Vivendi : la vie n'est pas simple en Italie

Vivendi : la vie n'est pas simple en Italie©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 20 novembre 2020 à 16h00

Les affaires ne sont décidément pas simples pour Vivendi en Italie. Quelques semaines après que la Cour de justice de l'Union européenne eut affirmé que la loi italienne imposant au groupe français de céder les deux tiers de sa participation de 29% dans Mediaset était contraire aux règles communautaires, Rome serait bel et bien en train de préparer une nouvelle loi pour ouvrir une enquête sur les participations de Vivendi dans le diffuseur transalpin et Telecom Italia, dont il est premier actionnaire avec 24% du capital.

Le ministre italien de l'Economie, Roberto Gualtieri, se serait ainsi entretenu par téléphone lundi avec Arnaud de Puyfontaine sur ce projet de loi susceptible de freiner l'activité du groupe français sur le marché italien, a déclaré à Reuters une source proche du dossier. L'Italie prépare cette loi pour permettre à l'organisme de surveillance des communications de mener une enquête de six mois sur les entreprises opérant à la fois dans les secteurs des télécommunications et des médias afin de déterminer si elles ne portent pas atteinte à la pluralité des médias.

Ce projet, en discussion au Parlement, "enfreint les principes de légalité et de sécurité juridique ainsi que (...) le droit à la propriété, qui sont tous protégés par le droit de l'UE et les conventions internationales", a écrit le président du directoire de Vivendi dans une lettre du 13 novembre adressée au président du Conseil italien, Giuseppe Conte, et aux ministres de l'Economie et de l'Industrie. Le groupe français s'est dit prêt à déposer une plainte officielle auprès de la Commission européenne, dans cette lettre consultée par Reuters.

Selon la source de l'agence, Roberto Gualtieri aurait néanmoins expliqué à Arnaud de Puyfontaine que le projet de loi était une mesure temporaire dans l'attente d'une nouvelle réglementation sur les médias. La conversation aurait été "amicale et constructive".

Mediaset et Vivendi se sont brouillés depuis que le groupe français a fait capoter en 2016 le projet censé aboutir au rachat des activités de télévision payante de Mediaset, détenu à hauteur de 29% par le groupe contrôlé par Vincent Bolloré. Les deux groupes sont également opposés dans le projet de Mediaset visant à créer un champion européen de la télévision via la fusion de ses activités en Italie et en Espagne au sein d'une même holding, MediaForEurope (MFE), basée aux Pays-Bas.

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