Siemens prendra-t-il le contrôle d'Alstom ?

Siemens prendra-t-il le contrôle d'Alstom ?©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 22 septembre 2017 à 06h22

Il aura fallu attendre le dernier jour de l'été pour que la rumeur d'une consolidation dans le secteur ferroviaire fasse son retour. Deux sources ont indiqué hier à Bloomberg que les discussions Siemens-Bombardier se poursuivent, mais que l'allemand a ouvert un autre dialogue avec Alstom. Les pourparlers entre Siemens et Bombardier, si les bruits de couloir antérieurs sont exacts, traînent en longueur. En avril dernier, plusieurs informateurs avaient laissé entendre que le duo avait bien avancé sur le contrat de mariage, mais force est de constater que rien de concret n'en est encore sorti. Quant au rapprochement entre l'allemand et le français, c'est un serpent de mer du marché depuis plusieurs années.

Deux plutôt que trois

La nouveauté, c'est que la concurrence s'est durcie dans un secteur où les industriels ont longtemps pu se partager le gâteau. L'émergence d'un gros concurrent chinois, avec la création de CRRC en 2015, a accéléré les réflexions des groupes occidentaux. Il paraît à peu près clair aujourd'hui que deux leaders locaux vaudraient mieux que trois. L'hypothèse qui tenait la corde jusqu'à une période récente passait par un rapprochement Bombardier-Siemens par apport d'activités : une branche dédiée au matériel roulant contrôlée par le canadien et l'autre aux équipements de signalisation, majoritairement détenue par l'allemand. Un scénario qui fonctionnerait aussi avec Alstom, qui possède aussi les deux activités. L'une des sources de Bloomberg évoque un autre montage, qui passerait par l'apport de la division ferroviaire de Siemens à Alstom en échange d'une fraction importante du capital du Français. Une entrée au capital d'Alstom aurait aussi trotté dans la tête... de Bombardier. Le groupe lorgnait à une époque, dit-on, les 28% détenus par Bouygues !

Les choses ne devraient pas en rester là dans le secteur, car le statu quo ne semble plus être une option. Il y a quelques semaines, AlphaValue avait fait part de sa préférence pour le mariage Siemens-Alstom, qui a plus de sens au niveau stratégique. Le bureau d'études notait aussi que la structure capitalistique de Bombardier ne favorisait pas vraiment la création de co-entreprises. Le couperet antitrust n'est pas non plus à négliger, car les trois entreprises opèrent sur les mêmes marchés et sont finalement géographiquement très proches : même Bombardier, le "canadien", puisque le siège mondial de son activité ferroviaire est... à Berlin.

Bientôt le verdict

L'Agence Reuters a mis son grain de sel hier en soirée : non seulement les discussions existent, affirme-t-elle, mais encore sont-elles proches du dénouement. Siemens aurait prévu de trancher sur l'avenir de sa branche ferroviaire "dans les jours à venir", avec l'un ou l'autre de ses concurrents. Si Alstom était retenu, l'Allemand pourrait devenir l'actionnaire majoritaire du Français, compte tenu du poids des deux activités. De quoi doper l'action Alstom à Paris, qui a clôturé sur un gain de près de 4%, non loin de ses meilleurs niveaux de l'année, touchés le 26 juin dernier à 31,965 euros en clôture.

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