Wall Street dans le vert, les Gafa soutiennent le Nasdaq

Wall Street dans le vert, les Gafa soutiennent le Nasdaq
Deux traders souriants sur le floor du New York Stock Exchange.

Boursier.com, publié le vendredi 31 juillet 2020 à 11h51

Wall Street est attendu dans le vert avant bourse ce vendredi, soutenu par les bons résultats des fameux Gafa. Le S&P500 prend 0,3%, le DJIA 0,2% et le Nasdaq... plus de 1%, dopé par Amazon, Facebook et Apple. Le baril de brut WTI avance de 0,7% à 40,2$ sur le Nymex. L'once d'or prend 1,5% à 1.971$.

Sur le front économique, les revenus et dépenses personnelles des ménages américains pour le mois de juin seront connus à 14h30 (consensus -1% pour les revenus, +5,6% pour les dépenses de consommation, +0,2% pour l'indice des prix ajusté dit 'core PCE'). L'indice du coût de l'emploi pour le second trimestre sera révélé à la même heure (consensus +0,6%). L'indice manufacturier PMI de Chicago sera annoncé à 15h45 (consensus 42,8). Enfin, l'indice final du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan pour le mois de juillet sera communiqué à 16 heures (consensus 73,2).

En Europe, les opérateurs prennent connaissance ce jour d'une chute record du PIB français pour le deuxième trimestre. Le PIB, corrigé des variations saisonnières, a diminué pour sa part de 12,1% dans la zone euro au deuxième trimestre, période toujours marquée par les mesures de confinement liées au Covid-19 dans la plupart des États membres. Il s'agit de loin du recul le plus important depuis le début de la création de la série statistique en 1995, note Eurostat. Cette évolution, provisoire, est toutefois conforme aux attentes du marché. Au cours du premier trimestre, le PIB avait diminué de 3,6% dans la zone euro.

L'inflation accélère par ailleurs dans la zone euro. En juillet, un mois au cours duquel des mesures de confinement du COVID-19 ont continué d'être levées, le taux d'inflation annuel de la zone euro est estimé à 0,4%, contre 0,3% en juin, selon une estimation rapide publiée par Eurostat. Le marché attendait un niveau de +0,2%. L'inflation annuelle 'core' est de son côté estimée à 1,2% après +0,8% le mois précédent, et contre un consensus de +0,8%.

Les marchés avaient été chahutés hier (-0,85% sur le DJIA mais +0,43% sur le Nasdaq), après un tweet de Trump à propos d'un éventuel report de l'élection présidentielle, et la publication aux Etats-Unis d'un produit intérieur brut en contraction de plus de 30% au deuxième trimestre.

Donald Trump a ainsi semé le trouble hier sur Twitter en évoquant... un report de l'élection présidentielle ! Le leader américain s'inquiète en effet des risques de fraude qui seraient liés à l'épidémie actuelle du nouveau coronavirus. "Avec le vote par correspondance (...), 2020 sera l'Election la plus INEXACTE & FRAUDULEUSE de l'histoire", s'est ému l'actuel locataire de la Maison blanche. "Ce sera une véritable honte pour les Etats-Unis. Reporter l'Election jusqu'à ce que les gens puissent voter normalement, en toute sécurité et de manière sûre???"

Le président américain a tenu par ailleurs hier soir une conférence de presse. "Nous en savons maintenant beaucoup plus sur le coronavirus et comment le traiter qu'au début", selon la Maison blanche. "La voie scientifique à suivre est de protéger les personnes les plus exposées tout en permettant à celles qui sont les moins exposées de retourner prudemment au travail et à l'école avec les précautions appropriées", a ajouté Trump. "Nous demandons au Congrès de travailler avec nous pour trouver des solutions sur les expulsions, les paiements de secours et les ouvertures d'écoles sûres", a déclaré par ailleurs le leader américain. "Lorsque le vaccin sera prêt, la logistique sera prête à le livrer très rapidement", a aussi estimé le locataire de la Maison blanche. "L'Amérique est en deuil pour les 150.000 Américains qui ont été emportés par cet horrible Ennemi Invisible. Nous pleurons leur perte en tant que nation". "Mon administration s'est concentrée sur la recherche de traitements contre le coronavirus", a souligné Trump, dont la gestion de la crise sanitaire demeure très critiquée.

Selon l'Université Johns Hopkins, qui fait référence en la matière, 17,32 millions de cas confirmés ont été recensés dans le monde depuis le début de l'épidémie, dont près de 4,5 millions aux USA, 2,61 millions au Brésil, 1,64 million en Inde et 838.461 en Russie. La pandémie a fait 673.527 victimes dans le monde, dont 152.070 morts aux Etats-Unis, 91.263 au Brésil, et plus de 46.000 au Royaume-Uni ou au Mexique. L'Inde recense 35.743 morts.

Les valeurs

Apple, le colosse californien de Cupertino, prenait 6,4% après la clôture hier à Wall Street. Le groupe à la pomme a dépassé en effet les attentes pour le trimestre clos. A l'échelle du groupe, cette progression boursière estimée équivaut à une augmentation de... plus de 100 milliards de dollars de la capitalisation boursière, qui avoisinerait les 1.800 milliards de dollars.

Apple a par ailleurs effectué une annonce surprise en marge de sa publication trimestrielle, faisant état d'un 'split' par quatre de son action qui interviendra à l'ouverture des cotations le 31 août prochain. Il s'agit du premier 'split' de la pomme depuis 2014. Le groupe précise que l'opération permettra de rendre le titre accessible à une plus large base d'investisseurs.

Pour le troisième trimestre fiscal, le Californien a réalisé des revenus de 59,7 milliards de dollars et un bénéfice par action de 2,58$, contre un consensus de 52,2 milliards de dollars de recettes et 2,04$ de bpa. Ainsi, les revenus se sont appréciés de 11% en glissement annuel, alors que le bpa dilué a grimpé de 18%. Les ventes internationales ont représenté 60% du total sur le trimestre.

Les revenus de services, comprenant iCloud ou Apple Music, ont progressé de 15% à 13,2 Mds$. Les ventes de 'wearables' (Apple Watch) se sont envolées encore de 17% à 6,45 Mds$. Les revenus provenant des iPad et des Mac ont totalisé respectivement 6,6 Mds$ et 7,1 Mds$, dépassant les attentes.

Tim Cook explique qu'après les perturbations du mois d'avril, les ventes se sont reprises en mai et juin, avec notamment un 'fort' lancement de l'iPhone SE à 399$ en avril. Les revenus provenant des iPhone ont d'ailleurs battu largement le consensus (de 4 Mds$ environ). Cook souligne ainsi ce trimestre 'record', tiré par les produits et les services, et une expansion sur chacun des segments géographiques.

Apple n'a pas fourni en revanche d'estimations pour le quatrième trimestre fiscal 2020, période entamée, dans un contexte il est vrai toujours aussi incertain.

Amazon prenait 5% après bourse hier à Wall Street, suite à une publication trimestrielle sans faille du géant du e-commerce. Le groupe de Jeff Bezos a par ailleurs obtenu le feu vert de la FCC (Federal Communications Commission) américaine pour un projet de réseau internet par satellite de de 10 milliards de dollars qui rivaliserait avec le réseau Starlink de SpaceX...

Pour le trimestre clos, le groupe de Seattle, longtemps critiqué pour son manque de rentabilité, a dégagé cette fois un bénéfice net de 5,2 milliards de dollars et dominé le consensus de marché. Le groupe a affiché au second trimestre des revenus totalisant 88,9 milliards de dollars, alors que ses profits ont représenté... le quintuple du consensus. Évidemment, Amazon a amplement profité des mesures de confinement à travers le monde, conséquences de la crise sanitaire du Covid-19. La guidance de revenus du groupe, qui allait de 75 à 81 milliards de dollars, a été littéralement atomisée. Le bénéfice a atteint 5,2 Mds$ soit 10,30$ par titre, contre... 2,1$ de consensus. Le bénéfice opérationnel est ressorti à 5,8 milliards de dollars.

Le bénéfice net du groupe sur le trimestre écoulé est tout simplement historique. Il s'agit d'un record en 26 ans d'existence pour la star du commerce en ligne. Il faut dire que les revenus trimestriels se sont envolés de 40% en glissement annuel. Malgré des dépenses majeures sur la période pour l'acquisition d'équipements de protection pour le personnel (le groupe avait budgété 4 milliards de dollars) et d'autres dépenses liées au Covid-19, le groupe est parvenu à doubler son bénéfice net. Jeff Bezos, modeste, a évoqué "un autre trimestre très inhabituel".

Amazon Web Services a pour sa part réalisé sur le trimestre clos des revenus en vive croissance de 29% à 10,81 milliards.

Pour le troisième trimestre, le groupe envisage des revenus totaux allant de 87 à 93 milliards de dollars, à comparer à un consensus de 86,3 milliards de dollars. En outre, le 'Prime Day' estival sera repoussé au quatrième trimestre. Amazon table sur des dépenses de 2 milliards de dollars liées au Covid sur le troisième trimestre, mais espère tout de même un profit opérationnel trimestriel allant de 2 à 5 milliards de dollars, soit un milieu de fourchette supérieur aux attentes de marché.

Alphabet, la maison-mère de Google, a publié hier soir des résultats financiers contrastés. Alors qu'Amazon, Facebook et Apple ont incontestablement convaincu, le groupe californien de Mountain View affiche pour sa part une performance plus mitigée. D'ailleurs, ses revenus ont reculé pour la première fois en deux décennies d'histoire, avec l'impact de la crise du Covid-19. Ainsi, les revenus publicitaires de la firme de Sundar Pichai ont totalisé 29,9 milliards de dollars sur le second trimestre, en repli de 8% en glissement annuel, au plus bas depuis le troisième trimestre 2018. Ruth Porat, directeur financier du groupe, a tout de même évoqué une reprise des dépenses publicitaires de Google en fin de trimestre, ainsi que de relatives solidités des activités cloud et de YouTube. Les revenus cloud se sont en effet distingués, en vive hausse de 43% à 3 Mds$, alors que YouTube a progressé de 6% à 3,8 Mds$. Les revenus totaux ont toutefois baissé de 2% à 31,6 milliards, hors commissions payées aux partenaires.

Les coûts et dépenses trimestriels ont augmenté de 7% à 31,9 milliards de dollars, face à des recettes totales de 38,3 milliards. Le bénéfice net trimestriel est ressorti à près de 7 milliards de dollars, 10,13$ par titre, contre 8,3$ de consensus de marché.

Facebook gagnait 6,5% après bourse hier à Wall Street, suite à ses trimestriels. Le groupe de Mark Zuckerberg n'a pas démérité sur le trimestre clos, affichant de solides résultats malgré le Covid-19 et le boycott publicitaire de certains grands annonceurs. Le groupe de Menlo Park a pratiquement doublé son bénéfice au second trimestre, alors que ses revenus totaux ont progressé de 11% en glissement annuel. Le réseau social californien a dégagé un bénéfice net de 5,18 milliards de dollars, 1,80$ par titre, contre 2,62 milliards de dollars et 91 cents par action un an plus tôt. Les revenus ont totalisé 18,7 milliards de dollars, contre 16,9 milliards un an avant. Le consensus FactSet était logé à 1,39$ de bpa pour 17,3 Mds$ de recettes.

Sur le second trimestre, et durant les trois premières semaines de juillet, les revenus publicitaires ont augmenté de 10% en glissement annuel. Le groupe envisage une tendance similaire pour le troisième trimestre fiscal. A fin juin 2020, Facebook affichait par ailleurs 2,7 milliards d'utilisateurs actifs mensuels, ce qui représente une belle expansion de 12% en comparaison de l'an dernier. Néanmoins, avec les assouplissements des restrictions dues à la crise sanitaire, Facebook s'attend à ce que le nombre d'utilisateurs actifs se stabilise ou baisse légèrement dans la plupart des régions.

Ford Motor, le constructeur automobile du Michigan, a annoncé hier soir des comptes moins dégradés que prévu, mais table prudemment sur une perte annuelle 2020. Le groupe estime disposer d'un niveau de trésorerie amplement suffisant pour faire face à la crise durant le reste de l'année, même en cas de nouvelle chute de la demande ou de nouvelles fermetures dues au Covid. Le groupe de Dearborn a terminé ainsi le trimestre avec près de 40 milliards de dollars de cash. Il a dégagé sur ce second trimestre un bénéfice net de 1,1 milliard de dollars, 28 cents par titre, contre 100 millions de dollars un an avant. Le bénéfice est ressorti positif grâce à l'investissement de Volkswagen AG dans l'unité Argo de conduite autonome de Ford.

Hors éléments, la perte opérationnelle s'est élevée à 1,9 milliard de dollars, 35 cents par titre, mais les analystes étaient encore plus pessimistes et envisageaient un déficit de 1,17$ par titre. Le groupe dit afficher plus de 150.000 réservations pour son nouveau Bronco, lancé au quatrième trimestre.

"La bonne exécution nous a permis d'obtenir de bien meilleurs résultats financiers que ce que nous attendions il y a à peine trois mois", a déclaré le directeur général Jim Hackett lors d'une conférence téléphonique. En avril, le groupe disait tabler pour le second trimestre sur un doublement de sa perte à plus de 5 milliards de dollars avec le coronavirus. Pour le troisième trimestre cette fois, le groupe envisage un profit avant imposition allant de 500 M$ à 1,5 Md$. Le groupe prévoit toutefois une perte au quatrième trimestre.

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