Un rapport de l'emploi historique attendu aux Etats-Unis

Un rapport de l'emploi historique attendu aux Etats-Unis©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 08 mai 2020 à 09h53

14h30. En cette journée du 8 mai clairsemée en actualités économiques, les investisseurs attendent fébrilement le début d'après-midi (en Europe) et la publication des données mensuels de l'emploi aux Etats-Unis. Des chiffres qui s'annoncent sans précédent. Selon le consensus, la première puissance mondiale devrait avoir détruit 21,7 millions postes le mois dernier, du jamais vu depuis la création de la statistique en 1939. Le 'record' actuel date de la dernière crise financière avec 800.000 emplois détruits en mars 2009, alors que 701.000 personnes ont déjà perdu leur travail en mars. Les prévisions pour avril sont toutefois incertaines et très disparates puisqu'elles vont de 8,6 à 30 millions.

Un taux de chômage de 16% attendu

Le taux de chômage devrait pour sa part s'être envolé de 4,4% à plus de 16% ! Un niveau également sans précédent depuis la Grande Dépression de 1933, lorsqu'il avait franchi la barre des 25%. Aucune industrie ne devrait être épargnée par ces licenciements massifs même si les dégâts les plus importants sont attendus dans l'industrie des loisirs et du tourisme, principalement dans les hotels, restaurants et les bars.

"Le rapport sur l'emploi de vendredi sera horrible", prévient Andrew Hunter, économiste senior chez Capital Economics. "Il n'y a pas de précédent pour un arrêt soudain de l'économie tel qu'observé à la mi-mars lorsque l'épidémie de COVID-19 a incité la plupart des États à mettre en place des mesures de confinement".

Une réalité encore plus terrible ?

Si les chiffres du jour s'annoncent donc catastrophiques, certains économistes estiment qu'ils sous-estiment la réalité. Selon le Bureau des statistiques du ministère du travail, qui compile le rapport sur l'emploi, une personne doit en effet être à la recherche d'un emploi et être disponible pour le faire pour être considérée comme chômeuse. "Cela signifie que de nombreux travailleurs qui perdent leur emploi à cause du coronavirus seront comptés comme des décrocheurs plutôt que comme des chômeurs parce qu'ils ne peuvent pas chercher de travail à cause du confinement ou parce qu'ils ne sont pas disponibles pour travailler parce qu'ils s'occupent, par exemple, d'enfants dont l'école a fermé", explique à 'Reuters' Heidi Shierholz, ancienne économiste en chef du ministère. Les travailleurs en congé et ceux qui prévoient de retrouver leur emploi dans les six mois sont également considérés comme des chômeurs temporaires.

Pour obtenir une image plus claire, les économistes se concentreront sur une mesure plus large du chômage, qui inclut les personnes qui veulent travailler mais ont renoncé à chercher un emploi et celles qui travaillent à temps partiel parce qu'elles ne peuvent pas trouver un emploi à temps plein.

Vers une reprise plus lente qu'espérée par certains

Les aides massives accordées par le gouvernement aux entreprises ainsi que le soutien apporté par la Réserve fédérale via le marché du crédit risquent de ne pas suffire pour assister à une reprise rapide du marché de l'emploi. "Étant donné le changement attendu dans le comportement des consommateurs, qui reflète les insécurités en matière de santé, de richesse, de revenu et d'emploi, beaucoup de ces entreprises ne rouvriront pas ou, si elles rouvrent, embaucheront moins de personnes", explique par exemple Steve Blitz, économiste principal chez TS Lombard à New York. "C'est l'une des raisons pour lesquelles nous voyons la récession sous-jacente se prolonger jusqu'au troisième trimestre". Donald Trump ne sera peut-être pas de cet avis. Réponse sur Twitter cet après-midi.

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