résurgence de l'épidémie a entraîné de nouvelles mesures de restriction, qui ont toutefois été moins contraignantes pour l'économie américaine et mondiale que celles du printemps 2020. En outre, la Chine, 2e économie mondiale, n'a pas connu de nouvelle vague, ce qui lui a permis de préserver une croissance de son PIB en 2020 (+2,3%) malgré le choc de la récession en début d'année (-6,8% au 1er trimestre).

Selon le consensus du cabinet FactSet, arrêté le 31 décembre, les analystes s'attendaient encore à un recul de 9,2% des bénéfices des entreprises du S&P 500 au 4e trimestre par rapport à la même période de 2019. Cependant, ce lundi, avec seulement 5% des sociétés du S&P 500 ayant déjà publié leurs comptes (dont JP Morgan et Delta Air Lines), ce chiffre est déjà passé de -9,2% à -6,8%.

Les analystes ont tendance à se montrer trop pessimistes

Selon l'analyste de FactSet, John Butters, la tendance historique montre que les analystes sous-estiment systématiquement les bonnes surprises en matière de bénéfices, et il estime qu'au final, il n'est pas exclu que les bénéfices des 500 plus grandes valeurs américaines renouent avec la croissance au 4e trimestre 2020.

Ainsi, sur les cinq dernières années, les bénéfices trimestriels publiés sont ressortis en moyenne supérieurs de 4% à ceux qui étaient attendus à la fin du trimestre concerné. Si cette tendance se poursuit cette année, les bénéfices pourraient donc reculer de 5,2% (-9,2+4 = -5,2%). Cependant, John Butters note que sur les deux derniers trimestres, le rythme des révisions à la hausse a été très supérieur à la moyenne sur 5 ans. Ainsi, au 3e trimestre 2020, les bénéfices ont finalement reculé de 6,3% sur un an, alors que fin septembre, le consensus tablait sur une chute de 21%!

Une possible hausse de 4,8% en vue ?

L'analyste de FactSet estime ainsi que si ce type de dynamique se poursuit, les résultats du 4e trimestre pourraient en fin de compte progresser de jusqu'à 4,8% par rapport au T4 2019. Si tel était le cas, il s'agirait de leur première hausse depuis un an (+0,8% au T4 2019) et leur plus forte progression de puis deux ans (+13,2% au T4 2018).

La hausse des profits du S&P 500 devrait ensuite s'accélérer au 1er et au 2e trimestre 2021, les comptes profitant d'une base très dégradée début 2020 sous l'impact de la crise sanitaire.

La reprise suspendue à l'évolution de la situation sanitaire

L'accélération de la reprise économique et le rebond des profits des entreprises (qui ont été en partie anticipés par la Bourse depuis l'automne) sont parmi les plus importants catalyseurs pour l'évolution des indices boursiers.

La poursuite des politiques monétaires et budgétaires très généreuses, qui maintiennent un environnement de taux d'intérêts bas, sont aussi indispensables pour maintenir la confiance des investisseurs dans les actifs risqués.

Reste à savoir si la résurgence actuelle du Covid-19 pourra être rapidement jugulée par les campagnes de vaccination, qui ont pris du retard tant aux Etats-Unis qu'en Europe et n'ont pas encore commencé dans de nombreux pays.

Banques, technos... Une semaine chargée en résultats

Après un démarrage en douceur la semaine dernière, avec les publications de 26 membres du S&P 500 (dont Citigroup, JP Morgan Chase, PNC Financial Services, Wells Fargo et Delta Air Lines), le rythme va s'accélérer cette semaine à Wall Street.

On suivra notamment les annonces de Bank of America, Goldman Sachs, Halliburton et Netflix (mardi), puis celles de Morgan Stanley, Bank of New York Mellon, U.S. Bancorp, Procter & Gamble, United Airlines Holdings et UnitedHealth Group (mercredi), suivies de Baker Hughes, CSX, Intel et IBM (jeudi), et enfin vendredi, Carnival et Schlumberger.

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