Sanofi : l'affaire devient politique

Sanofi : l'affaire devient politique©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 20 janvier 2021 à 09h59

Sanofi recule de 0,8% ce mercredi à 82,60 euros, alors que le dossier a pris un tour politique sur fond de retard dans la course aux vaccins contre le Covid-19 et de restructurations annoncées en interne. Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a souhaité ce mercredi sur BFM Business que Sanofi "ne ferme pas de sites en France, alors que le groupe pharmaceutique est engagé dans un plan de réduction d'emplois". Sanofi avait annoncé en juin dernier qu'il supprimerait 1.680 postes en Europe.

Sanofi recule de 0,8% ce mercredi à 82,60 euros, alors que le dossier a pris un tour politique sur fond de retard dans la course aux vaccins contre le Covid-19 et de restructurations annoncées en interne. Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a souhaité ce mercredi sur BFM Business que Sanofi "ne ferme pas de sites en France, alors que le groupe pharmaceutique est engagé dans un plan de réduction d'emplois". Sanofi avait annoncé en juin dernier qu'il supprimerait 1.680 postes en Europe.

Mis en suspens par la crise du coronavirus, ce projet reste d'actualité... 'France Inter' a ainsi révélé que dans le cadre de ce plan, le laboratoire français prévoyait de supprimer 400 postes dans la recherche et développement en France. Le projet, déjà évoqué en juin dernier, vise à supprimer au total environ 1.680 postes en Europe, dont 1.000 en France...

Les syndicats montent au créneau

Le groupe n'a pas confirmé ce chiffre avec précision, évoquant de son côté 300 à 400 suppressions de postes dans la 'R&D' en France. De son côté, le coordinateur CGT chez Sanofi, Jean-Louis Peyren, a parlé de 300 à 600 suppressions de postes. Dans un entretien avec 'BFMTV', le syndicaliste a précisé que le groupe pharmaceutique pourrait aller jusqu'à fermer son site de recherche à Strasbourg.
Le syndicat CGT qui avait appelé les salariés à débrayer hier s'est dit d'autant plus "inquiet quand il voit l'échec des essais cliniques du vaccin contre le Covid-19", très en retard sur celui de ses concurrents Pfizer/BioNTEch, Moderna ou AstraZeneca.

Sur son site internet, Sanofi met en avant d'importants investissements en 'R&D'. "Plus de 6 milliards d'euros seront investis sur les trois prochaines années dans la recherche et le développement de solutions novatrices pour les patients", indique le groupe, ce qui en fait l'un des premiers investisseurs en R&D en France, toutes industries confondues.

Polémique sur le retard de Sanofi dans le vaccin anti-Covid-19

Cette polémique sur les suppressions d'emplois intervient au moment où le laboratoire français fait face à des critiques sur le retard pris dans la mise au point de ses vaccins contre le coronavirus. Sanofi travaille ainsi au développement de deux vaccins anti-Covid, mais il ne sera pas en mesure d'en proposer un avant la fin 2021.
Au début de la crise sanitaire, en mai dernier, le directeur général, Paul Hudson, avait aussi suscité la polémique en affirmant que les Etats-Unis seraient les premiers bénéficiaires d'un futur vaccin du groupe, avant de faire marche arrière...

La semaine dernière, le gouvernement français avait indiqué qu'il serait possible pour Sanofi de produire les vaccins de ses concurrents, Pfizer/BioNTech ou Janssen (Johnson & Johnson). La direction du groupe a confirmé qu'une réflexion à ce sujet était en cours, mais en précisant quelle était à un stade "encore très préliminaire".

Parmi les derniers avis de brokers, le Credit Suisse a abaissé son cours cible de 105 à 96 euros.

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