Un trou d'air temporaire payé au prix fort chez Thales

Un trou d'air temporaire payé au prix fort chez Thales©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 19 octobre 2017 à 10h13

Le troisième trimestre de Thales est moins favorable que prévu, avec un chiffre d'affaires inférieur aux attentes. Une question de phasage, selon le management, qui a confirmé ses prévisions annuelles et ses objectifs de moyen terme.

Le chiffre d'affaires du troisième trimestre a atteint 3,1 milliards d'euros, en baisse de -2,9% en données publiées et de -1,6% en organique. Si la division transports, la plus petite, a progressé, l'aérospatial et la défense ont reculé. Les entrées de commandes de la période ont chuté de -40%, pour atteindre 2,86 MdsE. Sur les neuf premiers mois de l'exercice, le chiffre d'affaires s'établit à 10,34 MdsE, en progression de 3% en données publiées et de 3,5% en données organiques. Les entrées de commandes se sont contractées de -13% en données organiques pour atteindre 8,83 MdsE. Le consensus fourni par la société elle-même atteignait 3,307 MdsE pour le chiffre d'affaires trimestriel (13 analystes) et 3,11 MdsE pour les entrées de commandes (6 analystes seulement).

"Phasage"

Le recul des prises de commandes n'est pas vraiment étonnant, car la base de comparaison avait été gonflée par la commande indienne de "Rafale" en 2016. "Nous confirmons tous nos objectifs annuels, la légère baisse du chiffre d'affaires au troisième trimestre étant uniquement due à des effets de phasage", explique le PDG Patrice Caine, qui assure que le déroulement des neuf premiers mois de l'année "est en ligne avec les attentes". Thales mise sur 14 MdsE d'entrées de commandes sur l'année et sur une croissance organique du chiffre d'affaires de l'ordre de 5% par rapport à 2016. L'Ebit devrait ressortir entre 1,48 et 1,5 MdE sur la base du périmètre et des taux de change de février dernier, soit une hausse de 9 à 11% par rapport à 2016. Enfin, le groupe confirme ses objectifs à moyen terme : une croissance organique de son chiffre d'affaires de l'ordre de 5% en moyenne sur la période 2016-2018, et un taux de marge d'EBIT de 9,5 à 10% en 2017/2018.

En marge de la confirmation des objectifs, Thales a publié l'impact sur ses comptes semestriels de la norme IFRS 15. Les résultats sont légèrement inférieurs à ceux qui avaient été publiés, mais le groupe assure que cela n'est pas représentatif des effets sur les périodes postérieures.

La réaction du marché était prévisible : l'action perd 1,9% en matinée, à 95,39 euros. Les analystes ont bien reçu le message du management sur le phasage. Certains soulignent d'ailleurs que la base de comparaison était très élevée au troisième trimestre 2016, et qu'elle sera bien plus favorable sur le dernier trimestre de l'année, ce qui corrobore les commentaires de la société. Un spécialiste du dossier note par ailleurs ce matin que l'impact de la norme IFRS 15 est plus négatif que ce qu'il avait modélisé. Il craint d'ailleurs que cela n'empêche le groupe de relever ses projections 2018 lors de la publication des résultats annuels 2017, en mars prochain. Côté recommandations, c'est le calme plat : 53% des analystes sont toujours à l'achat, un pourcentage identique à celui de la veille. L'objectif de cours moyen de 100,54 euros est lui aussi inchangé, signe que toute la place campe sur ses positions. Christophe Ménard (Kepler Cheuvreux), l'analyste dont les recommandations sont les plus justes à la fois sur la valeur et sur son secteur depuis un an, recommande toujours l'achat du titre en visant 100 euros.

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