SES et Eutelsat, nouveaux mal-aimés de la bourse

SES et Eutelsat, nouveaux mal-aimés de la bourse©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 26 janvier 2018 à 11h29

Ça tangue pour les opérateurs satellitaires à la Bourse de Paris. SES perd -3,4% à 12,48 euros et Eutelsat 3,3% à 18,18 euros en matinée. Le secteur traverse une passe délicate car il a perdu son statut de sanctuaire. Plusieurs menaces pèsent sur leurs activités, en particulier celle de voir des groupes médias diffuser des contenus sans passer par leurs services. En bourse, les valeurs du secteur affichent depuis plusieurs trimestres des performances largement inférieures à la moyenne. Ce matin, les analystes en rajoutent une couche.

SES a chuté de 38% depuis le début 2017, il n'a donc pas échappé au marché que l'activité fait face à d'importants défis, souligne ce matin Barclays. Mais l'analyste pense que le dossier reste soumis à un fort risque à court et moyen terme, ce qu'il illustre par des attentes largement inférieures à celles du consensus pour 2018 et 2019. Pour ne rien arranger, les projections de génération de cash-flow libre de la banque britannique sur les trois prochaines années ne couvrent pas le généreux dividende de la société... De quoi susciter des craintes pour la pérennité du coupon. Et pour couronner le tout, Barclays juge que le titre est cher. Il abaisse donc à souspondérer son avis et de 14,30 à 11 euros son objectif de cours. La pression sur SES est accentuée par les craintes sur la première mission Ariane 5 de l'année, qui a failli tourner au fiasco. Le contact a été perdu plusieurs minutes avec le lanceur, qui a mis sur orbite les deux satellites qu'il hébergeait, dont un appartenant à SES, au mauvais endroit. Il semblerait que les engins puissent rejoindre l'orbite prévue par leurs propres moyens, mais il n'y a pas encore de certitudes à ce stade.

Chez Crédit Suisse, on réduit ce matin de 22 à 17 euros l'objectif sur SES, mais l'on reste à "surperformance". Le bureau d'études est moins pessimiste que Barclays sur le dossier, même s'il a réduit ses prévisions. Il ramène en parallèle de 23 à 18 euros son objectif sur Eutelsat, en restant neutre. Là aussi, les prévisions ont été réduites. Seuls 23% des analystes ont actuellement une opinion positive de SES, avec un objectif moyen de 14,63 euros. Ils sont plus nombreux, 46%, à recommander l'achat sur Eutelsat en visant 22,03 euros en moyenne. Mais trois ans en arrière, les analystes tablaient encore sur 29,24 euros sur SES et sur 28,36 euros sur Eutelsat.

Attention au dividende

La menace sur les résultats du groupe en est mécaniquement une sur leurs dividendes. Or les deux opérateurs satellitaires sont aussi ceux qui servent les meilleurs coupons du SBF120. Ils constituent d'ailleurs une brique importante de la rémunération des actionnaires. A titre illustratif, un investisseur qui aurait acheté 100 actions Eutelsat à l'entrée en bourse du dossier en 2005 aurait dépensé 1200 euros. Au 31 décembre 2017, ce montant s'est transformé en 1929,50 euros, soit une progression de 60,8% et un rendement annuel proche de 4%. C'est mieux qu'un placement de 1.200 euros sur un Livret A en décembre 2005, qui ne serait monté qu'à 1.491 euros, soit un rendement moyen de 1,81%. Mais en intégrant les dividendes, la performance est largement plus élevée : +162,7% en réinvestissant totalement les coupons en actions de la société, soit 8,3% par an en moyenne. En se plaçant dans l'hypothèse d'un PEA et en intégrant la fiscalité, la ligne Eutelsat aurait affiché un gain moyen annuel de 7,37%, dividendes réinvestis. C'est dire l'importance du coupon en général, et dans le cas des opérateurs satellitaires en particulier.

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1 commentaire - SES et Eutelsat, nouveaux mal-aimés de la bourse
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    ajlbn -

    référence à l'article :
    Inondations en France : le ras-le-bol des habitants de villages exposés
    Statut : en attente de publication
    Il y a 7 minutes
    Tous les ans c'est pareil! On découvre qu'après les pluies et la fonte des neiges, il y a des inondations! Etonnant, non? On construit année après année dans des zones humides, sur des terres d'extension des crues, on supprime les haies, les talus, on comble les fossés et les étiers, on abat des bosquets "pompes à eau", on autorise des lotissements densifiés, ce qui réduit les surfaces d'absorption des pluies. Dans certaines régions, des communes imposent des "bassins d'orages" dans chaque lotissement, et veillent au bon drainage des parcelles, (que certains propriétaires dallent généreusement ou cimentent plus que de raison), et à l'état fonctionnel des fossés collecteurs.
    Comme chaque année, en altitude, on encaisse les dividendes de l'or blanc. On mise sur les stations, mais on néglige les conséquences des fontes des neiges et on laisse les lieux de moindre altitude, puis les plaines se débrouiller avec les suites évidentes et répétées. Il serait logique de prélever une taxe sur les bénéfices engrangés pour traiter les problématiques de fontes. Toujours la vision partielle et l'absence de vision globale, d'étude d'impacts indépendante des lobbys, incluant "la fin de vie du produit neige", et les résultats de pluies abondantes, et les évacuations naturelles et aménagements de lissage, souvent jusqu'à la mer. Dégager les torrents, cascades, curer les cours d'eau, prévoir des retenues et bassins, à suffisance le long des versants, s'assurer de la présence de zones d'extensions de crues non obstruées, vérifier les digues, etc... Un vrai métier de la maîtrise de l'eau, pouvant préconiser des petites zones de stockage en zones humides, bien utiles pour les périodes de sécheresse.
    Et à chaque catastrophe, l'eau monte, inonde des villages, des villes, provoque des drames, des morts, et l'homme ne tire pas les vraies conséquences, car des intérêts financiers sont prioritaires pour certains. Aux assurances de régler(partiellement) et à nos primes d'augmenter, à nous tous, solidaires, même si non concernés et non bénéficiaires de retombées positives des sports d'hiver.
    Nous avons payé des fortunes pour des grands bassins de régulations, qui juré, régleront le problème des crues sur Paris, comme celui du Der. Il serait peut-être bon d'examiner si son utilisation comme base nautique n'a pas influé sur son utilité première, vu les nouveaux risques en région parisienne
    08- fois censuré-repassé

    Des Caliméro de la Bourse , et moi je suis le Caliméro de la censure ORANGE!