Taux : l'heure de la détente a sonné, avant la BCE

Taux : l'heure de la détente a sonné, avant la BCE©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 09 mars 2021 à 23h12

Les marchés de taux se sont calmés mardi, ce qui a apporté un grand soulagement aux marchés boursiers, inquiets de la rapidité de la remontée des taux souverains depuis le début de l'année, qui traduisent une crainte de dérapage inflationniste à la faveur de la reprise économique post-coronavirus.

Les marchés de taux se sont calmés mardi, ce qui a apporté un grand soulagement aux marchés boursiers, inquiets de la rapidité de la remontée des taux souverains depuis le début de l'année, qui traduisent une crainte de dérapage inflationniste à la faveur de la reprise économique post-coronavirus.

Mardi, le rendement du T-Bond américain à 10 ans est ainsi retombé de 6 points de base à 1,54%, après un pic à 1,6% lundi, au plus haut depuis janvier 2020 et alors qu'il ne pointait qu'à 0,9% fin 2020... Le rendement du T-Bond à 30 ans a cédé 6 points de base à 2,24%.

Cette détente est intervenue après le succès d'une émission de 58 milliards de dollars de "Treasury bonds" à 3 ans, qui a rencontré une forte demande, faisant remonter les cours et reculer les taux. Deux autres tests importants sont attendus cette semaine pour juger de l'appétit des investisseurs pour la dette américaine. L'Etat américain émettra mercredi pour 38 Mds$ de T-Bonds à 10 ans, puis jeudi cherchera à placer 24 Mds$ de bons à 30 ans.

Les annonce de la BCE très attendues jeudi

En Europe, le taux du Bund allemand à 10 ans a fini mardi à -0,30% (-2 pts de base), contre -0,57% fin 2020. Le taux de l'OAT à 10 ans a reculé de 3 pdb à -0,06% et le 10 ans italien a baissé de 6 pdb à 0,69%.

Les marchés seront très attentifs, jeudi, aux annonces de la Banque centrale européenne, et espèrent des actions concrètes de la BCE face aux tensions obligataires et aux risque inflationnistes. A l'occasion de cette réunion, la BCE devrait réaffirmer son soutien massif, voire accroître temporairement ses achats d'actifs hebdomadaires pour calmer les marchés de taux.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) est reparti en baisse mardi, cédant 0,37% à 91,97 pts, tandis que l'euro a repris 0,49% à 1,1901$.

Craintes inflationnistes liées au plan Biden

Outre-Atlantique, beaucoup d'économistes craignent que le plan Biden de 1.900 milliards de dollars ne soit surdimensionné et n'entraîne une inflation élevée plus tard cette année. Le Sénat américain a approuvé samedi le plan, qui sera soumis mercredi à la Chambre des représentants, où les démocrates sont majoritaires et devraient l'approuver définitivement. Sauf coup de théâtre, la loi devrait être promulguée par Joe Biden avant la fin de la semaine, avant le 14 mars, date-butoir à laquelle les indemnités de chômage prévues par les plans précédents prendront fin.

Le plan prévoit notamment le versement d'une aide directe de 1.400$ pour une majorité d'Américains, des allocations chômage, des avantages fiscaux liés aux enfants, ainsi que 350 milliards de dollars d'aide aux Etats et aux collectivités locales. Il comprend aussi des milliards de dollars pour lutter contre la pandémie, dont 49 Mds$ pour le dépistage et la recherche et 14 Mds$ pour la distribution du vaccin.

Janet Yellen et Jerome Powell pas inquiets de l'inflation

La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen (ex-présidente de la Fed), a estimé que le plan Biden allait "alimenter une très forte reprise" aux Etats-Unis, mais elle a ajouté qu'elle ne s'attendait pas à ce que la hausse de la consommation entraîne une surchauffe de l'économie, ni une inflation durable. "Et si cela débouche sur de l'inflation, il existe des outils pour régler ça", a-t-elle ajouté sur la chaîne 'MSNBC'.

De son côté, la Réserve fédérale dit surveiller la situation, sans pour autant se montrer inquiète à ce stade. Le président de la Fed, Jerome Powell, a répété plusieurs fois ces dernières semaines qu'il s'attendait à une hausse de l'inflation cette année, compte-tenu de "l'effet reprise", mais il considère qu'il s'agira d'un phénomène passager. La banque centrale est prête à tolérer temporairement une hausse des prix supérieure à son objectif de 2% sur un an sans pour autant songer à relever ses taux directeurs avant une longue période. La Fed réunira son comité de politique monétaire les 16 et 17 mars prochains.

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