Wall Street attendu en timide hausse avant la Fed

Wall Street attendu en timide hausse avant la Fed
Réaction de traders après la clôture du NYSE.

Boursier.com, publié le mardi 28 avril 2020 à 10h25

La belle résistance de la cote américaine se confirme. Ainsi, le S&P500 est orienté ce mardi en progression de 0,2% avant bourse, alors que le Nasdaq prend 0,4%. Dans le même temps, le baril de brut WTI s'effondre encore de 21% sur les 10$ sur le Nymex, alors que le Brent abandonne 4%. L'once d'or évolue à 1.715$, en retrait de 0,5%. Les prix du pétrole rechutent, alors que les réductions de production décidées pourraient ne pas être suffisantes pour compenser l'effondrement de la demande dû à l'épidémie et à la crise économique. La capacité américaine de stockage serait presque saturée.

Les mesures supplémentaires de relance annoncées par la Banque du Japon soutenaient hier les marchés, alors que la semaine sera par ailleurs chargée au niveau international du point de vue monétaire. La Banque du Japon a ainsi renforcé son soutien en majorant le montant maximal d'obligations d'entreprises et de billets de trésorerie qu'elle s'engage à acquérir de 7.000 à 20.000 milliards de yens. Elle renonce par ailleurs au plafond d'achats annuel de 80.000 milliards de yens portant sur les achats d'obligations souveraines. La Fed et la Banque centrale européenne (BCE) tiennent aussi leurs réunions cette semaine. Elles ont déjà réagi vigoureusement à la crise par des injections massives de liquidités.

Sur le front économique ce jour aux USA, la balance du commerce international de biens pour le mois de mars sera publiée à 14h30 (consensus 55 Mds$ de déficit). L'indice S&P Corelogic Case-Shiller des prix américains de l'immobilier pour le mois de février sera communiqué à 15 heures (consensus +0,4% pour l'indice 20-city ajusté des variations saisonnières, en comparaison du mois antérieur). L'indice de confiance des consommateurs américains du Conference Board pour le mois d'avril sera révélé à 16 heures (consensus 90). L'indice manufacturier de la Fed de Richmond pour avril sera connu à la même heure (consensus -38).

La réunion de la Fed débute ce jour et se termine demain mercredi. Le communiqué monétaire de la Fed et la conférence de Jerome Powell sont attendus demain soir (20h et 20h30). Les taux ne peuvent guère aller plus bas, puisque la Banque centrale américaine a déjà ramené son taux des fonds fédéraux entre zéro et 0,25% mi-mars face à la brutalité de la crise. La Fed pourrait adopter un ton encore plus alarmiste cette semaine en relevant les conditions économiques actuellement extrêmement dégradées. La décision monétaire de la BCE sera quant à elle dévoilée jeudi à 13h45, avant la conférence de presse de Christine Lagarde à 14h30.

Les marchés espèrent que la BCE amplifiera encore son soutien à l'économie, mais n'attendent pas de décisions spectaculaires de la Fed, qui a adopté ces dernières semaines de très nombreuses mesures face à la crise provoquée par la pandémie. Toutefois, les investisseurs seront très attentifs aux nouvelles prévisions économiques de la Fed, qui devrait apporter un éclairage sur sa vision des conditions économiques extrêmement dégradées.

Concernant l'épidémie cette fois, le nombre de morts aux États-Unis liés au coronavirus pourrait dépasser les 74.000 en août, selon le modèle prédictif de l'Université de Washington.

Le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, a évoqué avant-hier dimanche une réouverture progressive de l'État durant la seconde moitié du mois de mai. La construction et la production manufacturière seront les premières industries autorisées à rouvrir, alors que d'autres suivront en temps voulu. L'État de Géorgie procède déjà à un déconfinement progressif depuis vendredi, rouvrant ses commerces non essentiels. La décision encouragée par son gouverneur, le républicain Brian Kemp, a été critiquée par les experts... et même par Donald Trump. Oklahoma, Caroline du Sud, Alaska, Montana, Minnesota, Colorado, Tennessee et Mississippi, entendent également autoriser une reprise de l'activité et une levée, au moins partielle, des mesures de confinement.

Le conseiller économique de la Maison blanche, Kevin Hassett, a déclaré aux journalistes hier dimanche que le taux américain de chômage atteindrait probablement 16% ou plus en avril.

La Bourse de New York a débuté la semaine en terrain positif, les marchés anticipant la réouverture progressive de l'économie mondiale après la levée des mesures de confinement prises pour lutter contre la propagation du coronavirus Covid-19. Les cours du pétrole sont toutefois repartis en nette baisse lundi, sur fond de demande déprimée et de stocks pléthoriques.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 1,51% à 24.133 points, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 1,47% à 2.878 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a avancé de 1,11% à 8.730 pts. Les 11 indices sectoriels du S&P 500 ont participé à la hausse, à commencer par les financières et l'immobilier, qui ont rebondi respectivement de 3,6% et de 3%.

La semaine dernière, les trois indices américains avaient reculé, le DJIA cédant 1,9% sur 5 séances, le S&P 500 baissant de 1,3% et le Nasdaq limitant les dégâts (-0,40%).

Sur les marchés pétroliers, les cours ont replongé hier lundi après une tentative de rebond en fin de semaine dernière. Le baril de brut léger américain (WTI) pour livraison juin a dégringolé de 24,6% à 12,78$ le baril sur le Nymex, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord de même échéance a cédé 6,7% à 19,99$. Le plongeon du WTI a été accentué par des ventes par le fonds coté (ETF) pétrolier, United States Oil Fund, qui s'est allégé sur le contrat de juin afin de reporter ses paris sur des échéances plus lointaines notamment celle de juillet. Le contrat de juillet sur le WTI a ainsi fini lundi à 18,08$ le baril, en baisse de 14,7%.

Il y a une semaine, le 20 avril, le pétrole a vécu une séance historique, le contrat à terme de mai sur le WTI (qui est arrivé à échéance le 21 avril) dégringolant en terrain négatif à -37,63$ le baril. Une situation sans précédent qui témoignait d'une absence de demande pour l'or noir dans un contexte de crise du Covid-19 et alors que les capacités mondiales de stockage de l'or noir sont proches de la saturation. L'Opep+ a certes prévu de réduire sa production de près de 10 millions de barils par jour à partir de mai, mais les investisseurs jugent cette mesure très insuffisante dans un contexte de récession mondiale.

Les marchés financiers continuent de réagir positivement au ralentissement de la pandémie de Covid-19 et aux préparatifs de levée des mesures de restriction aux Etats-Unis et en Europe. Si le nombre de décès, de nouveaux cas et d'hospitalisations continuent de baisser dans un certain nombre de pays (Italie, Espagne, France, Etat de New York...), un débat est né sur les bilans officiels qui seraient sous-estimés dans de nombreux pays.

Ainsi, les décomptes officiels pourraient minorer le bilan humain de la pandémie de 60%, selon les calculs présentés dimanche par le 'Financial Times'. Ainsi, le bilan de 201.000 morts selon les comptes officiels serait en réalité de l'ordre de 318.000 en comptant l'ensemble des décès du Covid-19, y compris dans les Ehpad et à domicile, qui sont souvent exclus des statistiques officielles.

Lundi soir, le nombre officiel de cas de Covid-19 a dépassé les 3 millions dans le monde et le nombre de morts a dépassé 208.000, selon le décompte de l'université américaine Johns Hopkins. Aux Etats-Unis, il y a désormais près de 973.000 cas et plus de 55.000 décès.

Ces tristes bilans semblent cependant digérés par les Bourses mondiales, qui tentent de se concentrer sur les espoirs de sortie crise et scrutent les résultats d'entreprises du 1er trimestre et les commentaires des directions de sociétés sur leur avenir dans le contexte actuel de pandémie. Cette semaine sera chargée en annonces d'entreprises et parmi les plus attendues figurent celles d'Alphabet, Caterpillar, 3M, Ford Motor (mardi), Microsoft, Facebook, Boeing, Tesla, General Electric et Northrop Grumman (mercredi), Apple, Amazon et Dow (jeudi), ainsi que Honeywell International (vendredi).

3M, Ford, Merck, Starbucks, Xerox, Harley-Davidson, Omnicom et Juniper, comptent parmi les publications financières du jour à Wall Street.

Alors que 24% des sociétés du S&P 500 ont déjà publié leurs comptes du 1er trimestre, les bénéfices du S&P 500 sont attendus en recul de 15,8% par rapport au 1er trimestre 2019, selon le consensus du cabinet Factset. Il s'agit de la pire performance depuis le 2e trimestre 2009 (-26,9%) en pleine crise financières des crédits "subprimes".

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