Wall Street dans le vert, Trump tacle sèchement Powell

Wall Street dans le vert, Trump tacle sèchement Powell
Le président Donald Trump à la Maison Blanche.

Boursier.com, publié le mardi 21 août 2018 à 13h51

La cote américaine est attendue en progression avant bourse ce mardi. Le S&P500 s'adjuge ainsi 0,2% et le Nasdaq 0,3% en pré-séance. Les derniers commentaires de Trump à propos de la politique actuelle de la Fed font pression sur le dollar, mais réjouissent également les amateurs de souplesse monétaire. Les espoirs d'apaisement des tensions commerciales avec la Chine profitent également au marché boursier américain.

L'euro s'affiche à 1,152$ désormais (+0,3%). Le dollar se traite par ailleurs à 6,11 livres turques (+0,4%).

Le Président américain Donald Trump a expliqué hier lundi, dans une interview accordée à 'Reuters', qu'il n'attendait pas grand chose des discussions commerciales avec la Chine prévues demain et jeudi à Washington. Trump ne se fixe d'ailleurs pas de limite dans le temps pour sortir du conflit commercial actuel entre Pékin et Washington. Il constate que la Chine "s'est trop bien débrouillée pendant trop longtemps", et juge donc que la résolution du conflit prendra du temps. "Ils ont traité avec des gens qui ne savaient pas ce qu'ils faisaient, ce qui nous a menés dans cette situation", a estimé Trump.

Négociations commerciales entre Washington et Pékin

Les opérateurs ont placé pourtant quelques espoirs dans de nouveaux échanges entre les USA et la Chine. Des discussions officielles avaient déjà eu lieu en juin à Pékin, entre le Secrétaire américain au commerce Wilbur Ross et le vice-premier ministre chinois Liu He. Cette fois, une délégation chinoise menée par le vice-ministre au Commerce, Wang Shouwen, va rencontrer des représentants américains menés par le Secrétaire du Trésor pour les affaires internationales, David Malpass. Les Etats-Unis sont à l'origine de ces négociations. Pékin s'est pour sa part félicité, mais n'entend pas accepter de 'mesure unilatérale'.

De nouveaux droits de douane entrent en vigueur

Rappelons que la Chine va imposer jeudi des droits de douane de 25% sur 16 milliards de dollars de produits importés des États-Unis. Il s'agit d'une réplique à la décision de Washington d'imposer des taxes comparables, à cette même date, à un montant équivalent de produits provenant de Chine. Pékin et Washington s'étaient déjà infligés des taxes réciproques sur des produits représentant environ 34 milliards de dollars. Le Président américain Donald Trump s'est même dit prêt à taxer la totalité des importations chinoises, puisqu'il envisageait le mois dernier d'imposer des droits de douane supplémentaires sur... 500 milliards de dollars d'importations en provenance de Chine.

Le nouveau volet de négociation n'implique pas de très haut responsable, et les précédents volets n'avaient pas accouché de grands progrès.

Trump salue son 'ami' Kim

Le dirigeant américain a également déclaré à Reuters qu'il était probable qu'il rencontre de nouveau le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, après un sommet historique qui s'était tenu en juin dernier à Singapour. Trump a souligné "l'alchimie" qui s'était établie... "Je l'aime bien, il m'aime bien", a glissé le Président américain, qui n'a pourtant pas toujours été tendre avec Kim.

Inflexible sur le dossier turc

Au sujet de la Turquie, Trump a assuré qu'il ne ferait aucune concession en échange de la libération du pasteur américain Andrew Brunson, accusé de terrorisme par la justice turque. Le Président US ne s'inquiète pas des conséquences des droits de douane qu'il a imposés pour riposter. Il faut dire que la force de frappe américaine est telle que d'éventuelles répliques commerciales turques ne devraient pas vraiment atteindre les USA.

Pas 'emballé' par la politique de la Fed

Pour finir, Trump a donc déclaré qu'il n'était pas emballé par la hausse des taux de la Fed de Jerome Powell, ce qui devrait sans doute plaire à Wall Street ! Trump, qui accuse Chine et Europe de manipuler leurs devises, avait déjà manifesté ses réticences vis-à-vis du durcissement monétaire actuellement mis en oeuvre par la Banque centrale. Rappelons que le cycle de resserrement monétaire de la Fed a débuté il y a plus de deux ans. Powell a remplacé Janet Yellen en février et confirmé cette posture.

Vaste programme économique cette semaine

Il n'y aura pas de statistiques économiques outre-Atlantique ce mardi. Les opérateurs suivront demain mercredi les chiffres des reventes de logements existants, le rapport hebdomadaire concernant les stocks pétroliers domestiques américains, ou encore les Minutes de la dernière réunion monétaire de la Fed. Jeudi, l'agenda économique américain comprendra les inscriptions au chômage, l'indice des prix de l'immobilier de la FHFA, l'indice PMI composite ou les ventes de logements neufs.

Le symposium économique de Jackson Hole, qui réunit chaque année, dans le Wyoming, les grands argentiers mondiaux, débute également jeudi. Dans ce cadre, Jerome Powell, le patron de la Fed, interviendra vendredi à 16 heures à propos de politique monétaire 'dans une économie changeante'.

Coty, Kohl's, Medtronic et J.M. Smucker, publient leurs comptes trimestriels avant bourse à Wall Street ce jour. Urban Outfitters annonce dans la soirée.

Tesla a finalement clôturé hier soir en progression de 1% à 308,4$, après une chute à 288$ en début de journée. Vendredi, le titre s'était effondré de 8,9% au terme d'une séance noire, miné par une interview confession du patron du groupe, Elon Musk, accordée au 'New York Times'. Musk y confie son épuisement après une année 'atroce', et tente encore de justifier ses récentes déclarations à propos du financement de la sortie éventuelle de la cote de Tesla et son 'tweet' initial du 7 août

JP Morgan a sanctionné le dossier hier en réduisant fortement son objectif de cours. Le broker de Wall Street prévoit un plongeon supplémentaire du titre Tesla, puisqu'il fixe désormais son objectif de cours à 195$. Dans un contexte nettement plus tendu, le courtier préfère valoriser Tesla sur la seule base des 'fondamentaux', ce qui implique une réduction de 113$ de l'objectif de cours. La note antérieure publiée le 8 août tenait compte d'un scénario dans lequel le financement de l'opération à 420$ par titre semblait garanti. Le broker juge maintenant que le financement n'était pas sécurisé au moment des annonces de Musk (du 7 août), et qu'aucune proposition n'avait été formalisée à ce sujet. Ce changement radical d'avis fait suite aux annonces de Musk du 13 août, détaillant les échanges ayant eu lieu avec le fonds souverain saoudien 'PIF'... JP Morgan maintient par ailleurs sa recommandation à 'sous-pondérer'. Le broker admet que Tesla considère bien une transaction de sortie de la cote, mais relève que le processus est bien moins avancé qu'il ne l'avait initialement présumé.

Par ailleurs, le fonds saoudien voudrait investir... dans un rival de Tesla, à en croire les informations de l'agence Reuters. Le fonds souverain serait actuellement en phase de discussion avec Lucid Motors Inc., constructeur californien de véhicules électriques qui n'a pas encore commercialisé son premier modèle. PIF et Lucid Motors auraient établi un échéancier dans le cadre duquel le fonds saoudien pourrait investir plus d'un milliard de dollars au capital de Lucid et prendre ainsi une participation majoritaire.

Enfin, selon le 'Wall Street Journal', certains fournisseurs de Tesla commenceraient à s'inquiéter, après une année "tumultueuse". Le bien renseigné WSJ précise, citant des cadres de l'industrie et des 'documents', que ces fournisseurs seraient préoccupés par la solidité financière du constructeur après une phase de production du Model 3 consommatrice de cash. Une récente étude adressée en privé par une association reconnue de fournisseurs automobiles à des dirigeants importants montre que 18 des 22 personnes interrogées pensent que Tesla présente désormais un risque financier pour leurs compagnies, explique le Wall Street Journal, qui a donc pu se procurer cette étude. En outre, plusieurs équipementiers, lors d'interviews, auraient confié que Tesla avait tenté d'allonger les délais de paiement ou demandé une remise conséquente.

Medtronic bondit avant bourse à Wall Street, suite aux publications financières trimestrielles. Le groupe basé à Dublin, géant des équipements médicaux, vient d'annoncer un profit et des revenus supérieurs aux attentes pour le 1er trimestre fiscal clos fin juillet 2018. Le bénéfice net part du groupe s'est élevé à 1,08 Md$ soit 79 cents par titre, contre 1,02 Md$ et 74 cents par action un an auparavant. Les revenus consolidés se sont élevés à 7,4 Mds$, contre 7,2 Mds$ de consensus. Le bpa ajusté a atteint 1,17$, contre 1,11$ de consensus. Le groupe a profité de la solidité des activités cardiaques et vasculaires. Il vend notamment des défibrillateurs, pacemakers, valves et stents.

Le bénéfice annuel par action est toujours attendu entre 5,10 et 5,15$ sur cet exercice 2019, mais la guidance de croissance organique des revenus est révisée en hausse, entre 4,5 et 5%.

Coty trébuche avant bourse à Wall Street, après avoir raté le consensus de revenus sur le trimestre clos. Le géant des cosmétiques a annoncé pour son quatrième trimestre fiscal une perte de 181 M$ et 24 cents par action, contre un déficit de 305 M$ un an avant. Le bénéfice ajusté par action s'est établi à 14 cents, contre 13 cents de consensus. Les revenus se sont en revanche élevés à 2,3 Mds$, alors que le consensus était de 2,32 Mds$. La marge brute s'est améliorée de 120 points de base à 61,6%, ce qui ne suffit pas au marché ce jour.

J.M. Smucker a annoncé pour son premier trimestre fiscal un bénéfice net de 133 M$ soit 1,17$ par action, ainsi qu'un bénéfice ajusté par action de 1,78$ à comparer à un consensus de place de 1,8$. Le groupe alimentaire américain a réalisé des revenus trimestriels de 1,9 Md$, contre 1,95 Md$ de consensus. Le bénéfice annuel par action est anticipé entre 8,40 et 8,65$.

Kohl's cède du terrain avant bourse à Wall Street, alors que le distributeur du Wisconsin a pourtant dépassé les attentes en matière de profit et de ventes sur le trimestre clos. Pour le second trimestre fiscal, le bénéfice net est ressorti à 292 M$ soit 1,76$ par titre, contre 208 M$ un an avant. Les revenus ont totalisé 4,57 Mds$, contre 4,4 Mds$ un an plus tôt. Le consensus était de 1,64$ de bpa et 4,27 Mds$ de recettes. Le bénéfice annuel 2018 est attendu entre 4,96 et 5,36$ par titre. Le bpa ajusté est anticipé entre 5,15 et 5,55$.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.