Semaine difficile pour le CAC40 qui lâche 2,7%

Semaine difficile pour le CAC40 qui lâche 2,7%
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Boursier.com, publié le vendredi 04 octobre 2019 à 17h45

Semaine compliquée pour le marché parisien. Malgré un beau rebond ce jour, le CAC40 abandonne 2,70% sur la semaine, à 5.488 points ce vendredi soir. La matérialisation du conflit commercial dans l'économie réelle inquiète de plus en plus les investisseurs et alimente les prises de bénéfices après une très bonne première partie d'année 2019. Les indicateurs de conjoncture pointant vers un net ralentissement de l'activité, voire une récession (en Allemagne ?), se multiplient aux quatre coins de la planète.

La publication, mardi, d'un indice manufacturier pour le moins décevant aux Etats-Unis a particulièrement ravivé les craintes. D'autant que le lendemain, les Etats-Unis ont annoncé l'application de droits de douane sur 7,5 milliards de dollars d'importations en provenance de l'Union européenne à la suite du feu vert de l'OMC dans le litige qui oppose Airbus à Boeing sur les subventions illégales accordées aux deux constructeurs.

Dans cet environnement, le baril de pétrole lâche encore près de 5% sur la semaine et se retrouve désormais tout proche d'entrer en marché baissier... Côté valeurs, les pétrolières ont logiquement souffert tout comme les secteurs les plus cycliques, automobile et matières premières en tête.

Les valeurs

* CAFOM gagne 5,5%. La société veut se séparer de sa filiale Habitat. Le Conseil d'administration a engagé un processus de cession avec l'objectif de parvenir à une transaction dans les prochains mois. Le Groupe CAFOM est propriétaire de la marque Habitat qui exploite 36 magasins en propre (27 en France métropolitaine, 1 à Monaco, 5 en Espagne et 3 en Suisse) et 39 en franchise à travers le Monde. Le chiffre d'affaires retraité du pôle Habitat s'est inscrit en progression de près de 2% au 1er semestre 2019, à 56,3 ME, pour un EBITDA de -0,7 ME contre -1,3 ME un an plus tôt.

* Remy Cointreau bondit de 3,1% et Pernod Ricard s'adjuge 5,1%. Les investisseurs ont accueilli favorablement les dernières annonces américaines relatives aux nouveaux tarifs douaniers que Washington imposera sur 7,5 milliards de dollars d'importations européennes. L'administration Trump a en effet décidé de taxer une liste importante de produits, parmi lesquels le vin français, les olives en provenance de France, d'Allemagne et d'Espagne, les saucisses de porc produites dans toute l'UE... Mais le champagne, le cognac et autres produits de luxe sont absents de ce listing, contrairement aux informations qui ont circulé dans la presse ces derniers jours.

* Bic s'adjuge 2,8%. Le flux acheteur sur le dossier est à relier à une note de Bryan Garnier qui table sur un rebond des ventes au troisième trimestre ainsi que sur la confirmation des objectifs annuels. La forte baisse du titre depuis le début de l'année facilitent également le rebond, souligne l'analyste, 'neutre' sur le dossier avec une fair value' rehaussée de 85 à 92 euros. Il faudra patienter jusqu'au 23 octobre pour connaître la teneur de l'activité du troisième trimestre du fabricant de briquets et de rasoirs.

* STMicroelectronics grignote 0,2%, soutenu par les dernières informations en provenance d'Apple. Selon le 'Nikkei Asian Review', le groupe californien aurait demandé à ses fournisseurs d'augmenter la production de l'iPhone 11 de huit millions d'unités, soit d'environ 10%. Ce coup d'accélérateur représenterait entre sept et huit millions d'appareils. Les fournisseurs de la firme à la pomme, STM en tête, profitent logiquement de cette rumeur.

A l'inverse, * Biom'up s'effondre de 66,8% ! Le Conseil d'administration de la société a reporté l'arrêté des comptes semestriels compte tenu de la revue en cours des options à la disposition de la société. Au regard de la trésorerie disponible à fin septembre, "la société maintient son estimation d'une insuffisance de trésorerie à compter de début novembre 2019".

*Vallourec chute de 8,9%. La plus mauvaise performance sur le SBF120. Outre le repli généralisé des marchés et le nouveau recul des cours du brut, le titre reste également pénalisé par de nombreuses positions 'short'. Selon les données de 'Bloomberg', Marshall Wace a augmenté de 11,11% ses positions courtes sur le dossier ces derniers jours, à 5,04 millions de titres, soit 1,10% du capital de la société. Au global, au moins 6 vendeurs à découvert sont signalés sur la valeur. Les positions vendeuses sur l'action du fabricant de tubes sans soudure représentent ainsi près de 5,85% de son capital. Luminus Management dispose de la position courte la plus importante (1,7% du tour de table).

* Suez trébuche de 8,8% après la présentation de son plan stratégique, baptisé "Shaping Suez 2030", qui se traduira notamment par un programme d'économies de plus d'un milliard d'euros d'ici à 2023. Le manque de détails du nouveau plan a notamment été pointé du doigt par les analystes.

* ArcelorMittal plonge de 9,8%, alors que le secteur des matériaux de base a nettement rechuté ces dernières séances, après des indicateurs de conjoncture inquiétants des deux côtés de l'Atlantique.

* Kaufman & Broad chute de 8,6% après sa publication trimestrielle. Le groupe immobilier a pourtant confirmé ses objectifs annuels dans le cadre de la présentation de ses résultats sur neuf mois. Les investisseurs se sont néanmoins montrés déçus par le ralentissement confirmé dans les délivrances de permis de construire liées aux prochaines échéances électorales qui ont pesé sur les nouveaux lancements au cours du 3ème trimestre.

* Casino cède 6,2% à alors que les dernières annonces faites par Rallye concernant son projet de plan de sauvegarde continuent d'alimenter la chronique. La maison mère de Casino a rencontré ses créanciers pour discuter d'un plan d'étalement de sa dette sur 10 ans... De son côté, Muddy Waters ne lâche par l'affaire : La firme de Carson Block qui s'est attaquée à Casino et au fonctionnement de la "galaxie Naouri" a publié un documentaire explorant notamment "le droit en France de critiquer une entreprise importante et son actionnaire de contrôle".

* EDF perd 2,6%. En cause, le report du plan 'Hercule' qui vise à séparer l'activité nucléaire, hydraulique et le transport d'électricité des activités d'énergies renouvelable, dont une partie du capital sera mise en bourse. "Aujourd'hui, les conditions ne sont pas réunies sur la régulation : la mise en place de la nouvelle Commission européenne, avec laquelle l'Etat doit mener des discussions, devrait permettre d'éclaircir la situation d'ici quelques mois", peut-on lire dans un courrier envoyé par le PDG Jean-Bernard Levy à ses salariés, repris par 'Europe 1'. EDF devrait ainsi présenter ce projet au printemps 2020 et non au mois de décembre comme le groupe le prévoyait initialement.

* LVMH rend 2,9%, plombé par l'annonce d'une chute de 23% des ventes au détail à Hong Kong. Le mouvement de contestation pro-démocratique dans l'ancienne colonie britannique dure depuis 4 mois et est à l'origine de la fuite des touristes dans la cité asiatique. La violence a encore gagné en intensité ces derniers jours et notamment mardi, puisque les forces de l'ordre ont tiré à balle réelle sur un jeune contestataire, au moment où étaient organisées à Pékin des festivités pour les 70 ans de la fondation de la République populaire de Chine... Hong Kong est historiquement un marché très important pour le secteur du luxe. Selon une étude récente d'UBS, il représente près de 5% des ventes mondiales avec une rentabilité supérieure à la moyenne.

* Saint-Gobain (-1,2%) va céder son activité vitrage bâtiment en Corée du Sud (Hankuk Glass Industries) au fonds Glenwood Private Equity sur la base d'une valeur d'entreprise d'environ 240 millions d'euros. La transaction devrait être effective à la fin de l'année 2019 après obtention de l'autorisation des autorités de la concurrence compétentes. Une transaction qui permet au groupe d'atteindre son objectif de cessions annoncé pour fin 2019...

* Airbus limite son repli à 1%, les investisseurs se montrant plutôt rassurés par les dernières annonces de Washington relatives à l'imposition de nouveaux droits de douane sur les importations européennes. Morgan Stanley estime que ces tarifs douaniers n'auront que peu d'impact sur les résultats du géant européen et souligne qu'il est "peu probable" que les tarifs s'appliquent lorsque le client est un bailleur établi aux États-Unis et que l'exploitant est une compagnie aérienne internationale. Il semble ainsi peu probable qu'Airbus fasse des concessions tarifaires, affirme MS, qui ajoute que l'application de tarifs uniquement sur les avions finis et non sur les pièces détachées est une "bonne nouvelle".

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