Taux : forte détente, après la Fed et des "stats" décevantes en Europe

Taux : forte détente, après la Fed et des "stats" décevantes en Europe©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 22 mars 2018 à 20h21

Les taux d'intérêts, qui s'étaient nettement tendus en début d'année, sur fond d'anticipation de resserrement monétaire des banques centrales cette année, ont opéré un brusque revirement jeudi, après un ton finalement moins "faucon" que redouté de la part de la Fed, mercredi soir. En Europe, des signes de ralentissement de l'économie publiés ces derniers jours ont retiré une partie de la pression sur la BCE pour mettre fin à ses mesures de soutien exceptionnelles.

Jeudi soir, le rendement des emprunts d'Etat américains (T-Bonds) à 10 ans reculait de 6 points de base par rapport à la veille, revenant à 2,83%. S'il reste supérieur à son niveau de la fin 2017 (2,40% environ), ce taux est loin de son plus haut de l'année à plus de 2,95% atteint en février.

En Europe, le rendement de l'emprunt allemand (Bund) à 10 ans, référence de la zone euro, a chuté jeudi de 6 points de base, redescendant à 0,52%, après avoir grimpé à un pic de 0,80% en février dernier.

Le nouveau patron de la Fed optimiste, mais moins "faucon" que redouté

Les investisseurs, qui s'attendaient en début d'année à des discours plus haussiers de la part des banquiers centraux, dans un contexte de croissance économique solide, ont finalement été pris à contre-pied par des propos moins agressifs qu'attendu, des deux côtés de l'Atlantique.

Mercredi, la Réserve fédérale américaine a certes relevé une nouvelle fois ses taux, mais Jerome Powell, son nouveau président, a adopté un ton assez équilibré lors de sa conférence de presse. Il a exprimé un optimiste certain pour la croissance économique aux Etats-Unis, mais il ne s'est pas inquiété pour autant d'un dérapage haussier de l'inflation. La Fed n'a ainsi pas prévu de réaliser plus de trois hausses de taux cette année, comme le craignaient les marchés. La banque centrale envisage bien une accélération de son resserrement monétaire, mais elle l'a repoussée à 2019, où trois tours de vis sont désormais prévus, contre deux jusqu'à présent.

En Europe, lors de la dernière réunion de la BCE, le 8 mars, Mario Draghi s'était montré prudent. Le président de la banque centrale européenne n'avait pas annoncé de calendrier précis pour la fin du programme de rachat d'actifs, soulignant notamment la faiblesse persistante de l'inflation dans la zone euro. "Un degré important de stimulation monétaire reste nécessaire pour que les pressions inflationnistes sous-jacentes continuent à se renforcer. Les mesures d'inflation sous-jacente restent en effet atones dans l'ensemble", avait notamment souligné le patron de l'institution.

L'activité économique a nettement ralenti en mars dans la zone euro

Ces derniers jours, plusieurs statistiques européennes semblent justifier la prudence de M. Draghi, en signalant un ralentissement de la croissance de la zone euro au 1er trimestre... Jeudi, l'indice PMI Flash Composite de l'activité globale dans l'Eurozone est ainsi ressorti à 55,3 en mars, contre 57,1 en février, au plus bas depuis janvier, et inférieur au niveau de 56,7 attendu par le consensus.

Dans le détail, l'indice PMI Flash de l'activité dans les services se replie de 56,2 à 55, sur un plus bas de cinq mois, et l'Indice PMI Flash de l'industrie manufacturière tombe à 56,6 (58,6 en février), sur un plancher de 8 mois.

Plus tôt dans la semaine, l'indice allemand ZEW avait révélé une chute inattendue du moral des investisseurs institutionnels de la première économie de la zone euro. Compilé à partir d'enquêtes menées auprès de 350 experts, l'indice ZEW est ressorti en mars à 5,1 points, après 17,8 en février, et contre 13,1 de consensus... Une baisse qui reflète un net recul de l'optimisme de ces investisseurs dans l'économie allemande dans les 6 prochains mois.

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