Technos : Nokia et Ericsson profitent de l''affaire' Huawei, STM en pâtit

Technos : Nokia et Ericsson profitent de l''affaire' Huawei, STM en pâtit
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Boursier.com, publié le jeudi 06 décembre 2018 à 11h23

La goutte de trop ? L'arrestation au Canada de Meng Wanzhou, la directrice financière de Huawei, risque (déjà) de mettre à mal la trêve commerciale conclue ce week-end entre Pékin et Washington. Plus globalement, cette annonce remet au centre du jeu la bataille technologique entre Pékin et Washington. En bourse, elle a déjà des répercussions sur l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement des fabricants de produits technologiques. STMicro (-4,6%) et AMS (-7%) peuvent en témoigner alors que le géant chinois des télécoms représente 2,3% des revenus du groupe franco-italien et 3,7% des ventes du fabricant autrichien de semi-conducteurs. En Asie, Samsung Electronics a perdu 2,3% et Chinasoft International a plongé de 13%.

Violation de l'embargo américain contre l'Iran ?

La dirigeante serait accusée d'avoir violé des sanctions américaines contre l'Iran. Des sources avaient déclaré en avril à Reuters que le bureau du procureur de Brooklyn, à New York, enquêtait sur Huawei depuis au moins 2016, soupçonnant le groupe chinois de livrer des produits d'origine américaine en Iran et dans d'autres pays en violation des règles et sanctions instaurées par Washington.

Les Etats-Unis veulent écarter Huawei et ZTE de la course à la 5G

Dans ce contexte, Nokia (stable) et Ericsson (+1,5%) se distinguent alors que cette arrestation pourrait encore davantage compliquer le développement de Huawei hors de Chine. Sous la pression de la Maison Blanche, l'Australie, le Royaume-Uni, le Japon et la Nouvelle-Zélande ont déjà exclu la firme asiatique pour la construction de leur réseau 5G. Neil Campling, chez Mirabau, affirme ainsi que les difficultés récentes de Huawei sont "sans aucun doute positives" pour Nokia et Ericsson, étant donné qu'en dehors d'eux et de Huawei, le seul autre acteur mondial est ZTE. Un autre équipementier chinois qui a dû se plier aux exigences de Washington et verser une amende d'un milliard de dollars pour pouvoir poursuivre son activité après une affaire étrangement similaire à celle touchant aujourd'hui son compatriote...

Plus que les tensions commerciales, la guerre technologique entre les deux premières puissances mondiales est au coeur des dissensions entre Pékin et Washington. Et les infrastructures de communications en sont un des centres névralgiques.

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