Wall Street cède aux prises de profits, Nike glisse

Wall Street cède aux prises de profits, Nike glisse
Traders du New York Stock Exchange, février 2019.
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Boursier.com, publié le vendredi 22 mars 2019 à 10h26

Les marchés américains temporisent avant bourse ce vendredi, affectés notamment par la chute de Nike. Hier soir, Wall Street avait terminé la journée en vive hausse (+0,84% sur le DJIA et +1,42% sur le Nasdaq), saluant la souplesse monétaire de la Fed. Les négociations commerciales entre Washington et Pékin avaient ainsi été reléguées au second plan...

Avant bourse ce vendredi, le DJIA et le S&P500 corrigent de 0,5% environ, alors que le Nasdaq rend 0,4%.

Le S&P500 et la Nasdaq étaient revenus hier sur leurs plus hauts niveaux en 5 mois. Apple s'était distingué hier sur un gain de 3,7% en clôture, aidé par plusieurs courtiers, à l'approche de sa keynote du 25 mars - qui devrait être l'occasion pour le groupe à la pomme de dévoiler son tant attendu service de streaming vidéo. En séance hier , le géant des smartphones avait même repris la place de première capitalisation boursière mondiale, mais à la clôture, Microsoft (+2,3%) était parvenu à la lui reprendre in extremis. Le fabricant de puces de mémoire Micron Technology avait dopé pour sa part le secteur hier, après la publication de trimestriels supérieurs aux attentes.

Les cours du pétrole font une pause depuis hier, après avoir abordé des plus hauts de 4 mois. Le contrat à terme de mai sur le brut léger américain WTI a cédé 0,4% hier, et perd encore 0,6% ce vendredi à 59,6$ le baril sur le Nymex.

Sur le marché des changes, l'indice dollar, qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de devises de référence, grappille encore 0,2% ce vendredi à 96,7.

Sur le marché obligataire américain, le rendement du '10 ans' (bon du Trésor) américain revient à 2,50%, proche de son plus bas niveau depuis un an. Ce taux avait dépassé les 3% à l'automne 2018 lorsque la Fed envisageait encore de remonter ses taux par trois fois en 2019. Cette perspective est désormais écartée, puisque le banque centrale américaine a fait savoir mercredi qu'elle n'avait plus l'intention de relever ses taux directeurs en 2019. Elle n'envisage d'ailleurs qu'un seul tour de vis en 2020. La Fed a comme prévu maintenu mercredi son taux des fed funds dans une fourchette de 2,25% à 2,5%, et a révisé en baisse son objectif de fin d'année à 2,4%. En outre, la Fed a indiqué mercredi qu'elle mettrait fin en septembre à son programme de réduction du bilan.

Sur le front commercial, malgré les tensions évoquées ces derniers jours, les négociations se poursuivent entre Washington et Pékin. Le ministère chinois du commerce a indiqué jeudi que la délégation américaine menée par Robert Lighthizer, le représentant au commerce, et Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, se rendrait à nouveau en Chine les 28 et 29 mars pour une nouvelle série de pourparlers. Le vice-Premier ministre Liu He, responsable des négociations côté chinois, se rendra aux Etats-Unis début avril, a précisé Pékin.

Les discussions ont patiné ces derniers jours en raison de la volonté de Pékin d'obtenir une levée des droits de douane sur ses exportations dès la signature de l'accord, ce que refuse Washington. L'administration Trump désire en effet s'assurer que la Chine mettra bien en oeuvre les dispositions, notamment concernant le respect de la propriété intellectuelle. Trump a ainsi affirmé mercredi que les droits de douane sur environ 250 milliards de dollars de produits chinois pourraient être maintenus pour une durée "considérable"... "Ils ont eu beaucoup de problèmes à respecter certains engagements" par le passé, a indiqué le président américain à la presse à propos des autorités chinoises.

Sur le front économique aux États-Unis ce vendredi, l'indice flash PMI composite du mois de mars 2019 sera communiqué à 14h45 (consensus 55,2, avec un indice manufacturier de 53,5 et un indice des services anticipé à 56).

Les chiffres des reventes de logements existants du mois de février seront communiqués à 15 heures (consensus au rythme de 5,1 millions d'unités).

Les stocks et ventes de grossistes pour le mois de janvier seront révélés à la même heure (consensus +0,1% pour les stocks, en comparaison du mois antérieur).

Enfin, la balance budgétaire du mois de février sera connue à 19h (consensus 227 milliards de dollars de déficit).

Nike perd plus de 4% avant bourse à Wall Street. Les chiffres publiés hier soir, après la clôture, ont un peu déçu. Pourtant, au troisième trimestre fiscal, le bénéfice du géant américain des équipements sportifs a atteint 1,1 milliard de dollars, soit 68 cents par action, supérieur au consensus qui était placé à 64 cents. Pendant la même période 2018, le groupe avait enregistré une perte de 921 millions de dollars (57 cents par action). Les revenus ont totalisé 9,6 milliards de dollars sur le trimestre, conformes aux attentes, et en hausse de 7% par rapport à la même période l'an passé (9 Mds$).

Les ventes du groupe aux Etats-Unis ont quelque peu déçu, avec une hausse de 7% hors effets de change, là où les analystes attendaient plutôt 10% de croissance par rapport à l'an passé. Dans la zone Europe-Moyen-Orient-Afrique, les ventes de Nike ont monté de 12% hors variations de change et en Chine, elles ont bondi de 24%. En Asie-Pacifique et en Amérique Latine, elles ont aussi fortement progressé, de l'ordre de 14%.

Levi Strauss s'est envolé de 32% à 22,4$ pour son introduction sur le New York Stock Exchange hier jeudi, dans un marché extrêmement animé. Rappelons que le prix d'introduction était fixé au-dessus du haut de la fourchette indicative, à 17$ pièce. Le fabricant de jeans a annoncé mercredi avoir placé pour 623 millions de dollars de titres dans le cadre de son 'IPO' (introduction en bourse). Ainsi, la valorisation de l'affaire s'établissait sur ces bases à 6,6 milliards de dollars. A la clôture, compte-tenu de la hausse du cours, la valorisation approchait jeudi soir les 9 milliards de dollars, à 8,7 Mds$.

Sur le montant total de la levée de fonds, 161 millions de dollars concernent l'émission d'actions nouvelles, tandis que 462 millions de dollars correspondent à des cessions d'actionnaires historiques. Les produits de l'opération doivent servir notamment au développement de la gamme, a affirmé le groupe contrôlé par la famille héritière (Haas). Levi Strauss était sorti de la cote en 1985 à l'initiative des héritiers du groupe. La marque légendaire de blue-jeans avait donc quitté le marché boursier américain il y a plus de trois décennies.

Boeing. Les deux catastrophes ayant impliqué un B737 MAX en moins de six mois risquent de peser lourd dans le carnet de commandes. Alors que Lion Air, un des principaux clients du best-seller de Boeing et client de lancement du 737 Max9, a déjà suspendu la livraison de 4 avions prévue cette année et pourrait annuler plusieurs milliards de dollars de contrats, Garuda Indonesia a indiqué avoir demandé l'annulation de sa commande de 49 avions 737 MAX. La compagnie aérienne nationale indonésienne a toutefois précisé qu'elle pourrait acquérir à la place d'autres modèles de Boeing. Les livraisons de 737 MAX sont pour le moment bloquées alors que l'avion est interdit de vol dans tous les pays où il opère normalement. Boeing poursuit néanmoins la production de l'appareil...

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