Société Générale, Didier Valet contre un accord transactionnel aux Etats-Unis ?

Société Générale, Didier Valet contre un accord transactionnel aux Etats-Unis ?
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Boursier.com, publié le jeudi 15 mars 2018 à 09h08

Alors que la Société Générale recommençait à séduire les investisseurs avec un plan stratégique ambitieux, l'affaire Didier Valet va saper la confiance du marché, du moins jusqu'au dénouement du dossier Libor aux Etats-Unis.

La banque rouge et noire a annoncé hier soir que son numéro deux opérationnel, le directeur général délégué Didier Valet, avait présenté sa démission avec effet immédiat à la suite d'une différence d'appréciation dans la gestion d'un dossier juridique spécifique du groupe, antérieur à son mandat de directeur général délégué. Le conseil d'administration a salué ses efforts tout en précisant que son successeur n'est pas encore connu et que ses fonctions seront reprises dans l'intervalle par le directeur général, Frédéric Oudéa. Mais il n'a pas donné beaucoup plus de détails.

La justification du départ a de quoi alarmer, quand on connaît le passé récent compliqué de l'établissement avec certaines autorités réglementaires. D'insistants bruits de couloir à Paris laissent penser que les tractations qui ont actuellement lieu aux Etats-Unis dans le dossier Libor n'y sont pas étrangères. Des "dossiers juridiques spécifiques", la Société Générale en a quelques-uns en réserve, puisqu'outre l'enquête sur les manipulations du Libor, elle doit se défendre dans le dossier libyen, qui lui a déjà valu un paiement de 963 millions pour éteindre le contentieux avec les autorités britanniques, ainsi que dans une affaire de violation d'embargo.

L'accord se fait attendre

Encore tout récemment, Frédéric Oudéa avait annoncé qu'il espérait rapidement parvenir à un accord pour solder ces litiges, afin de concentrer les efforts de la banque sur son plan stratégique. Il est cependant à peu près sûr que la banque devra payer des montants très conséquents pour s'affranchir de poursuites. Dans le dernier document de référence de l'établissement, fraîchement publié, la Société Générale confirme qu'elle coopère avec les autorités américaines en vue d'un accord éteignant la procédure, qui prévoirait le paiement par Société Générale d'une amende et pourrait en outre lui imposer d'autres sanctions. Un tel accord pourrait aboutir dans les prochaines semaines ou les prochains mois, sans aucune certitude. Ces procédures d'extinction sont longues et complexes à négocier, non seulement à cause des sommes en jeu mais aussi et surtout parce qu'elles régissent les degrés de responsabilité et le niveau des sanctions administratives. On se souvient que BNP Paribas avait dû payer quelque 9 milliards de dollars en 2014 pour solder un important contentieux aux Etats-Unis, en plaidant coupable d'avoir violé l'embargo sur les transactions en dollars avec des pays bannis par les Etats-Unis. La première banque française avait aussi dû se séparer de cadres impliqués et avait été interdite momentanément d'activité sur certaines opérations de compensation.

Le départ de Didier Valet a une lecture négative et une lecture positive, résume Maxence Le Gouvello Du Timat, qui suit le secteur bancaire chez Jefferies. D'un côté, la banque perd un haut dirigeant de qualité, l'un des artisans de sa transformation et un possible successeur de Frédéric Oudéa. De l'autre, ce départ pourrait accélérer le processus de règlement du contentieux aux Etats-Unis, l'un des éléments qui continue à grever le parcours du titre en bourse. Le marché se préparait à un règlement des litiges en cours avec des amendes, mais sans départ dans le management, ce qui apparaît comme une issue plus radicale que ce qui est arrivé aux homologues, et accroît l'incertitude sur les deux autres dossiers pendants, ajoute l'analyste. En bourse, le titre accuse logiquement le coup à l'ouverture : -2,4% à 44 euros. Mais il tient contient ses pertes dans l'espoir que le sacrifice de Valet permettra de dénouer le litige Libor.

Le départ de Didier Valet a une lecture négative et une lecture positive, résume Maxence Le Gouvello Du Timat, qui suit le secteur bancaire chez Jefferies. D'un côté, la banque perd un haut dirigeant de qualité, l'un des artisans de sa transformation et un possible successeur de Frédéric Oudéa. De l'autre, ce départ pourrait accélérer le processus de règlement du contentieux aux Etats-Unis, l'un des éléments qui continue à grever le parcours du titre en bourse. "Le marché se préparait à un règlement des litiges en cours avec des amendes, mais sans départ dans le management, ce qui apparaît comme une issue plus radicale que ce qui est arrivé aux homologues, et accroît l'incertitude sur les deux autres dossiers pendants", ajoute l'analyste. En bourse, le titre accuse logiquement le coup à l'ouverture : -2,4% à 44 euros. Mais il tient contient ses pertes dans l'espoir que le sacrifice de Valet permettra de dénouer le litige Libor.

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