Wall Street accélère et mise sur une reprise en V

Wall Street accélère et mise sur une reprise en V
Trader sur le floor du New York Stock Exchange.
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Boursier.com, publié le vendredi 05 juin 2020 à 11h59

La cote américaine joue désormais sans hésitation le scénario pourtant encore très hypothétique d'une reprise économique en V, ignorant les tensions sino-américaines et la poursuite de la propagation du virus en Amérique latine. La BCE a plutôt rassuré les marchés hier, alors que la Fed de Jerome Powell abattra pour sa part ses cartes mercredi prochain.

Le S&P500 est attendu ce vendredi en hausse de 0,8% avant bourse, alors que le Nasdaq prend 0,4%. L'indice historique Dow Jones s'adjuge même 1,1%. Sur le Nymex, le baril de brut WTI grimpe de 2% à plus de 38$. L'once d'or corrige de 0,9% à 1.712$.

Sur le front économique outre-Atlantique ce jour, le rapport gouvernemental mensuel sur la situation de l'emploi aux USA pour le mois de mai 2020 sera communiqué à 14h30 (consensus 7,725 millions de destructions de postes non-agricoles et 19,8% de taux de chômage, contre 14,7% un mois avant). Les destructions d'emplois devraient surtout concerner le secteur privé (consensus 6,5 millions). Le taux de participation à la force de travail pour le mois de mai est anticipé à 60%. Le salaire horaire moyen est anticipé en hausse de 0,9% en comparaison du mois précédent.

Les chiffres du crédit américain à la consommation pour le mois d'avril seront quant à eux révélés à 21 heures (consensus -14 milliards de dollars).

Hier, les annonces de la BCE ont dépassé les attentes, alors que le soutien des Etats s'est confirmé, accentuant la confiance des opérateurs dans un succès du déconfinement.

Sur le front sanitaire, pourtant, la situation est loin d'être réglée, l'épidémie se propageant encore rapidement dans certaines régions, en particulier en Amérique latine. Selon l'Université Johns Hopkins, environ 6,66 millions de cas du nouveau coronavirus ont été confirmés depuis le début de l'épidémie, dont plus de 1,87 million aux USA, 615 milliers au Brésil, 449 milliers en Russie ou encore 283 milliers au Royaume-Uni. Le virus a fait plus de 108.000 morts aux Etats-Unis et près de 40.000 au Royaume-Uni, contre 34 milliers au Brésil et presque autant en Italie.

La Bourse de New York a fini sur une note prudente jeudi soir, les investisseurs reprenant leur souffle après un "rally" de près de 40% depuis deux mois et demi. Celui-ci a porté les valorisations boursières au plus haut depuis 2002 à Wall Street, malgré les incertitudes sur le rythme de la reprise économique après la récession causée par la pandémie de Covid-19. Les marchés ont néanmoins apprécié l'annonce par la BCE d'une rallonge de 600 milliards d'euros à son programme d'achats d'actifs ciblé sur la pandémie (PEPP).

A la clôture, le Dow Jones a fini presque stable (+0,05%) à 26.281 points, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 0,34% à 3.112 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a fléchi de 0,69% à 9.615 pts. Le Nasdaq a atteint 9.716 pts au plus haut de la séance, se hissant à seulement 1% de son record historique de 9.817 pts atteint le 19 février dernier, avant la crise du Covid-19.

Les bourses européennes ont été soutenues par la décision de la BCE d'augmenter de 600 milliards d'euros, le montant du "Programme d'achats d'urgence pandémique" (PEPP), alors que les marchés s'attendaient à une rallonge moins élevée, de l'ordre de 500 MdsE. La BCE avait lancé ce PEPP le 19 mars dernier, avec un premier objectif d'achat d'obligations de 750 milliards d'euros, qui est donc porté désormais à 1.350 MdsE.

Les cours du pétrole hésitaient hier sur fond d'incertitudes sur la prolongation de l'accord Opep+ de maîtrise de la production. La Russie et l'Arabie saoudite auraient conclu un accord préliminaire en vue de prolonger l'accord de l'Opep+ de maîtrise de la production pour un mois supplémentaire, jusqu'à la fin juillet. Mais Moscou et Riyad auraient du mal à convaincre certains pays, dont l'Irak, de respecter l'accord en cours. Le suspense se poursuit donc sur la tenue de la réunion de l'Opep+ prévue les 9 et 10 juin.

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