Wall Street consolide, après le discours sur l'Etat de l'Union

Wall Street consolide, après le discours sur l'Etat de l'Union
Deux traders inquiets sur le floor du NYSE à New York.

Boursier.com, publié le mercredi 06 février 2019 à 12h16

La cote américaine est attendue dans le rouge avant bourse ce mercredi, cédant aux prises de bénéfices après un discours sur l'Etat de l'Union de Donald Trump qui n'a finalement pas révélé de grande surprise hier soir. En clôture hier, le DJIA avait pris encore 0,68% et le Nasdaq 0,74%. En pré-séance ce jour, le S&P500 cède 0,2% et le Nasdaq 0,1%.

Sur le marché des changes, l'indice dollar, reflétant les évolutions du billet vert face à un panier de devises de référence, prend actuellement 0,1% à 96,1. Sur le segment des matières premières, le baril de brut WTI régresse de 1% à 53,1$, alors que le baril de Brent de la mer du Nord corrige de 0,9% à 61,4$.

Le président américain a donc prononcé hier soir devant le Congrès son discours sur l'Etat de l'Union, durant lequel il a assez longuement disserté au sujet de son projet de mur à la frontière avec le Mexique. Ce discours intervenait suite à la levée provisoire d'un 'shutdown' historique de 35 jours ayant bloqué partiellement l'administration américaine. Le leader de la Maison Blanche a donc accepté la réouverture provisoire des administrations fédérales sans l'obtention de son financement de 5,7 milliards de dollars, réclamé pour l'érection d'un mur ou d'une barrière à la frontière sud. Le président américain a de nouveau agité hier soir la menace d'un retour au shutdown, en cas d'échec des négociations en vue d'un accord sur la sécurité à la frontière mexicaine d'ici au 15 février.

En attendant, le dirigeant américain a décidé de déployer 3.750 soldats supplémentaires à la frontière, prêt à mettre en place un "mur humain" si nécessaire, comme il l'avait promis sur Twitter. Il entend ainsi mener une "phénoménale offensive" contre les caravanes de migrants, sans oublier évidemment son idée de mur. "Je le ferai construire", s'est ainsi engagé encore le président US.

Trump a abordé par ailleurs de multiples sujets. Il rencontrera son homologue nord-coréen Kim Jong-un les 27 et 28 février au Vietnam... Il s'est montré prudent au sujet des négociations commerciales avec la Chine, dénonçant les pratiques de Pékin. Il juge toutefois toujours qu'un accord devrait être conclu, permettant de mettre un terme à des pratiques jugées injustes et réduisant le déficit commercial entre USA et Chine. Cet accord devrait enfin protéger les emplois des Américains espère Trump, en pleine trêve de la guerre commerciale. Pour le leader américain, tout accord avec la Chine devrait comprendre de réels changements structurels pour mettre fin aux 'pratiques injustes'.

Un nouveau volet de négociations débutera la semaine prochaine à Pékin, entre responsables américains et chinois. L'échéance reste celle du 2 mars pour conclure un accord, avant l'implémentation des hausses de prélèvements douaniers sur des dizaines de milliards de dollars de marchandises supplémentaires provenant de Chine.

Le président américain a insisté sur la nécessité d'une législation renforçant l'infrastructure vieillissante de la nation, sans toutefois se montrer trop spécifique ou précis concernant les détails ou le coût d'un tel projet.

Sur le front économique ce mercredi, la balance du commerce international pour le mois de novembre sera communiquée à 14h30 (consensus 54 Mds$ de déficit). Les chiffres de la productivité et des coûts (préliminaires) pour le quatrième trimestre seront annoncés à la même heure (consensus +1,6% pour la productivité non-agricole en comparaison du trimestre antérieur, +1,7% pour les coûts unitaires du travail).

Le rapport hebdomadaire du Département à l'énergie concernant les stocks pétroliers domestiques, pour la semaine close au 1er février, sera connu à 16h30 (consensus +1,3 million de barils sur les stocks de brut).

Enfin, le président de la Fed Jerome Powell interviendra dans la soirée, à Washington.

Du côté des publications trimestrielles, qui se poursuivent activement, Boston Scientific, Cognizant, First Data, General Motors, GlaxoSmithKline, Humana, Eli Lilly, Travelzoo et Spotify, publient notamment avant bourse. Zynga, Prudential, MetLife et Match Group, annonceront après bourse... Hier soir, les comptes de Disney n'ont pas déçu, alors que le colosse des jeux vidéo Electronic Arts a en revanche revu en baisse ses perspectives.

Walt Disney a annoncé hier soir ses résultats du premier trimestre fiscal. Les revenus s'élèvent à 15,30 Mds$, contre 15,35 Mds$ un an plus tôt. Les bénéfices s'affichent à 2,79 Mds$ (1,86$ par action), contre 4,22 Mds$ (2,91$ par action) un an avant. En base ajustée, le bpa ressort à 1,84$, contre 1,89$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bénéfice par action de 1,55$, pour des revenus de 15,2 Mds$. Les revenus de la branche "Parks, Experiences & Consumer Products" montent de 5% à 6,82 Mds$, tandis que les revenus "Media Networks" progressent de 7%. Les revenus "Studio Entertainment" sont en revanche en baisse de 27% à 1,82 Md$.

Snap a présenté ses résultats du quatrième trimestre. Les revenus grimpent de 36% à 389,8 M$. Le nombre d'utilisateurs actifs quotidiens est de 186 millions, contre 187 millions au T4 2017 et 186 millions également au T3 2018. La perte nette ressort à 191,7 M$ (0,14$ par action), contre une perte de 349,9 M$ (0,28$ par action) un an plus tôt. En non-GAAP, la perte par action s'affiche à 0,04$, contre une perte de 0,13$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne une perte par action trimestrielle de 0,08$, pour des revenus de 376 M$ et 184 millions d'utilisateurs quotidiens. Sur le premier trimestre 2019, le groupe vise des revenus compris entre 285 et 310 M$ (soit une croissance entre 24 et 34% en glissement annuel).

Anadarko Petroleum a publié ses résultats du quatrième trimestre. Les bénéfices sont de 102 M$ (0,21$ par action), contre 976 M$ (1,80$ par action) un an plus tôt. En base ajustée, le bpa ressort à 0,38$, contre 0,18$ un an avant. Les revenus s'élèvent à 3,35 Mds$, contre 2,93 Mds$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,61$, pour des revenus de 3,3 Mds$.

Electronic Arts a dévoilé ses résultats du troisième trimestre fiscal 2019. Les bénéfices sont de 262 M$ (0,86$ par action), contre une perte de 186 M$ (0,60$ par action) un an plus tôt. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 2,08$. Les revenus s'élèvent à 1,29 Md$, contre 1,16 Md$ un an avant. Les réservations s'affichent à 1,61 Md$, contre 1,97 Md$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,94$, pour des réservations de 1,76 Md$. Sur l'exercice 2019, le groupe vise désormais des revenus d'environ 4,875 Mds$, pour un bénéfice par action de 3,20$ et des réservations de 4,75 Mds$. EA visait jusqu'ici, sur l'exercice, des revenus de 5,15 Mds$, un bénéfice par action de 3,11$ et des réservations de 5,2 Mds$. Le jeu 'Battlefield V' s'est écoulé à moins d'unités que prévu. L'éditeur de jeux vidéo évoque notamment un environnement concurrentiel "difficile".

Apple a annoncé le départ, effectif en avril prochain, d'Angela Ahrendts, la vice-présidente senior chargée des boutiques Apple et des ventes en ligne depuis le 1er mai 2014. Elle sera remplacée par Deirdre O'Brien, actuelle responsable des ressources humaines (depuis juillet 2017) et présente au sein du groupe depuis une trentaine d'années. Apple explique qu'Angela Ahrendts s'oriente vers de nouvelles aventures personnelles et professionnelles. Deirdre O'Brien deviendra ainsi 'senior vice president of Retail + People' au sein de la firme de Cupertino.

GoPro publiera ce soir, après la clôture de Wall Street, ses résultats du quatrième trimestre. Les analystes anticipent en moyenne un bénéfice par action de 0,25$, pour des revenus de 369 M$. Un an avant, sur la même période, le groupe avait enregistré une perte par action de 0,30$, et des revenus de 335 M$.

Tesla. Il aura fallu le temps, mais Elon Musk, le directeur général de Tesla, vient enfin de dévoiler un prix de départ de 35.000$ sur le Model 3, à quelques nuances près toutefois. Sur Twitter, le patron du concepteur de véhicules électriques explique ainsi que ce modèle - initialement prévu pour s'attaquer au marché de masse mais proposé tout d'abord à des tarifs plus élevés que prévu - affichera désormais un coût de départ de 35.000$ (après 8.000$ environ d'avantages fiscaux et d'économies de carburant) aux Etats-Unis.

Concrètement, le groupe californien abaisse les prix du Model 3 pour la seconde fois en un mois. La réduction est d'environ 1.100$, évalue Reuters. L'agence estime que cet ajustement ramènera le prix de la version d'entrée de gamme de la berline électrique de Tesla à 42.900$. Musk, en bon vendeur, a donc quelque peu enjolivé la réalité dans son tweet, mais le progrès est notable et le groupe affiche donc sa volonté de proposer des prix enfin plus abordables pour adresser un plus large marché.

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