Wall Street consolide prudemment

Wall Street consolide prudemment
Traders portant des masques sur le floor du New York Stock Exchange.

Boursier.com, publié le jeudi 06 août 2020 à 12h55

Wall Street fléchit prudemment avant bourse ce jeudi, le DJIA abandonnant 0,1% et le S&P500 0,1% également, contre un recul de 0,2% du Nasdaq. Le baril de brut WTI cède 1% à 41,8$ sur le Nymex. L'once d'or grimpe en revanche de 0,6% à 2.048$. Les places mondiales restent hésitantes, après des annonces peu réjouissantes de la Banque d'Angleterre, et sur fond d'incertitudes concernant le tant attendu plan de relance américain.

Dans l'actualité économique outre-Atlantique, le rapport Challenger sur les destructions de postes annoncées au mois de juillet sera communiqué à 13h30, alors que les inscriptions au chômage pour la semaine close au 1er août seront connues à 14h30 (consensus 1,442 million pour les inscriptions nouvelles).

Les opérateurs restent sur la défensive, alors que démocrates et républicains peinent à conclure un accord après plusieurs jours de négociations du Congrès sur le plan de relance. Des divergences persistent notamment sur l'indemnisation des dizaines de millions d'Américains au chômage du fait de la crise sanitaire actuelle.

Le conflit sino-américain préoccupe également. Il faut dire que les Etats-Unis exigent désormais que les applications chinoises jugées non fiables soient tout simplement retirées des 'App Stores' des utilisateurs américains de smartphones. C'est du moins ce qu'a affirmé le secrétaire d'Etat Mike Pompeo. Rappelons que les Etats-Unis entendaient déjà prendre des mesures concernant plusieurs applications chinoises, dont TikTok, du fait des risques pour la sécurité nationale. Trump a donné 45 jours à l'application TikTok pour vendre ses activités US, sous peine de les interdire le 15 septembre.

La pandémie du nouveau coronavirus ne faiblit pas à l'échelle mondiale. Selon l'Université Johns Hopkins, qui fait référence en la matière, le nombre des cas confirmés dans le monde depuis l'émergence du virus s'élève désormais à 18,84 millions, dont 4,82 millions aux Etats-Unis, 2,86 millions au Brésil et 1,96 million en Inde. Le virus a fait 708.278 morts dans le monde, dont 158.268 aux USA, de loin le pays le plus frappé.

Facebook a retiré hier une vidéo mise en ligne par Donald Trump, considérant qu'elle enfreignait ses règles sur la désinformation au sujet de la crise sanitaire. Twitter a masqué, pour le même motif, un message de l'équipe de campagne de Trump relayant cette vidéo, extraite d'une interview sur Fox News et dans laquelle le président américain affirme que les enfants sont "quasiment immunisés"...

Le président américain Donald Trump a assuré que la pandémie de coronavirus "s'en allait", alors que les États-Unis observent pourtant toujours des dizaines de milliers de nouveaux cas quotidiens. "Ce truc va s'en aller. Il s'en ira comme les choses s'en vont", a déclaré Trump, adepte d'une analyse fine et pointue hier mercredi, à l'occasion d'une interview téléphonique accordée à Fox News. Le locataire de la Maison blanche a par ailleurs déclaré que les États-Unis étaient "en très bonne forme", soulignant la qualité des récents indicateurs économiques.

Trump a une fois de plus estimé que les écoles devraient rouvrir, les enfants étant selon lui "presque immunisés" contre le virus, alors que les enseignants seraient "une autre histoire". Le leader américain a recommandé que les enseignants plus âgés ne retournent pas au travail tant que la pandémie ne serait pas passée.

Le président américain a souligné également les bonnes chances de trouver un vaccin et confirmé qu'il estimait possible qu'il soit disponible d'ici la fin de l'année.

Le Brésil s'est rapproché pour sa part hier du seuil des 100.000 morts provoquées par le coronavirus, faisant état de 1.437 décès en 24 heures pour un bilan de 97.256 morts depuis le début de l'épidémie. Le ministère de la Santé mentionne 57.152 cas supplémentaires. Le Brésil est le second pays le plus touché par la pandémie.

Melbourne, deuxième ville d'Australie, a entamé un nouveau confinement de six semaines. Les commerces ont ainsi été fermés dans la capitale de l'Etat de Victoria, qui compte cinq millions d'habitants. L'Australie ne recense pourtant qu'environ 20.000 cas depuis le début de l'épidémie pour 255 décès liés au Covid-19. L'Etat de Victoria comptabilise toutefois plus de 13.000 cas identifiés, ce qui représente l'essentiel des cas du pays. Sur 24 heures, l'Etat a enregistré 471 nouveaux cas et huit décès... Le nouveau confinement est entré en vigueur ce jour.

Le nombre de cas en Allemagne a grimpé à 213.067, 1.045 cas de plus que la veille, selon les données de l'Institut Robert Koch (RKI) pour les maladies infectieuses. Sept décès supplémentaires ont été signalés, pour un total de 9.175 morts depuis le début de l'épidémie.

La cote américaine poursuivait hier sa progression, le DJIA prenant 1,39% à 27.201 pts et le S&P500 0,64% à 3.327 pts. L'indice Nasdaq Composite pointait au plus haut de son histoire, sur un gain de 0,52% dans la zone inexplorée des 11.000 pts, à 10.998 pts. Les 11.000 ont même été brièvement franchis. Les opérateurs ignoraient les dernières nouvelles relatives à la crise sanitaire du nouveau coronavirus et se concentraient sur les données économiques, plutôt réconfortantes quant à elles, en dépit d'un rapport sur l'emploi privé américain peu lisible. Disney prenait 8,8%, les marchés saluant son succès dans le streaming.

Le rapport d'ADP sur l'emploi privé américain, publié deux jours avant le rapport mensuel gouvernemental sur la situation de l'emploi, a quelque peu déçu hier. Ainsi, les créations de postes dans le privé pour le mois de juillet sont ressorties au nombre de 167.000 seulement, alors que les économistes envisageaient en moyenne un niveau de... 1,89 million ! Au mois de juillet, les petites entreprises américaines ont créé 63.000 postes et les grandes entreprises 129.000, mais les entreprises de taille moyenne ont détruit en revanche 25.000 emplois.

Il faut tout de même noter que les créations d'emplois dans le privé aux Etats-Unis avaient été gigantesques durant les mois de mai (+3,34 millions de postes) et de juin (+4,31 millions d'emplois), après un mois d'avril cataclysmique sur fond de confinement (-19,41 millions d'emplois).

Le déficit commercial américain du mois de juin 2020 est ressorti à 50,7 milliards de dollars, contre un consensus de marché de 50,3 milliards et un niveau révisé à 54,8 milliards de dollars pour le mois antérieur.

L'indice PMI final des services américains du mois de juillet 2020 est ressorti à 50, ce qui signale une stabilité de l'activité. Le consensus était de 49,6, tout comme la lecture préliminaire 'flash', après une lecture de 47,9 en juin. L'indice ISM des services américains du mois de juillet est pour sa part ressorti à 58,1, ce qui traduit plutôt une nette expansion de l'activité dans le secteur des services. Le consensus était de 55 et la lecture du mois de juin de 57,1.

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