Solutions 30 plonge encore, la direction se défend

Solutions 30 plonge encore, la direction se défend©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 10 décembre 2020 à 12h11

Le démenti de la direction de Solutions 30 ne semble pas suffire. Après un léger rebond en début de séance, le titre du leader européen des solutions pour les Nouvelles Technologies plonge à nouveau de 15% à 13,9 euros à la mi-journée. La valeur souffre depuis hier après-midi et la publication d'un rapport anonyme qui accuse la société d'avoir des liens avec la mafia italienne, d'être liée à des personnes à la réputation sulfureuse, ou encore de manquer de clarté dans la composition de son périmètre...

Solutions 30 a eu beau répondre point par point aux différents éléments contenus dans ce rapport à charge et nier catégoriquement les faits qui lui sont reprochés, le titre broie encore du noir. " Le rapport porte de graves accusations qui peuvent créer des soupçons infondés autour du groupe, de sa gestion et de la valeur des actions Solutions 30.... Le groupe veut souligner l'intégrité de son équipe de direction et assure à ses actionnaires qu'il est confiant dans l'exactitude de ses états financiers", explique la firme dans un communiqué dévoilé hier soir.

Oddo BHF juge les réponses apportées par Solutions 30 comme probantes. "Les accusations mises en avant par le rapport paraissent infondées et nous remettons en question le sérieux de l'analyse menée par l'auteur du rapport au vu des erreurs qu'il commet", affirme le broker. La recommandation 'achat' de l'analyste s'appuie sur des perspectives de croissance solides tirées par la superposition de cycles de déploiement de la fibre, des compteurs électriques connectés, de bornes de recharges électriques et d'antennes mobiles 5G, une expansion à l'internationale où S30 rencontre une faible concurrence et la consolidation d'un marché de la sous-traitance encore très morcelé.

Dans un entretien accordé à 'Bloomberg', Gianbeppi Fortis indique avoir pris contact avec l'AMF et les autorités luxembourgeoises, ainsi qu'avec les auditeurs et les conseillers juridiques de la société. Le dirigeant souligne que ce rapport "est sorti de nulle part. Les allégations sont très lourdes et elles ne sont pas factuelles... Au cours des derniers mois, nous avons fait de nombreux efforts pour rassurer les investisseurs sur le fait que nous respectons la réglementation pour une entreprise de notre taille. Nous avons amélioré notre comptabilité, changé d'auditeurs et commencé à rendre compte en IFRS, afin d'améliorer notre transparence et de renforcer notre gouvernance d'entreprise. Nous pensions que tout cela était derrière nous".

Alors que le nouveau dérochage s'accompagne encore d'énormes volumes d'échanges, plusieurs analystes soulignent que ces allégations font suite à une récente augmentation de positions courtes sur le titre. Selon les données d'IHS Markit, ces positions vendeuses représentaient 13% des actions en circulation lundi, contre 6% à la mi-octobre.

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