Wall Street corrige encore, la crise sanitaire pèse

Wall Street corrige encore, la crise sanitaire pèse
Un trader fait une bulle de chewing gum sur le floor du NYSE.

Boursier.com, publié le mercredi 28 octobre 2020 à 10h16

Wall Street poursuit sa correction avant bourse ce mercredi, le DJIA cédant 1,6% et le S&P500 1,3%, contre un déclin de 1% du Nasdaq. Le baril de brut WTI corrige de près de 4% sur le Nymex à 38$, alors que l'once d'or fléchit de 0,4% à 1.904$. L'indice dollar gagne 0,4% face à un panier de devises de référence.

La plus grande prudence prévaut donc et l'aversion au risque fait son grand retour, à l'approche de l'élection américaine du 3 novembre et alors que la propagation du nouveau coronavirus accélère, en particulier en Europe où sont prises de nouvelles mesures restrictives qui ne seront forcément pas sans conséquence économique. Aux États-Unis, l'absence de plan de soutien de l'activité et l'incertitude politique - avec une réduction de l'avance de Joe Biden sur Donald Trump dans certains États décisifs - accentuent la pression sur les marchés. Une lueur d'espoir réside tout de même à court terme dans les comptes des GAFAM. Microsoft a annoncé hier soir des résultats résistants. Apple, Alphabet, Amazon et Facebook publient demain soir, après la clôture des marchés américains.

Sur le front économique ce jour aux Etats-Unis, les investisseurs suivront à 15h l'indice de confiance des investisseurs institutionnels de State Street, puis à 15h30 le rapport hebdomadaire du Département à l'Énergie concernant les stocks pétroliers domestiques.

Concernant l'épidémie du nouveau coronavirus, selon les données actualisées de l'Université Johns Hopkins, qui fait référence sur le sujet, plus de 44 millions de cas confirmés ont été recensés dans le monde depuis les débuts de la pandémie, dont 8,8 millions aux Etats-Unis, près de 8 millions en Inde et 5,44 millions au Brésil. La Russie dénombre 1,55 million de cas confirmés depuis l'émergence du virus. La France est le cinquième pays au monde le plus touché désormais avec 1,24 million de cas confirmés depuis l'apparition du virus. L'épidémie de Covid-19 a fait 1,17 million de morts dans le monde depuis son apparition, dont 226.722 aux USA, 157.946 au Brésil et 120.010 en Inde...

La bourse de New York a fini hier en ordre dispersé, peinant à trouver une tendance, à une semaine de l'élection présidentielle du 3 novembre aux États-Unis. Les marchés s'inquiètent de la résurgence de l'épidémie de coronavirus en Europe, mais aussi aux États-Unis, où le nombre d'infections a dépassé les 70.000 par jour. Les incertitudes politiques pèsent aussi, et les chances d'adopter avant l'élection un nouveau plan de soutien budgétaire à l'économie US semblent désormais quasi-nulles. A la clôture, l'indice Dow Jones a perdu 0,80% à 27.463 points (après -2,29% lundi), tandis que l'indice large S&P500 a reculé de 0,3% à à 3.390 pts (après -1,86% lundi). Le Nasdaq a en revanche regagné 0,64% à 11.431 pts (-1,64% lundi).

Les investisseurs fuient les placements à risque, dans un contexte de hausse des cas de Covid-19 en Europe, mais aussi aux Etats-Unis. Selon les chiffres compilés par le 'New York Times', le nombre de nouveaux cas aux Etats-Unis a atteint lundi en moyenne un record sur 7 jours glissants, à plus de 71.000 , alors qu'il était inférieur à 50.000 il y a quelques semaines.

Pendant ce temps, les discussions entre la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, au sujet d'un "package" de soutien à la croissance aux Etats-Unis n'ont toujours pas abouti. Même si un accord était trouvé, les chances de le faire adopter avant l'élection de mardi prochain sont infimes.

Le Sénat, qui a approuvé lundi soir la nomination par Donald Trump de la juge conservatrice Amy Coney Barrett à la Cour Suprême, a dans la foulée levé sa session en cours. Le Sénat ne devrait ainsi plus siéger avant le scrutin présidentiel, sauf coup de théâtre.

Ces derniers jours, les Démocrates et la Maison Blanche se sont rejeté la responsabilité de l'impasse dans les négociations. Les Démocrates ont proposé un plan de 2.200 milliards de dollars, et l'administration Trump semble approcher désormais de ce montant, avec une dernière proposition à 1.900 Mds$, faite le 21 octobre. Mais au Sénat (à majorité républicaine), les Républicains rechignent toujours à voter un vaste "package" de soutien à l'économie qui creuserait le déficit, l'orthodoxie budgétaire étant un sujet sensible dans l'électorat de droite.

Le plan risque dès lors d'être reporté au début 2021, après la prise de fonction du nouveau président et celle des nouveaux représentants et sénateurs (toute la chambre et un tiers du Sénat seront renouvelés le 3 novembre).

Compte-tenu des incertitudes pesant sur l'issue de l'élection, il sera peut-être difficile de faire adopter un texte pendant la session parlementaire dire "des canards boiteux", lorsque les parlementaires dont le mandat arrive à terme seront toujours en poste, et que leurs successeurs auront été élus mais ne siégeront pas encore. L'entrée en session de la nouvelle chambre et du nouveau Sénat se fera le 3 janvier 2021, et sera suivie, le 20 janvier de la prise de fonction du prochain président des États-Unis.

Selon les derniers sondages, le rival démocrate de Donald Trump, Joe Biden, est toujours crédité d'une nette avance pour la présidentielle. Toutefois, l'écart s'est resserré depuis trois semaines, lorsque début octobre, Biden avait accru son avance à la suite de la brève hospitalisation de Donald Trump pour cause de coronavirus.

Dans un sondage national RealClear Politics (RCP) publié dimanche, Biden obtient 50,8% des intentions de vote contre 42,8% pour Trump, soit une avance de 8 points. Le 6 octobre, un sondage 'CNN' donnait cependant à Joe Biden une avance de 16 points sur Trump (57% contre 41%), tandis qu'un autre sondage, réalisé par l'université de Quinnipiac (Connecticut), donnait une avance de 11 points à Biden (51% contre 40%).

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