Solutions 30 : comptes annuels 2019 et T1 2020

Solutions 30 : comptes annuels 2019 et T1 2020©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 29 avril 2020 à 07h02

Pour l'ensemble de l'exercice 2019, Solutions 30 a enregistré un chiffre d'affaires de 682,2 ME, en croissance de 51% par rapport à l'exercice 2018 (28,9% en organique).
Le passage aux normes IFRS a eu un impact très limité sur le chiffre d'affaires 2019 publié le 28 janvier dernier en normes luxembourgeoises et entraine un retraitement comptable de
-3,7 ME.

Pour l'exercice 2018, le chiffre d'affaires s'était établi à 451,8 ME en normes IFRS, contre 441,8 ME en normes luxembourgeoises. Ceci est principalement dû aux méthodes d'intégration des sociétés non détenues à 100% :
La société Janssens Group était détenue à 50% entre le 1er janvier et le 1er juin 2018 et consolidée par intégration proportionnelle sur cette période. En normes IFRS, la société est consolidée par mise en équivalence sur cette période, ce qui a un impact négatif de 7,2 ME sur le chiffre d'affaires 2018. Depuis le 1er juin 2018, Janssens Group est consolidée dans les comptes du Groupe par intégration globale ;
La société CPCP était détenue à 48% entre le 1er janvier et le 1er août 2018, et de ce fait consolidée par mise en équivalence. Solutions 30 disposait d'une option qui lui permettait de monter au capital de CPCP, droit que Solutions 30 se réservait d'exercer selon les résultats des opérations de restructuration à mener sur cette société déficitaire. Contrairement aux normes luxembourgeoises, les normes IFRS considèrent que cette option d'achat rend nécessaire la consolidation de CPCP par intégration globale, avant même sa prise de contrôle opérationnelle, à la date de transition IFRS, soit le 1er janvier 2018. Ce traitement comptable a un impact de +15,8 ME sur le chiffre d'affaires 2018 du Groupe. CPCP était consolidé par intégration globale depuis le 1er août 2018.
Ainsi, en France, en 2019 le chiffre d'affaires s'élève à 434,4 ME, contre 296,4 ME, soit une progression de 46,5% (24,3% en organique). Cette performance s'appuie sur la solide dynamique enregistrée dans les domaines des télécoms (déploiement de la fibre optique) et de l'énergie (installation des compteurs électriques intelligents).

Au Benelux, la croissance de l'exercice est portée par la montée en puissance du contrat d'outsourcing signé avec Telenet en Belgique. Le chiffre d'affaires augmente de 111,2% (+77,3% à périmètre constant) pour s'établir à 125,9 ME en 2019, contre 59,6 ME en 2018.

Dans les autres pays, le Groupe réalise un chiffre d'affaires de 121,9 ME en 2019, en progression de 27,2% (+13,3% en organique). Les principaux facteurs de croissance sont la dynamique soutenue des activités télécoms en Espagne, la bonne performance de l'Allemagne qui renoue avec une croissance à deux chiffres au dernier trimestre et le lancement des activités du Groupe en Pologne.

Croissance de 63% de l'EBITDA ajusté

Solutions 30 enregistre une forte progression de sa rentabilité qui s'appuie sur l'effet favorable de la hausse des volumes à l'échelle du Groupe, sur le redressement de CPCP déficitaire en 2018, et sur une hausse limitée des coûts de structure qui s'élèvent à 10,3% du chiffre d'affaires, contre 10,8% un an plus tôt. Les coûts opérationnels, à 520,9 ME, représentent 76,4% du chiffre d'affaires, contre 76,9% un an plus tôt.

Reflétant l'efficacité du modèle économique du Groupe, l'EBITDA ajusté s'établit à 91,1 ME, soit 13,4% du chiffre d'affaires, en progression de 1,1 point. Hors IFRS 16, l'EBITDA ajusté s'établit à 67,8 ME, soit 9,9% du chiffre d'affaires, en progression de 1,3 point.
Après comptabilisation des dotations aux dépréciations et provisions opérationnelles pour un montant de 14,8 ME, et après amortissement du droit d'utilisation des actifs loués (IFRS16) pour un montant de 22,7 ME, l'EBIT ajusté s'établit à 53,6 ME, en hausse de 66% par rapport à l'année dernière.

Les dotations aux amortissements des relations clientèles s'élèvent à 10,8 ME en 2019, contre 6 ME un an plus tôt. Les produits non récurrents, à 5,6 ME, proviennent essentiellement d'un badwill lié à l'acquisition de 51% de Byon. En 2018, le Groupe avait constaté un produit non récurrent de 13,3 ME, qui intégrait notamment un profit lié à la réévaluation des titres de Janssens Group lors du passage majoritaire de Solutions 30 au capital de la société le 1er juin 2018.

Le résultat financier, constitué essentiellement des frais financiers, représente une charge de 2,9 ME, contre 1,9 ME pour l'exercice 2018, intégrant des charges financières liées à l'application de la norme IFRS 16 à hauteur de 0,6 ME en 2019 et 0,3 ME en 2018. Le montant des impôts s'élève à 6,6 ME, contre 5,8 ME un an plus tôt.
Compte tenu de ces éléments, le résultat net part du Groupe atteint 38,7 ME, contre 32,7 ME en 2018.

Une structure financière solide

Au 31 décembre 2019, les capitaux propres du Groupe s'élèvent à 139,8 ME contre 99,3 ME au 31 décembre 2018. La trésorerie brute du Groupe atteint 84,2 ME, en progression de 14,3 ME par rapport à fin décembre 2018. La dette bancaire brute augmente de 4,9 ME par rapport au 31 décembre 2018, à 87,2 ME. Le Groupe affiche donc une dette bancaire nette de 3 ME à fin décembre 2019, contre une dette bancaire nette de 12,4 ME à fin décembre 2018.

La dette nette totale, incluant 61,6 ME de dette locative et 27,1 ME de dette financière potentielle liée aux compléments de prix et options d'achats futures, s'établit à 91,8 ME. Malgré l'impact de la norme IFRS 16, le Groupe conserve une structure financière solide, avec un ratio EBITDA/dette nette de 1 et un ratio d'endettement net sur fonds propres de 66%.

L'encours des créances cédées dans le cadre du programme d'affacturage déconsolidant du Groupe s'élève à 64 ME au 31 décembre 2019 contre 51 ME à fin 2018.

Au 1er trimestre 2020, le chiffre d'affaires du Groupe s'établit à 188,5 ME, en hausse de 17,5% (10,5% en organique) par rapport à la même période de 2019.

Après un bon début d'année dans la continuité d'un solide dernier trimestre 2019, la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, qui a entraîné des mesures de confinement, de restriction des déplacements et de fermetures d'un certain nombre d'établissement, a perturbé l'activité du Groupe.

Opérant sur des secteurs d'activité dits "essentiels", le Groupe a poursuivi ses activités partout où il est présent, y compris dans les zones où le confinement est le plus strict. Pour le 1er trimestre, le Groupe maintient ainsi des niveaux de croissance à deux chiffres, avec de fortes disparités entre les territoires et les marchés. Au global l'impact de la crise sanitaire sur le chiffre d'affaires du Groupe au 1er trimestre est estimé à environ 7%.

En France, le chiffre d'affaires atteint 116,4 ME, en croissance de 14,8% (13,3% en organique) par rapport au 1er trimestre 2018. L'activité Télécoms (69% du chiffre d'affaires en France) ressort en hausse de 35% tandis que l'activité Energie (17% du chiffre d'affaires) est en repli de 22% en raison de la suspension des installations de compteurs intelligents depuis le 17 mars. L'activité IT, qui représente 9% du chiffre d'affaires en France, est, quant à elle, en retrait de 16%, impactée par la fermeture temporaire de plusieurs sites clients. Les autres activités du Groupe (5% du chiffre d'affaires France) sont en croissance de 54%.

Au Benelux, le Groupe réalise un chiffre d'affaires de 34,8 ME, en hausse de 13% (1,6% en organique) par rapport à 2018. Sur ce territoire, la baisse de 10% des activités IT (7% du chiffre d'affaires) pèse sur la performance du trimestre. L'activité télécoms (77% du chiffre d'affaires) est en hausse de 7% et l'activité Energie (7% du chiffre d'affaires) augmente de 176% grâce à la montée en charge des déploiements de bornes de recharge pour véhicules électriques et à l'intégration de la société néerlandaise i-Project.

Dans les autres pays, l'activité est dynamique en Allemagne avec un chiffre d'affaires qui croit de 12% pour atteindre 15,5 ME. En Espagne, le chiffre d'affaires atteint 9,5 ME, en croissance de 44% mais stable à périmètre constant du fait des impacts du confinement sur les projets en cours. En Italie, l'activité est en très légère progression à périmètre constant mais la cession des filiales dédiées à DXC impacte le chiffre d'affaires de 2,4 ME, qui s'inscrit ainsi en repli de 16%. En Pologne, le pays n'est que peu impacté par la crise sanitaire et l'activité se poursuit normalement. Sur le trimestre, la Pologne enregistre un chiffre d'affaires de 5,7 ME.

Dans ce contexte, et comme expliqué dans le communiqué de presse du 30 mars dernier, le Groupe a pris toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé de ses salariés et limiter les impacts de cette crise sur sa situation financière afin de préserver sa capacité à accélérer le moment venu. En complément de ces mesures, le Conseil de Surveillance du 27 avril dernier a approuvé la proposition du Directoire, qui, par soucis de solidarité avec les équipes, a souhaité baisser les rémunérations fixes de ses membres de 25% pour le temps que dureront les mesures exceptionnelles mises en oeuvre en 2020 par le Groupe, en particulier les mesures d'activité partielle.

Perspectives

Aujourd'hui, le Groupe prépare, avec ses clients, la sortie de crise et confirme anticiper un effet rattrapage. A ce stade et sans nouvelle dégradation de la situation, le Groupe est confiant dans sa capacité à réaliser un exercice 2020 alliant croissance et rentabilité.
A plus long terme, le Groupe bénéficie de solides leviers de croissance sur des marchés portés par des tendances structurelles, en tête desquelles la digitalisation de l'économie et la transition énergétique. Leader incontesté d'un marché très fragmenté, Solutions 30 dispose d'une structure financière très saine et d'un modèle économique éprouvé, de solides atouts pour poursuivre une stratégie de croissance offensive et rentable sur le long terme.

Au plan boursier, le Groupe se prépare au passage sur le marché règlementé d'Euronext, attendu pour le 1er semestre.

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