Taux : la BCE se réunit sur fond de menaces commerciales US

Taux : la BCE se réunit sur fond de menaces commerciales US©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 07 mars 2018 à 19h47

Dans un contexte international tendu par le virage protectionniste pris par Donald Trump, la BCE devrait se montrer prudente lors de sa réunion prévue ce jeudi. Selon les analystes financiers, la banque centrale européenne devrait maintenir le statu quo sur ses taux directeurs, et ne devrait pas non plus annoncer de calendrier précis pour mettre fin à son programme de rachat d'actifs ("QE"). Ce dernier est actuellement prévu pour durer jusqu'en septembre 2018, mais la porte reste ouverte pour le prolonger au-delà si nécessaire.

Ces derniers mois, des voix se sont élevées au sein de la BCE pour qu'elle fixe une date précise pour mettre fin à ce programme, sans doute fin septembre, ce qui poserait le premier jalon vers une remontée progressive des taux d'intérêts directeurs. Cependant, Mario Draghi, la président de l'institution, a jusqu'ici maintenu toutes les options ouvertes, en arguant que l'inflation reste encore très modeste dans la zone euro.

L'ère du post-"QE" attendra encore quelques mois

Il devrait donc persister jeudi dans cette voie, au risque d'accentuer les divisions au sein du conseil de la BCE entre les "colombes" et les "faucons", ces derniers souhaitant accélérer la normalisation de la politique monétaire européenne. Les observateurs estiment que "Super Mario" attendra la réunion de juin, lorsqu'il disposera de davantage de données macro-économiques, pour aborder la question de l'ère du post-"QE".

La conférence de presse de Mario Draghi sera particulièrement suivie, alors que l'Union européenne réfléchit à des représailles commerciales à mettre en oeuvre si Donald Trump confirme que les Etats-Unis vont appliquer des taxes sur les importations d'acier (25%) et d'aluminium (10%).

Le protectionnisme américain fait planer des incertitudes économiques

Il est probable que le patron de la BCE mette une nouvelle fois en garde contre le protectionnisme et ses risques pour la croissance mondiale, ce qu'il avait déjà fait en août dernier lors du séminaire de la Réserve fédérale américaine de Jackson Hole.

Le 25 janvier dernier, lors de la précédente réunion de la BCE, Mario Draghi avait aussi émis un avertissement voilé aux Etats-Unis, soupçonnés de se livrer à une dévaluation compétitive du dollar. Le secrétaire américain au Trésor avait estimé, à l'occasion du forum économique de Davos que le dollar faible était "une bonne nouvelle" pour l'économie américaine, entraînant brièvement l'euro au-dessus du seuil de 1,25$.

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