Total risque d'être remplacé par le Chinois CNPC sur le gisement South Pars

Total risque d'être remplacé par le Chinois CNPC sur le gisement South Pars©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 30 mai 2018 à 10h46

Le groupe pétrolier français Total ne dispose que de deux mois pour demander une exemption aux autorités américaines, sans quoi il pourrait être remplacé par le Chinois CNPC sur le gisement de South Pars. C'est du moins ce qu'a affirmé le ministre iranien du pétrole, Bijan Zanganeh, dont l'agence 'Reuters' a relayé les commentaires, initialement repris par l'agence 'Shana'. Dans le même temps, le Chinois CNPC pourrait monter à 80% du projet contre 30% actuellement. Total avait conclu en juillet un accord avec l'Iran pour le développement de la phase 11 de South Pars, qui n'est autre que le plus important gisement au monde de gaz naturel.

Les nouvelles sanctions américaines décidées ce mois contre l'Iran suite au retrait des USA de l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien, ont contraint Total à annoncer qu'il ne pouvait poursuivre son projet en Iran, à moins d'obtenir un dérogation des États-Unis.

Total ne pourra pas continuer le projet SP11 et devra mettre fin à toutes les opérations qui y sont liées avant le 4 novembre, "à moins qu'une dérogation propre au projet ne soit accordée par les autorités américaines, avec le soutien des autorités françaises et européennes", expliquait le groupe le 16 mai. Cette dérogation pour le projet devra comprendre une protection de la société contre toute sanction secondaire applicable en vertu du droit américain...

Il a en effet toujours été clair que Total ne peut pas se permettre d'être exposé à des sanctions secondaires américaines, qui peuvent comprendre la perte des financements en dollars par des banques américaines - qui sont impliquées dans plus de 90% des opérations de financement de Total - pour ses opérations globales, la perte de ses actionnaires américains qui représentent plus de 30% de son actionnariat ou l'impossibilité de poursuivre ses opérations américaines - les actifs américains représentent plus de 10 milliards de dollars des capitaux employés de Total.

Dans ces conditions, Total ne prendrait pas de nouvel engagement lié au projet SP11 et, conformément à ses engagements contractuels vis-à-vis des autorités iraniennes, se rapproche des autorités françaises et américaines pour examiner la possibilité d'obtenir une dérogation propre au projet.

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