Suez : flambe, Veolia et Engie grimpent aussi après les annonces

Suez : flambe, Veolia et Engie grimpent aussi après les annonces©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 31 août 2020 à 09h23

Suez flambe logiquement en début de séance à Paris avec un titre qui prend 19% à 14,6 euros, autour du niveau de 15,5 euros par action offert par Veolia pour reprendre la participation de 29,9% d'Engie dans le groupe de services à l'environnement. L'offre en numéraire, valable jusqu'au 30 septembre, matérialise une prime de 26,6% par rapport au cours de clôture de Suez de vendredi dernier. Veolia progresse de son côté de 2,1% à 19,5 euros alors qu'Engie prend 5,3% à 11,7 euros.

OPA en vue

Si l'offre est acceptée par Engie, Veolia a l'intention, à la suite de l'acquisition des 29,9% des actions de Suez, de déposer une offre publique d'acquisition volontaire du solde des actions de Suez. Le dépôt de cette offre publique sera réalisé dès l'obtention des autorisations réglementaires nécessaires, notamment en matière de concurrence, dans les 12 à 18 mois. La fixation du prix tiendra compte du prix payé à Engie pour son bloc de 29,9%, qui est une référence importante, et, le cas échéant, d'événements ultérieurs significatifs ayant affecté Suez.

Veolia estime que cette opération serait créatrice de valeur dès la première année pour ses actionnaires grâce notamment à des synergies opérationnelles et d'achats estimées à 500 millions d'euros, dont il a été tenu compte dans le prix proposé à Engie.

Une transaction "sans effet négatif sur l'emploi en France"

"Le schéma de financement (...) permettra à Veolia de maîtriser sa dette et de conserver le profil 'investment grade'", a assuré Antoine Frérot, PDG du numéro un mondial du traitement de l'eau et des déchets, en insistant aussi sur le fait que cette opération serait "sans effet négatif sur l'emploi en France".

"L'Etat sera vigilant", selon Bruno Le Maire

"L'Etat sera vigilant aux engagements que prendra Veolia en termes de maintien de l'emploi en France, et de conservation des actifs stratégiques pour la France", a de son côté déclaré le ministre de l'Economie et des Finances. "L'Etat, en qualité d'actionnaire de référence d'Engie, étudiera cette offre avec la gouvernance de l'entreprise et arrêtera sa position en fonction des intérêts patrimoniaux d'Engie, de la qualité du projet industriel, du maintien d'une pluralité d'acteurs sur les services aux collectivités locales et de la prise en compte des intérêts de toutes les parties prenantes", a souligné Bruno Le Maire, en précisant que l'Etat se prononcerait sur cette opération "dans les instances de gouvernance d'Engie".

Les analystes saluent cette annonce

Bryan Garnier considère cette offre comme une bonne opportunité pour Engie. Être un grand actionnaire minoritaire n'a jamais été une position facile. Elle donne trop d'influence d'un côté, mais pas assez non plus de l'autre. Elle n'est bénéfique ni pour Engie, qui n'a finalement qu'un effet de levier limité, ni pour Suez, dont la stratégie ne peut être déterminée de manière totalement indépendante et sereine. Cette situation obligeant les deux entités à faire constamment des compromis ne peut pas durer et les synergies potentielles sont trop limitées pour justifier une fusion de Suez et d'Engie. La cession de la participation est la meilleure solution, ajoute le courtier, qui comprend la logique qui sous-tend la création d'un champion mondial aux synergies multiples, mais il reste beaucoup de travail à faire (antitrust, financement, intégration, etc.). Le mode de financement de l'acquisition n'est pas encore clair, mais l'analyste prévoit une augmentation de capital de Veolia dont les modalités restent à définir.

Pour JP Morgan, Engie est susceptible d'accepter l'offre de Veolia car elle lui permet de "cristalliser la valeur et de procéder rapidement à sa dernière rotation d'actifs". La logique stratégique d'une fusion entre Veolia et Suez est forte et conduirait à la création d'un leader mondial des services environnementaux, souligne JPM, qui note également que Veolia pourrait compléter son rachat par une augmentation de capital limitée basée sur la vente de Suez Eau France à Meridiam sur la base d'un prix de l'activité de 10x VE/Ebitda.

Enfin, Jefferies trouve que l'accord devrait permettre à Veolia de renforcer ses positions sur de nouveaux marchés tout en permettant des synergies dans des domaines qui se chevauchent. Le prix de l'offre est jugé attractif dans le contexte économique actuel.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.