UBS a des envies de scission d'EDF

UBS a des envies de scission d'EDF©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 21 novembre 2017 à 11h01

UBS s'est livré à un exercice d'économie-fiction sur EDF, en réfléchissant à une scission du groupe en deux entités. Une hypothèse qui a ceci dit pris du poids depuis que le gouvernement français a évoqué une réorientation du groupe du nucléaire vers les énergies renouvelables. "Nous avons cherché à savoir s'il y aurait création de valeur en adoptant un modèle du type RWE et Innogy", expliquent les analystes Sam Arie, Rui Dias et Aymeric Parodi. Sur la base du modèle allemand, une nouvelle entité ("NewCo") pourrait être créée avec les réseaux, la distribution, les énergies renouvelables et la dette financière. Les activités nucléaires, thermales et hydrocarbonées seraient conservée dans la structure d'origine ("OldCo"), avec les activités de négoce, la dette hybride et les provisions liées à l'activité nucléaire. C'est à peu près la répartition qui avait été faite avec le spin-off Innogy / RWE.

Dans le scénario développé par UBS, la NewCo afficherait 8 milliards d'euros d'Ebitda environ, un ratio d'endettement de quatre fois, une valeur d'actifs post-monnaie de l'ordre de 40 MdsE et un flottant de 8 MdsE. Cela constituerait une grosse entrée en bourse, mais d'autres opérations plus lourdes ont déjà été réalisées avec succès, note l'équipe d'analystes, comme celle d'Enel. OldCo détiendrait post-IPO une part d'environ 30 MdsE au capital, valorisable et flexible. Mais comment atteindre une telle création de valeur par une simple opération d'ingénierie financière, demanderiez-vous à UBS ? La banque suisse répond par quatre arguments. D'abord, en rendant la valorisation de NewCo plus transparente (cf. Innogy). Ensuite, en augmentant les performances de la nouvelle structure par une organisation simplifiée et un management dédié (cf. Uniper). En troisième lieu, en améliorant la visibilité des actifs d'OldCo (cf. RWE). Enfin, en créant de la flexibilité financière pour le futur, en particulier lorsqu'il s'agira de décommissionner des sites nucléaires. "L'exemple de RWE tend à confirmer que cette approche peut créer de la valeur", d'autant que la restructuration de l'allemand a aussi créé des avantages fiscaux, poursuit UBS.

Actuellement, UBS valorise EDF 13 euros, en utilisant la somme des parties. Une scission bien menée pourrait aboutir à 15,42 euros pour OldCo. Les analystes ont aussi intégré les parcours boursiers de RWE (+57% depuis le 1er décembre 2015 et l'annonce de l'opération Innogy) et d'Innogy (+9% depuis son arrivée en bourse en octobre 2016) pour déterminer ce niveau.

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3 commentaires - UBS a des envies de scission d'EDF
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    grillon38 -

    Voilà comment on tire des plans sur la comète financière.
    Dilution financière, dilution des responsabilitsé de production, pour finir par ne plus savoir qui est qui ?
    On est de plus en plus loin de péréquation tarifaire des clients lambda. Et ce n'est pas de la nostalgie, c'est simplement l'image d'une grande braderie, qui va laisser des millions de personnes (les clients !!!) sur le carreau, lesquels ne pourront dire leur mot quant a la politique énergétique du pays.
    C'est lamentable.

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    g1c0lbert -

    Destruction programmée de tout tissu industriel et énergétique qui puisse encore être contrôlé démocratiquement. Le grand festin de la finance.

  • avatar
    ajlbn -

    gouvernemental sera annoncé mardi "dans la journée", selon Christophe Castaner


    Statut : refusé

    Il y a 12 minutes


    Statut : refusé

    Il y a 35 minutes


    Et Hulot, l'avaleur de couleuvres de formats XXL, il reste? Il a presque réussi à faire croire à ceux qui voulaient l'admettre que la fermeture des centrales nucléaire serait reportée, juré, à plus tard! Que les énergies nouvelles n'étaient pas en capacité de remplacer cette filière dangereuse. Question: alors pourquoi se lancer dans la construction massive de véhicules rechargeables, avec des bornes posées dans les petits villages , et quasi jamais utilisées, si ce n'est pour nous obliger à maintenir le nucléaire contre vents et marées, tout en faisant semblant de prospecter d'autres voies. Pour mémoire la centrale pile à combustible de Chelles 77, rachetée par EDF a été fermée! Le centralisme de production cher au lobby de l'énergie est un frein à la production locale. Ainsi, au siècle dernier, et je prends l'exemple des cours de l'Aisne et de l'Oise, dans des petits villages des turbines au fil de l'eau permettaient de produire de l'électricité sur site. Tout est fermé, les locaux vendus, voire transformés en musées comme à Marle 02! Sans même tenter de moderniser!
    Remaniez, remaniez, c'est la politique menée qu'il faut remanier!

    Encore censuré abusivement par une modération ORANGE aux ordres, plus militante que modérée! Mon propos est factuel, il respecte la charte, il n'insulte pas, il n'est pas raciste, pas haineux, il traite juste de faits vérifiables. N'en déplaise au lobby!
    Article 11 de la Déclaration des Droits de l'Homme - 1789:
    Art. 11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.
    Mon avis sera repassé autant de fois que nécessaire! Cordialement.