Wall Street : date limite...

Wall Street : date limite...
Deux traders inquiets sur le floor du NYSE à New York.

Boursier.com, publié le mardi 20 octobre 2020 à 13h09

C'est l'heure du verdict pour le tant espéré nouveau plan de relance de l'activité aux États-Unis. Du moins, la date limite était fixée à aujourd'hui par Nancy Pelosi, intraitable présidente démocrate de la Chambre des représentants, pour parvenir enfin à un accord avec le clan républicain sur un vaste package économique de soutien face à l'épidémie. Pelosi a laissé entendre hier que l'écart diminuait entre les deux propositions (environ 1.800 milliards de dollars pour les républicains, 2.200 milliards pour les démocrates). Rien n'est toutefois gagné, loin de là, et l'hypothèse d'un accord avant l'élection du 3 novembre n'est pas forcément la plus probable...

Wall Street, qui aime plutôt ce genre de suspense, progresse avant bourse ce mardi. Le DJIA prend 0,7% et le S&P500 0,8%, alors que le Nasdaq avance de 0,8%. Le baril de brut WTI gagne 0,5% à 41,2$. L'once d'or perd 0,2% à 1.908$. L'indice dollar recule de 0,2% face à un panier de devises de référence.

Dans l'actualité économique américaine ce mardi, les mises en chantier de logements et permis de construire du mois de septembre seront communiqués à 14h30 (consensus 1,451 million pour les mises en chantier, 1,5 million sur les permis). Raphael Bostic, Lael Brainard, Charles Evans et Randal Quarles de la Fed s'expriment dans la journée.

L'évolution mondiale de l'épidémie du nouveau coronavirus est très contrastée selon les régions. Alors qu'un ralentissement semble bien se confirmer en Inde et au Brésil, deux des trois pays les plus touchés par la pandémie, le virus se propage encore très rapidement en Europe. Irlande et Pays de Galles reconfinent d'ailleurs. En Russie, un record de cas quotidien est atteint (16.319)...

Selon l'Université Johns Hopkins, 40,4 millions de cas confirmés du virus sont recensés dans le monde depuis le début de l'épidémie, dont 8,22 millions aux Etats-Unis, 7,6 millions en Inde et 5,25 millions au Brésil. La Russie dénombre 1,41 million de cas, l'Argentine plus d'un million et la Colombie, l'Espagne ou la France recensent également près d'un million de cas depuis l'apparition du virus. L'épidémie a fait 1,12 million de morts dans le monde, dont 220.134 aux USA, 154.176 au Brésil et 115.197 en Inde.

A deux semaines seulement de l'élection présidentielle aux Etats-Unis, Trump a relativisé hier encore son retard sur Joe Biden dans les sondages. Au cours d'une réunion à distance avec ses équipes de campagne, le président américain s'en est pris au Dr Anthony Fauci, de la cellule de crise mise en place pour lutter contre l'épidémie, qu'il a qualifié de "catastrophe". "Si je l'écoutais, nous aurions 500.000 morts", a affirmé Trump, dont la relation est toujours aussi tendue avec le directeur de l'Institut national des allergies et maladies infectieuses. Ce dernier s'est plaint d'être cité dans une publicité électorale de Trump et a même déclaré... qu'il n'était pas surpris que le président des Etats-Unis ait été contaminé.

Trump juge pour sa part que les Américains en ont assez des restrictions destinées à endiguer la propagation du virus. "Les gens sont fatigués, fatigués d'entendre Fauci et tous ces idiots", a même asséné le locataire de la Maison blanche. "Fauci est un type bien, il est là depuis 500 ans", a raillé Trump. Fauci est plus précisément en poste depuis 36 ans.

Sur le front électoral, Trump dit se sentir en meilleure position pour l'emporter qu'il y a quatre ans, lorsqu'il l'avait emporté à la surprise générale face à la démocrate Hillary Clinton. Le directeur de campagne de Trump, Bill Stepien, a même jugé que les républicains bénéficiaient d'un élan au moment précis où cela était nécessaire.

Le second et dernier débat présidentiel opposera jeudi à Nashville, Tennessee, les deux candidats à la présidence.

Jen O'Malley Dillon, directrice de campagne de Biden, a pour sa part nuancé, se gardant de tout optimisme excessif : "L'étouffante vérité, c'est que Donald Trump peut encore gagner cette élection, et toutes les indications dont nous disposons montrent que la course va être très serrée". C'est du moins ce qu'elle écrit, selon Reuters, dans une note adressée aux donateurs.

Trump a annoncé hier son intention de se soumettre à un nouveau test de dépistage du coronavirus avant le débat. Il avait annoncé début octobre avoir été testé positif au coronavirus, avant de passer près de quatre jours à l'hôpital militaire Walter-Reed de Bethesda, dans le Maryland, puis de regagner la Maison blanche. Son médecin a déclaré depuis que le président avait subi un test négatif et qu'il n'était plus contagieux.

Ailleurs dans le monde, l'Argentine a recensé plus d'un million de cas de contamination au coronavirus depuis le début de l'épidémie, faisant du pays le cinquième au monde à franchir ce seuil... Le nombre de nouvelles infections s'est accéléré ces dernières semaines, et 12.982 cas ont été répertoriés en 24 heures.

L'Inde a fait état ce mardi du nombre quotidien d'infections le plus faible depuis quatre mois, avec 46.790 nouveaux cas. 587 décès ont été signalés mardi. Les spécialistes craignent toutefois une recrudescence à l'approche des célébrations hindouistes de Durga Puja et Diwali, à la fin du mois et en novembre.

Au Brésil, un ralentissement se confirme également, à prendre avec des pincettes toutefois. Le pays a compté un peu moins de 16.000 nouveaux cas en 24 heures.

En Europe, la France a enregistré 13.243 cas supplémentaires en 24 heures. Ce bilan est conséquent, mais inférieur aux données du week-end : le nombre de cas était monté dimanche à 29.837 après 32.427 samedi, un record. Avec 146 décès supplémentaires, le bilan de l'épidémie en France s'élève à 33.623 morts. Le nombre de patients hospitalisés a dépassé les 11.000, une première depuis le 12 juin. En réanimation, la France est au-dessus des 2.000 lits occupés, au plus haut depuis le 17 mai.

Le nombre de cas en Allemagne a grimpé à 373.167, soit 6.868 cas de plus que la veille, selon les données communiquées mardi par l'Institut Robert Koch pour les maladies infectieuses. Quarante-sept décès supplémentaires ont été signalés pour un total de 9.836 morts depuis le début de l'épidémie.

Pendant ce temps, la Chine a recensé 19 nouveaux cas au cours des vingt-quatre dernières heures, qui concernent tous des personnes venues de l'étranger... Selon ces données officielles, 85.704 cas ont été confirmés en Chine continentale depuis l'émergence du virus, pour 4.634 décès. Aucun décès supplémentaire n'a été signalé ce jour...

Les valeurs

Netflix, le géant du streaming, grand bénéficiaire des confinements et mesures de restriction, sera en vedette après la clôture ce soir à Wall Street. Le groupe publie en effet ses trimestriels. Le consensus de bénéfice par action est de 2,12$ sur la période (+45%). Le titre a toutefois déjà doublé cette année. Le consensus concernant les conquêtes d'abonnés est de +2,5 millions sur le trimestre, ce qui constituerait une performance compte tenu de la montée en puissance de la concurrence.

Intel va céder sa division dédiée aux puces mémoire NAND au groupe sud-coréen SK Hynix pour neuf milliards de dollars en cash. SK Hynix deviendra ainsi le numéro deux mondial du secteur - derrière Samsung Electronics -, avec cette transaction constituant sa plus importante acquisition historique. L'opération traduit la volonté d'Intel de se délester d'actifs non-stratégiques pour se concentrer, sur ce segment, sur ses puces mémoire Optane. L'Américain va donc vendre à SK Hynix, qui fait partie du conglomérat SK Group, ses activités de puces NAND, y compris dans les domaines des disques durs, des composants et des plaquettes, ainsi que son usine à Dalian, en Chine. Intel conserve la technologie plus avancée de mémoires Optane, développée avec Micron. La division d'Intel regroupant activités NAND et Optane avait essuyé une quatrième perte annuelle consécutive en 2019, mais est parvenue à la rentabilité sur le premier semestre.

IBM a annoncé hier soir des résultats trimestriels conformes aux attentes. Le groupe, qui a annoncé au début du mois son intention de se scinder en deux entités, a publié un bénéfice net de 2,3 milliards de dollars au 3e trimestre (en baisse de 3,7% sur un an), correspondant à un bénéfice ajusté de 2,58$ par action, contre 2,68$ un an plus tôt. Les ventes ont reculé de 2,5% pour revenir à 17,6 Mds$ contre 18,03 Mds$ un an plus tôt, poursuivant un long déclin, qui a vu les ventes reculer pendant 29 des 33 derniers trimestres. Ces chiffres correspondent à ceux déjà dévoilés le 8 octobre dernier par le groupe (2,58$ de bpa pour 17,6 Mds$), qui a fait part à cette occasion de son intention de se scinder, afin de se concentrer sur les services cloud.

Les investisseurs ont toutefois été déçus lundi par l'absence de prévisions de la direction, en raison de la pandémie de Covid-19, ainsi que par le manque de précisions sur la future scission. IBM a indiqué son intention de se délester de sa branche services gérés d'infrastructure pour se concentrer davantage sur le cloud hybride et l'intelligence artificielle. La scission devrait être finalisée d'ici à la fin 2021.

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