Wall Street attendu au sommet

Wall Street attendu au sommet
Réaction de traders après la clôture du NYSE.

Boursier.com, publié le mardi 29 décembre 2020 à 12h15

La cote américaine poursuit sur sa lancée avant bourse ce mardi, le DJIA prenant 0,5% et le Nasdaq 0,4%, contre un gain de 0,5% sur le S&P 500. Le baril de brut WTI avance de 1,4% à 48,3$. L'once d'or grappille 0,1% à 1.883$. L'indice dollar recule de 0,3% face à un panier de devises.

Sur le front économique, l'indice S&P Case-Shiller des prix de l'immobilier pour le mois d'octobre sera communiqué à 15 heures (consensus +0,7% pour l'indice 20-City ajusté en comparaison du mois antérieur).

L'optimisme demeure élevé du fait des vaccinations et du plan américain de relance. Le vaccin de Novavax est le cinquième à parvenir au stade final d'étude. Des résultats positifs des essais cliniques aux Etats-Unis et au Mexique pourraient déboucher sur une autorisation l'an prochain pour ce vaccin, qui viendrait ainsi s'ajouter à ceux de Pfizer / BioNTech et Moderna et permettrait de mieux répondre à la demande. Des études importantes aux USA sont également en cours pour Johnson & Johnson et AstraZeneca / Oxford.

Par ailleurs, le nombre de nouveaux cas reste élevé aux USA, mais la situation semble moins dramatique que prévu après Thanksgiving et les fêtes de Noël. Néanmoins, les hospitalisations et la capacité constituent toujours des motifs d'inquiétude.

La Chambre américaine des Représentants a voté hier pour renforcer à 2.000$ les chèques de stimulus. Les démocrates et quelques républicains ont soutenu la proposition, qui devrait toutefois rencontrer une résistance au Sénat, les républicains n'appréciant pas vraiment le nouveau creusement du déficit.

La Bourse de New York a fini sur de nouveaux plus hauts historiques hier, dans un volume d'échanges toutefois léger à quelques jours de la fin de l'année 2020. Les marchés ont salué la ratification par Donald Trump du nouveau plan de soutien budgétaire de près de 900 milliards de dollars, que le président américain avait menacé pendant le week-end de bloquer... L'indice Dow Jones a gagné 0,68% à 30.403 points, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 0,87% à 3.735 pts, et que l'indice Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a avancé de 0,74% à 12.899 pts.

Les marchés ont été soulagés par l'accord de dernière minute sur le Brexit, ainsi que par l'adoption définitive du nouveau plan budgétaire américain de 892 Mds$, qui prévoit le versement d'une aide directe de 600$ aux Américains, ainsi que des indemnités de chômage pour environ 14 millions de chômeurs et des aides aux PME (financement du chômage technique). Le texte a été voté par le Congrès le 22 décembre, mais le président Trump avait tout d'abord refusé de le ratifier, en exigeant que l'aide directe aux ménages américains soit augmentée de 600$ à 2.000$.

Sous la pression de son propre camp républicain, le président américain a finalement ratifié le texte dans sa version actuelle, permettant notamment de rétablir les indemnités de chômage de millions d'Américains. Donald Trump a aussi évité la fermeture des administrations fédérales, en signant la loi de financement de l'Etat fédéral pour 2021, d'un montant de 1.400 Mds$, permettant d'éviter un "shutdown".

Le président sortant, qui cédera le pouvoir à Joe Biden le 20 janvier prochain, a déclaré : "je ratifie cette législation pour restaurer les allocations-chômage, arrêter les expulsions (locatives), apporter de l'assistance aux bailleurs, ajouter des fonds supplémentaires au programme de prêts aux entreprises, permettre aux employés de l'aérien de retourner au travail et donner des fonds substantiels en plus pour la distribution des vaccins".

Paradoxalement, les élus démocrates étaient favorables à la proposition de Trump d'augmenter les aides directes versées aux Américains à 2.000$ alors que les Républicains ont rejeté la proposition jugée trop coûteuse. La présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, a déclaré que le président devait maintenant appeler les républicains du Congrès à suivre son exemple et à apporter leur soutien à une hausse du montant des chèques à 2.000 dollars...

Mme Pelosi a affirmé que le plan actuel représentait "un acompte pour ce qui est nécessaire pour enrayer le virus, mettre de l'argent dans les poches des Américains et honorer nos héros... Nous devons rapidement prendre davantage de mesures", a-t-elle tweeté. Lundi soir, la chambre des représentants, a majorité démocrate, a voté pour un texte portant les chèques de 600$ à 2000$.

Se déroule par ailleurs une bataille décisive pour le contrôle du prochain Sénat américain. En effet, les deux derniers sénateurs doivent être élus lors d'un second tour prévu le 5 janvier prochain en Géorgie (aucun candidat n'ayant obtenu la majorité au 1er tour du 3 novembre). L'enjeu est de taille, car si ces deux sièges étaient remportés par les Démocrates, le Sénat serait partagé à 50/50 sièges entre les deux partis, et basculerait de facto dans le camp démocrate, car il reviendrait alors à la vice-présidente (la Démocrate Kamala Harris) d'apporter une voix prépondérante lors du vote des lois.

Un tel scénario aurait des implications importantes pour les marchés financiers, en donnant plus de latitude à Joe Biden pour faire passer des mesures de gauche (hausses d'impôts, hausse des taxes sur les plus-values, réglementations accrues...) Cependant, les sondages et les experts penchent pour le moment pour une victoire républicaine pour au moins un des deux sièges de Géorgie, ce qui permettrait aux Républicains de conserver de justesse leur avantage à la chambre haute, avec au moins 51 sièges contre 49.

En attendant ces élections sénatoriales décisives, les investisseurs savourent une belle fin d'année, sous le signe de l'espoir de vaincre le coronavirus en 2021 grâce aux campagnes de vaccination. Après l'Amérique du Nord et le Royaume-Uni, l'Union européenne a lancé à son tour ce dimanche les vaccinations. La campagne sera concentrée dans un premier temps sur les personnes âgées et le personnel soignant avant d'être étendue progressivement à l'ensemble de la population.

Cependant, les effets positifs de la vaccination sur la situation sanitaire et sur l'économie, ne se feront sentir que progressivement, sans doute à partir du printemps, voire de la mi-2021, selon les experts, qui mettent en garde contre quelques mois encore difficiles à venir. Aux Etats-Unis, l'immunologue Anthony Fauci (qui s'est lui-même fait vacciner la semaine dernière) a mis en garde dimanche dans un entretien avec 'CNN', estimant que le pire de la pandémie reste à venir, à la suite des fêtes de fin d'année.

"Je partage l'inquiétude du président élu Biden sur le fait que cela pourrait empirer au cours des prochaines semaines", a-t-il estimé, soulignant que la "hausse s'ajoute à la hausse", ce qui risque de mettre un "surcroît de pression" sur un système hospitalier fonctionnant déjà à flux tendu.

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