Wall Street corrige encore, après le plongeon de la veille

Wall Street corrige encore, après le plongeon de la veille
Traders travaillant sur le floor du New York Stock Exchange américain.

Boursier.com, publié le jeudi 11 octobre 2018 à 13h04

Wall Street corrige encore avant bourse ce jeudi, le S&P500 et le Nasdaq étant attendus en retrait de 0,7%. La cote américaine avait chuté hier soir dans des proportions assez impressionnantes, minée par les tensions sur les rendements obligataires, les craintes de ralentissement économique, le durcissement monétaire de la Fed, ou encore les inquiétudes persistantes relatives à la guerre commerciale.

Le rendement obligataire du '10 ans' américain se stabilise désormais à 3,17% ce jour, après avoir touché plus tôt cette semaine un plus haut depuis le mois de mai 2011. Les ventes ont pesé lourdement ces derniers jours sur les bons au Trésor US. La progression parallèle des rendements traduit l'anticipation d'une poursuite de la hausse des taux, dans le cadre d'une politique de normalisation monétaire de la Fed... Sur le marché des changes ce jour, l'euro prend 0,4% à 1,157$. Sur le Nymex, le baril de brut WTI (contrat de novembre) reperd 1,7% à 71,9$. Le baril de Brent cède pour sa part 1,9% à 81,5$.

Après une chute de plus de 800 points de l'indice Dow Jones hier soir et un plongeon des valeurs technologiques, la tendance demeure particulièrement fébrile en pré-séance ce jour. Pourtant, à en croire Donald Trump, il ne s'agirait là que d'une simple 'correction' des marchés financiers et non pas d'un krach. "En fait, c'est une correction que nous attendions depuis longtemps, mais je suis vraiment en désaccord avec ce que fait la Fed", a indiqué Trump devant les reporters en Pennsylvanie.


Lourde rechute

Wall Street a accusé hier sa plus forte 'correction' en plus de huit mois. Le DJIA est retombé hier soir de 3,15%, soit 832 points, de retour à 25.599 pts, tandis que le S&P500 a dévissé de 3,29% à 2.786 pts. Le Nasdaq Composite s'est effondré de 4,08% à 7.422 pts. La première capitalisation boursière au monde, Apple, a décroché hier de 4,6% en clôture à 216,36$. A l'échelle du groupe californien à la pomme, cela représente une baisse d'environ 50 milliards de dollars de la 'capi' ! Netflix a plongé de 8,4% hier soir, Amazon de 6,2%, Alphabet de 4,6% et Microsoft de 5,4%.


Incertitude à court terme

Les spécialistes sont relativement partagés concernant les prochaines séances. Certains évoquent une poursuite du mouvement baissier, d'autres une stabilisation ou un léger sursaut compte tenu de l'ampleur de la sanction. Le terme de correction employé par Trump traduit généralement un recul de plus de 10% en comparaison d'un plus haut. Néanmoins, on peut douter du fait que Trump ait utilisé l'expression dans ce sens.


Trump pense que la Fed a perdu la raison

Le Président américain s'en est encore pris à la Fed, qui relève les taux trop rapidement à son goût. "Je pense que la Fed fait une erreur. Ils sont tellement durs. Je pense que la Fed est devenue folle", a même lancé Trump devant les journalistes, alors que la Banque centrale américaine, désormais dirigée par Jerome Powell, s'apprête à remonter ses taux pour la quatrième fois de l'année le 19 décembre. Il était extrêmement rare, jusqu'à l'élection de Trump, qu'un président américain critique ouvertement la Fed, supposée être indépendante.

Le leader américain avait précédemment confirmé sa position, avant-hier devant les journalistes, à la Maison Blanche, affirmant que la Banque centrale irait trop vite. "Je n'aime pas cela", avait insisté Trump. "Je pense que nous n'avons pas à procéder aussi vite", expliquait le Président américain. "J'aime les taux d'intérêt bas", avait-t-il résumé, peu préoccupé par l'inflation.


Christine Lagarde défend la Fed

En revanche, Christine Lagarde, directrice du Fonds Monétaire International (FMI), a tenu de son côté à défendre la Fed américaine. Lagarde juge que le relèvement des taux est un développement nécessaire compte tenu de la forte croissance de l'économie aux États-Unis. Ainsi, la dirigeante du FMI a jugé les décisions de la Banque centrale américaine légitimes, nécessaires et inévitables.


La Fed devrait poursuivre la hausse des taux

Pour l'heure, le taux des fonds fédéraux est logé entre 2 et 2,25%. Un statu quo monétaire est attendu le 8 novembre, à l'issue de la prochaine réunion. La Fed procèderait ensuite à un tour de vis d'un quart de point le 19 décembre (probabilité de 76,4% d'un taux logé entre 2,25 et 2,50% selon FedWatch - CME Group). La hausse de taux suivante pourrait intervenir le 20 mars 2019 (probabilité de 48,7% d'un taux allant de 2,50 à 2,75%).


La Fed et son double mandat

D'un strict point de vue factuel, on ne peut pas dire que la Fed ne fasse pas son travail ou qu'elle soit devenue 'folle' comme l'affirme Trump. Son double mandat est en effet de veiller à une inflation contenue (stabilité des prix) et un chômage bas (haut niveau d'emploi / plein emploi). Pour l'heure, l'inflation est très proche de son objectif de 2% et le taux de chômage américain est au plus bas d'une quarantaine d'années - Trump s'attribuant toutefois le mérite de cette dernière statistique.


Escalade de la guerre commerciale

Donald Trump a balayé mardi les espoirs d'un accord commercial à court terme avec la Chine. Ainsi, Trump juge que Pékin n'est toujours pas prêt à conclure un accord. S'exprimant à la Maison Blanche, devant les journalistes, le Président américain a confirmé sa menace antérieure de taxer la quasi-totalité des importations chinoises. Le leader américain envisage donc des taxes douanières additionnelles portant sur 267 milliards de dollars d'importations chinoises ! "La Chine veut conclure un accord, mais je dis qu'ils ne sont pas encore prêts", a lancé Trump, qui dit avoir annulé plusieurs rencontres.

Rappelons que les USA avaient imposé le mois dernier des prélèvements douaniers supplémentaires portant sur 200 milliards de dollars de produits chinois importés. Ces nouveaux droits de douane seront de 10% dans un premier temps pour monter ensuite à 25% d'ici la fin de l'année, avait indiqué en septembre l'administration Trump. La Chine avait riposté, à son échelle, en dévoilant des taxes additionnelles sur 60 Mds$ de produits américains importés. Les deux pays s'étaient auparavant infligés des taxes réciproques sur 50 autres milliards de produits.


Programme économique chargé

Sur le front économique aux Etats-Unis ce jeudi, l'indice des prix à la consommation du mois de septembre 2018 sera communiqué à 14h30 (consensus +0,2% en comparaison du mois antérieur, +0,2% hors alimentaire et énergie - soit +2,4% et +2,3% en glissement annuel).

Les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 6 octobre seront connues à la même heure (consensus 207.000).

Le rapport hebdomadaire du Département américain à l'énergie concernant les stocks pétroliers domestiques, pour la semaine close au 5 octobre, sera quant à lui communiqué à 17h (consensus +2,3 millions de barils pour les stocks de brut).

Enfin, la balance budgétaire américain pour le mois de septembre 2018 sera révélée à 20h (consensus +62 milliards de dollars d'excédent).


La saison des résultats approche

Delta Air Lines et Walgreens Boots Alliance annonceront leurs comptes trimestriels avant bourse ce jour à Wall Street. Citigroup, JP Morgan Chase, PNC Financial et Wells Fargo publieront demain vendredi, ce qui marquera le début officiel de la saison des résultats trimestriels.

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