Trump et Powell font chuter le CAC40 de 3,4% sur la semaine

Trump et Powell font chuter le CAC40 de 3,4% sur la semaine©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 02 mars 2018 à 17h45

Les deux hommes les plus influents des Etats-Unis ont fait tanguer les bourses mondiales cette semaine. La vision très optimiste de Jerome Powell, le nouveau patron de la FED, a d'abord laissé craindre un resserrement monétaire plus rapide que prévu de la part de la Banque centrale américaine. Donald Trump a ensuite pris le relais en annonçant vouloir imposer d'importants droits de douane sur l'acier et l'aluminium. De quoi faire resurgir le risque d'une guerre commerciale entre les Etats-Unis et ses principaux partenaires et mettre à mal la bonne santé de l'économie mondiale.

Les multiples publications d'entreprises ont également animé la cote ces derniers jours, avec de bonnes surprises du côté d'Essilor, de Teleperformance ou encore de Peugeot, et des déceptions chez Carrefour, bioMerieux ou LafargeHolcim.

Au final, le CAC40 perd 3,40% sur la semaine, à 5.137 points ce vendredi soir.

ECO ET DEVISES

D'après la deuxième estimation gouvernementale, le PIB américain du quatrième trimestre 2017 a progressé sur un rythme de +2,5%, contre une évaluation antérieure logée à +2,6% et un consensus de +2,5%. La croissance du troisième trimestre était ressortie à +3,2%.. L'indice de prix rattaché au PIB a augmenté sur un rythme de +2,3%, contre un consensus de 2,4% et une première lecture de 2,4%.

D'après la National Association of Realtors américaine, les promesses de ventes de logements aux États-Unis pour le mois février ont chuté de -4,7% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de place de +0,3%. L'indice du mois de février atteint 104,6, contre 109,8 pour la lecture révisée (à la baisse) de décembre 2017.

Les dépenses de construction aux USA pour le mois de janvier sont ressorties stables en comparaison du mois antérieur, contre +0,3% de consensus de place et +0,8% pour la lecture révisée (en hausse) du mois antérieur. En glissement annuel, les dépenses de construction du mois de janvier ont grimpé de 3,2%.

Le taux de chômage, corrigé des variations saisonnières, s'est maintenu à 8,6% en janvier dans la zone euro. Stable sur un mois, il affiche une baisse d'un point par rapport au taux de 9,6% de janvier 2017. Le taux de chômage reste ainsi au plus bas depuis décembre 2008.

La croissance française a bien atteint 0,6% au quatrième trimestre 2017, après +0,5% au cours des trois mois précédents, annonce l'Insee. L'institut a en revanche rehaussé de 0,1 point son estimation initiale pour l'ensemble de l'année puisque la croissance ressort finalement à 2% en 2017, soit la meilleure performance depuis six ans.

La forte croissance du secteur manufacturier français se poursuit au cours du premier trimestre 2018, à un rythme toutefois moins soutenu que ceux observés en décembre et en janvier. L'indice PMI IHS Markit manufacturer s'établit ainsi à 55,9 en février contre 58,4 le mois précédent et 56,1 en première estimation. Il signale le plus faible taux de croissance depuis août 2017.

La hausse des prix à la consommation en France aurait légèrement ralenti en février. Selon les données provisoires de l'Insee, l'inflation annuelle ressortirait à 1,2% après +1,3% en janvier.

Sur le marché des changes, l'euro vaut désormais 1,231$, quasi stable sur la semaine. Du côté du pétrole, le baril WTI s'affiche à environ 60,3$ et le Brent ressort à 63,4$. L'once d'or s'échange autour des 1.320 dollars (-0,6%).

LES VALEURS

* SES s'envole de 14%. La valeur a notamment été dopée par les déclarations du président de la FCC, l'autorité des communications aux Etats-Unis, en faveur de l'utilisation d'un certain type de fréquences pour les communications terrestres en 5G. "SES et Intelsat détiennent à eux deux 90% de ces fréquences aux Etats-Unis", expliquait en milieu de semaine un analyste chez Berenberg... Le titre a également bénéficié d'une meilleure orientation graphique et peut-être du réveil de la spéculation dans la perspective d'une nouvelle vague de concentration dans le secteur.

* PSA Groupe s'adjuge 6,1%. Le groupe a dépassé les attentes et signé un nouveau record de bénéfices en 2017, malgré la coûteuse intégration d'Opel Vauxhall, qui a perdu -179 ME au niveau opérationnel l'année dernière, malgré un chiffre d'affaires de 7,24 milliards d'euros. PSA Groupe se dit confiant dans le redressement de sa nouvelle filiale.

* Teleperformance (+2,6%). Le champion du télémarketing a enregistré de nouvelles performances records en 2017. Cette année, la croissance organique dépassera 6% et la marge d'EBITA atteindra au moins 13,5%. Les objectifs du plan à horizon 2022 sont confirmés.

* Essilor gagne 2,3%. Le groupe a dégagé une croissance organique 2017 proche des attentes, mais sa marge s'est un peu plus érodée que prévu. Bruxelles a par ailleurs donné un feu vert inconditionnel au rapprochement avec Luxottica. La fusion n'aura pas d'effet préjudiciable sur la concurrence dans l'Espace économique européen ou une partie substantielle de celui-ci, ont conclu les services de la commissaire à la concurrence Margrethe Vestager.

A l'inverse, Technicolor chute de plus de 28%! Le groupe dirigé par Frederic Rose a annoncé la cession de son activité de licences de brevets à l'américain InterDigital et un accord de collaboration avec cette entreprise de recherche et développement dans le domaine des technologies mobiles. Mais les modalités sont loin d'être à la hauteur des attentes du marché.

* Vilmorin plonge de 19,3%. Le semencier a dévoilé des résultats semestriels décevants et a revu à la baisse son objectif de croissance annuelle des revenus.

* bioMérieux trébuche de 11%. Le marché n'a pas laissé passer les prévisions décevantes du laboratoire. Cette année, l'entreprise table sur une croissance organique du chiffre d'affaires comprises entre 8 et 9%, à taux de change et périmètre constants. Le résultat opérationnel courant se situera entre 325 et 345 ME, en dépit de fluctuations du change qui devraient coûter environ 40 ME sur l'exercice. Le consensus S&P Global Market Intelligence était positionné à 371 ME...

* Carrefour perd 9,2%. Alexandre Bompard espérait sans doute mieux de cette première publication de résultats annuels chez Carrefour. Plombé par le manque de visibilité sur ses perspectives 2018, le distributeur affiche la plus mauvaise performance au sein du CAC40 sur la semaine.

* LafargeHolcim cède 8,8%. Le cimentier a publié une performance sous-jacente 2017 en amélioration, mais la publication est assombrie par 3,8 MdsCHF de dépréciations d'actifs, qui font basculer le résultat net dans le rouge vif, du moins du point de vue comptable. Le nouveau directeur général Jens Jenisch a déjà imprimé sa marque, en créant une nouvelle division et en dévoilant des objectifs à l'horizon 2022.

* Europcar (-7,7%) sort d'un exercice 2017 contrasté. De nombreuses acquisitions ont été réalisées pour définir le futur périmètre du groupe. Les résultats sont un peu à la traîne, mais ils devraient progressivement se redresser pour atteindre les objectifs 2020. En parallèle, le groupe a annoncé la vente de ses 25% dans car2go à Daimler pour 70 ME.

* Altran se replie de 6,6%. La société de conseil a dévoilé de solides résultats mais entretient le suspense pour ses objectifs de court et de moyen terme. Le rachat d'Aricent a en effet rendu obsolètes les anticipations antérieures. Rendez-vous est pris pour une réunion investisseurs programmée le 28 juin pour connaître les ambitions du PDG Dominique Cerutti.

* Seb rend 6,6% après avoir publié des résultats 2017 en amélioration mais légèrement en-dessous des attentes. Le groupe reste confiant dans la poursuite de la hausse de ses résultats malgré les incertitudes engendrées par l'évolution des matières premières et des devises.

* Safran redonne 6,1% malgré des objectifs atteints ou dépassés en 2017. Les comptes 2017 sont solides mais l'impact IFRS15 est plus important que prévu... Le groupe s'attaque désormais à l'intégration de Zodiac et lance un vaste programme de rachat d'actions doté de 2,3 milliards d'euros. Il présentera en septembre prochain ses objectifs intégrant la nouvelle filiale.

*ArcelorMittal (-5,6%). Le groupe et Nippon Steel & Sumitomo (NSSMC) se sont officiellement alliés pour la reprise de l'aciériste indien en difficultés Essar Steel, comme cela avait été précédemment évoqué. Mais les annonces du président Trump ont fortement pesé sur le titre ce vendredi.

* Bonduelle rend 5% après la publication de ses résultats annuels.

* Total cède 3,3%. La major pétrolière a annoncé avoir pris une participation de 16,33% dans les concessions de Waha en Libye pour un montant s'élevant à 450 millions de dollars. La transaction va donner accès à une quote-part de production immédiate d'environ 50.000 barils équivalent pétrole par jour, mais aussi à des réserves de plus de 500 millions de barils équivalent pétrole et à un potentiel d'exploration important dans le bassin de Syrte.

* Suez (-2,5%) avait averti le marché que ses résultats et ses perspectives seraient mauvais. Les chiffres publiés cette semaine l'ont confirmé. Le management a prévu un plan d'économies. Un rapprochement avec Veolia "détruirait beaucoup de valeur parce qu'il faudra vendre beaucoup d'actifs", a par ailleurs expliqué le patron de Suez, Jean-Louis Chaussade, dans un entretien accordé hier à Bloomberg TV.

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