Timide hausse hebdomadaire pour le CAC40, la Maison Blanche inquiète

Timide hausse hebdomadaire pour le CAC40, la Maison Blanche inquiète©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 16 mars 2018 à 17h45

Le marché parisien signe une deuxième semaine de hausse consécutive, bien que légère, dans un contexte qui semble moins porteur pour les actifs risqués, actions en tête. Sur cinq séances, le CAC40 avance de 0,16% à 5.283 points ce vendredi soir. L'incertitude entourant le calendrier de resserrement des politiques monétaires des deux grandes centrales continue à perturber les opérateurs, mais ce sont surtout les interrogations sur la politique commerciale de l'administration américaine et les remous apparents dans l'entourage de Donald Trump qui posent désormais problèmes aux marchés. Les investisseurs craignent une guerre commerciale ouverte entre grandes puissances alors que la Maison Blanche semble se diriger vers un protectionnisme de plus en plus assumé.

Sur le front des valeurs, la saison des trimestriels touche à sa fin de part et d'autre de l'Atlantique. On notera néanmoins les lourdes chutes d'Iliad et Virbac après des comptes 2017 décevants. La baisse de ces deux actions n'a toutefois rien à voir avec le nouveau plongeon qui a touché les crypto-monnaies ces derniers jours. Le Bitcoin a par exemple abandonné près du cinquième de sa valeur sur la semaine !

Sur le marché des changes, l'euro vaut désormais 1,2329$, en léger retrait sur cinq séances. Du côté du pétrole, le baril WTI s'affiche à environ 62,1$ et le Brent ressort à 65,8$. L'once d'or s'échange autour des 1.310 dollars (-1%).

LES VALEURS

*AB Science s'envole de 10,8% après une présentation corporate et des perspectives 2018 bien perçues par les opérateurs.

* Mauna Kea flambe de près de 10%. La société a indiqué que sa plateforme d'endomicroscopie Cellvizio a reçu le sésame des autorités coréennes (du Sud) en tant que nouvelle technologie de la santé. Elle est à ce titre éligible au remboursement avec des codes spécifiques. Mauna Kea va réaliser des dépenses marketing pour accélérer le déploiement de sa solution dans le pays.

* Rubis gagne 6%, soutenu par une solide publication 2017. Le groupe spécialisé dans le stockage et la distribution de produits pétroliers a vu son résultat net progresser de 28% l'an passé, à 266 ME, pour un chiffre d'affaires en hausse de 31% à 3,93 MdsE. Le Groupe, qui se dit confiant dans sa capacité à continuer de générer de la croissance organique et à poursuivre sa politique d'acquisitions, va augmenter son dividende de 12% à 1,5 euro.

* Vallourec monte de 3,6% après que Kepler Cheuvreux eut réitéré sa recommandation à l'achat et son objectif de cours de 8 euros sur le dossier et qu'UBS eut relevé son opinion de neutre à achat avec un objectif de 7 euros contre 5 euros précédemment.

* Engie prend 2,8%, après les grosses annonces dans le secteur énergétique en Allemagne. RWE et E.ON se sont entendus le week-end dernier sur des échanges d'actifs complexes impliquant notamment Innogy.

A l'inverse, * Virbac chute de 16,6%. Le titre du spécialiste des médicaments vétérinaires a été plombé par une publication annuelle et une guidance décevantes. Le groupe a indiqué avoir enregistré une baisse de 3% de son résultat opérationnel courant en 2017, à 64,4 ME, les difficultés aux Etats-Unis et la hausse des investissements en R&D ayant contrebalancé des bonnes performances dans plusieurs pays, comme le Brésil et la Chine.

* Iliad plonge de 13,4% malgré des résultats ajustés en hausse et la confirmation de ses ambitions de moyen terme. La perte de vitesse dans le fixe en France a été lourdement sanctionnée par les opérateurs. Si le groupe a franchi la barre des 20 millions d'abonnés dans l'Hexagone, les recrutements moindres qu'attendu dans le fixe et la baisse de la rentabilité dans la division ont pris le dessus.

* Bourbon décroche de 13,3%, avec un titre qui évolue au plus bas historique, sous les 6 euros. La situation financière du groupe parapétrolier inquiète fortement le marché alors que plusieurs covenants bancaires n'ont pas été respectés au 31 décembre 2017.

* Elior rend 8,7% alors qu'il faudra attendre le 26 juin pour connaitre la teneur des nouveaux objectifs de la société.

* Casino cède 4%, proche des 40 euros, au plus bas depuis la crise déclenchée par Muddy Waters au début de l'année 2016. Les résultats 2017 publiés par Casino ont remis en lumière un problème récurrent chez le distributeur, le niveau élevé de sa dette, alors que l'arrivée de de Leclerc sur le marché parisien, avec une offre innovante, a accentué la pression. Michel-Edouard Leclerc a promis des prix inférieurs de 15 à 20% aux acteurs en place dans la capitale, essentiellement Monoprix et Leader Price (Casino) et Carrefour Market.

* Carrefour perd 3%. La baisse de la rentabilité et l'intensification de la guerre commerciale entre distributeurs conduit Standard & Poor's à passer de "stable" à "négative" la perspective d'évolution de la notation crédit de la société, dont la dette bénéficie actuellement d'un "BBB+", c'est-à-dire un niveau solide, juste sous la catégorie A. En outre, les coûts liés au plan de restructuration vont peser sur les marges, au moins jusqu'à ce que les premiers effets positifs se fassent sentir. La perspective négative induit une chance sur trois que la notation soit abaissée dans les deux ans à venir, si la situation du distributeur ne s'améliore pas.

* Sodexo redonne 2,6%, victime d'une note d'analyste. Raymond James a dégradé sa recommandation sur la valeur de 'surperformance' à performance en ligne'.

* Airbus se replie de 2,4%, dans le sillage de Boeing. Le marché craint de plus en plus une intensification de la guerre commerciale entre grandes puissances après les dernières décisions de l'administration Trump.

* La Société Générale rend 1,7% après le choc du départ de son directeur général délégué Didier Valet sur fond de désaccord sur le règlement amiable d'un des gros contentieux dans lesquels la banque est embarquée, selon toute probabilité l'enquête sur la manipulation du Libor conduite aux Etats-Unis. Le sacrifice du dirigeant pourrait néanmoins permettre de solder plus rapidement le contentieux en cours, qui pèse sur le parcours boursier.

* Veolia abandonne 1,5% alors que l'actionnaire qatari est sorti du tour de table. Qatari Diar, la branche immobilière du fonds souverain du pays, a placé 4,63% du capital, soit 26,107 millions d'action, au prix unitaire de 19,41 euros. Bilan de l'opération pour l'actionnaire, un bénéfice brut de 506,7 ME environ. Qatari Diar était entré au capital de Veolia en avril 2010.

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