Wall Street consolide, Intel pèse

Wall Street consolide, Intel pèse
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Boursier.com, publié le vendredi 24 avril 2020 à 10h06

Wall Street perd du terrain avant bourse ce vendredi, le S&P500 rendant 0,2% et le Nasdaq 0,4%, contre un recul de 0,1% de l'indice historique Dow Jones. La prudence prévaut en cette fin de semaine, alors que les prix du pétrole tentent de se stabiliser après des séances mouvementées, en forte baisse puis en vive hausse. Le baril de brut WTI gagne 1% actuellement à 16,7$ sur le Nymex. L'once d'or évolue peu à 1.749$.

Intel chutait de 6% après bourse hier, suite à une publication financière peu appréciée. American Express, AutoNation, Freeport-McMoRan, Verizon et Barnes, publieront leurs comptes trimestriels ce jour.

Sur le front économique outre-Atlantique, les commandes de biens durables du mois de mars 2020 seront dévoilées à 14h30 (consensus -11,7% en comparaison du mois antérieur, -5% hors transport). L'indice final du sentiment des consommateurs américains pour le mois d'avril, mesuré par l'Université du Michigan, sera annoncé à 16 heures (consensus 68, contre une lecture préliminaire déjà très faible de 71). Une fois encore, les statistiques du jour devraient donc refléter la chute de l'économique américaine consécutive à la pandémie.

Le coronavirus a fait désormais plus de 48.000 morts aux Etats-Unis, avec une moyenne d'environ 2.000 par jour selon Reuters. Le nombre des cas de contamination serait voisin de 850.000, avec une augmentation de plus de 30.000 annoncée hier pour la journée de mercredi. Le nombre de nouveaux cas et de décès continue de baisser, notamment à New York, l'épicentre américain de l'épidémie. Dans le monde, plus de 2,68 millions de cas ont été officiellement recensés et plus de 187.000 personnes sont décédées du coronavirus, selon le décompte de l'université américaine Johns Hopkins.

Les craintes sanitaires et économiques persistent donc et pèsent sur les marchés. Hier, Wall Street a raté sa hausse après une annonce décevante concernant un potentiel vaccin de Gilead Sciences contre le coronavirus. Le Financial Times a indiqué qu'un essai chinois a déterminé que le remdesivir de Gilead n'avait pas amélioré l'état des patients ni réduit la présence de l'agent pathogène dans leur sang. Gilead a jugé pour sa part que l'étude en question s'était terminée prématurément et n'était donc pas concluante.

L'indice SSE composite chinois a terminé ce matin en retrait de 1,06% à 2.808 pts. La Banque populaire de Chine (BPC) a baissé son taux d'intérêt à un an de la facilité de crédit ciblée à moyen terme (TMLF), nouvelle mesure destinée à limiter les coûts de financement et soutenir ainsi l'économie face au coronavirus.

Hier jeudi, les dirigeants européens se sont accordés pour la mise en place d'un fonds d'urgence d'environ 1.000 milliards d'euros, destiné à faire face aux répercussions économiques du virus. Les décisions sur les diverses pierres d'achoppement ont été repoussées comme prévu à l'été. Hier, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a averti les dirigeants de la région que la production économique pourrait diminuer de 15% cette année et a mis en garde contre le risque "d'agir trop peu, trop tard" face à cet impact économique de la pandémie de Covid-19.

Après un gain d'environ 1,5% en début de journée, la Bourse de New York a fini jeudi proche de l'équilibre, malgré les nouveaux plans de relance envisagés des deux côtés de l'Atlantique pour faire face à la récession provoquée par la crise du coronavirus. Le pétrole a poursuivi hier son rebond après son effondrement du début de la semaine.

A la clôture, l'indice Dow Jones a avancé de 0,17% à 23.515 points, tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 0,05% à 2.797 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a fini proche de l'équilibre (-0,01%) à 8.494 pts.

L'avancée des indices s'est nettement réduite en fin de séance, après des informations faisant état de résultats décevants de l'antiviral remdesivir de Gilead Sciences (-4,3%) dans la lutte contre le coronavirus Covid-19... La semaine dernière, une étude préliminaire avait à l'inverse fait état de résultats prometteurs d'essais cliniques de cette même molécule sur des patients américains... Mais jeudi soir, le 'Financial Times' a évoqué l'échec d'un essai clinique, en citant un "document de travail provisoire publié accidentellement" par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé)...

Les marchés boursiers sont restés relativement stoïques face à l'annonce d'un nouveau bond du chômage la semaine dernière aux Etats-Unis, tandis que les indices PMI d'activité se sont effondrés des deux côtés de l'Atlantique. Ces données sont toutefois désormais intégrées dans les esprits des investisseurs et au moins en partie dans les cours de Bourse... Les marchés préfèrent pour l'instant se projeter vers l'avenir et les espoirs de sortie de crise, avec un début de déconfinement en cours en Europe et aux Etats-Unis. Le nombre de nouveaux cas de Covid-19 admis dans les hôpitaux continue de diminuer, ainsi que le nombre de décès, même si ce reflux est progressif et variable selon les régions et les pays...

A Washington, la chambre des représentants a adopté hier soir une rallonge de plus de 480 milliards de dollars pour soutenir les PME en difficulté et les hôpitaux américains face à la crise du coronavirus. Le texte, issu d'un compromis bipartisan, avait déjà été voté mardi par le Sénat.

Ce nouveau plan - le 4e acte législatif depuis le début de la crise du coronavirus -, complète le "CARES Act" de 2.200 milliards de dollars adopté fin mars. Dans le détail, le nouveau dispositif prévoit de consacrer 320 Mds$ supplémentaires au programme "PPP" qui assure le paiement des salaires des entreprises sinistrées, plus 60 Mds$ à un programme parallèle de crédit aux PME en état de catastrophe, ainsi que 75 Mds$ pour les hôpitaux et 25 Mds$ pour des programmes fédéraux de tests de dépistage du coronavirus.

L'hyper-volatilité se poursuit sur les marchés pétroliers, où les cours s'envolaient jeudi pour la 2e séance, après leur effondrement en terrain négatif lundi... Le rebond est favorisé par un regain de tension entre les Etats-Unis et l'Iran, Donald Trump ayant menacé mercredi Téhéran de détruire les navires iraniens susceptibles de "harceler" ceux des Etats-Unis dans le Golfe.

Sur le marché Nymex, le contrat à terme de juin sur le brut léger américain WTI a flambé jeudi de 19,7% pour terminer à 16,50$ le baril (après un bond de 19% mercredi). Le Brent de la mer du nord pour livraison en juin a bondi de son côté de 4,7% à 21,33$ le baril (après +5,4% mercredi). Les cours des deux variétés de pétrole restent toutefois très déprimés, à leurs plus bas niveaux depuis mars 1999, il y a 21 ans, pour le WTI, et depuis février 2002 pour le Brent. Lundi, le cours du contrat à terme de mai sur le WTI (qui est arrivé à échéance depuis mardi) avait dégringolé en terrain négatif à -37,63$ le baril, une première historique... Cette anomalie témoignait de la panique des opérateurs face à une saturation des capacités de stockage de pétrole dans le monde, alors que l'offre reste pléthorique et que la demande a chuté de plus de 30% depuis le début de la crise du Covid-19.

Les valeurs

Intel a publié jeudi soir des résultats supérieurs aux attentes au 1er trimestre, mais la crise du coronavirus devrait faire souffrir le fabricant américain de microprocesseurs pendant le reste de l'année 2020...

Le bénéfice net du groupe a atteint 5,66 milliards de dollars au 1er trimestre (1,31$ par action) contre 3,97 Mds$ un an plus tôt (0,87$ par action), un bond de 42%. En données ajustées des éléments non récurrents, le bénéfice net par action ressort à 1,45$ contre 0,89$ un an plus tôt, et 1,28$ anticipé par le consensus compilé par le cabinet FactSet. Le chiffre d'affaires a bondi de près de 23% pour s'établir à 19,8 Mds$ contre 16,06 Mds$ un an plus tôt et 18,67 Mds$ attendu par les analystes.

Comme les analystes s'y attendaient, le groupe a bénéficié à court terme de la crise du coronavirus, qui a fait augmenter la demande de processeurs pour ordinateurs portables et serveurs de centres de données. Les entreprises ont en effet musclé leurs ressources informatiques pour gérer l'essor du télétravail lié aux mesures de restrictions mises en place pour lutter contre la pandémie.

Toutefois, ce surcroît de demande ne devait pas être durable, si l'on en croit les prévision d'Intel. Le groupe a, comme beaucoup d'autres entreprises, suspendu sa guidance pour l'ensemble de l'exercice 2020. Il a cependant fait les prévisions suivantes pour le 2e trimestre : un bpa ajusté de 1,10$ et des ventes de l'ordre de 18,5 Mds$. Les analystes s'attendaient à un bpa de 1,20$ et à des ventes de 17,79 Mds$. Pour la suite, le groupe dit s'attendre à une faible demande de la part des entreprises comme des pouvoirs publics au second semestre 2020.

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