Wall Street : déchaîné, Trump laisse les marchés perplexes

Wall Street : déchaîné, Trump laisse les marchés perplexes
Donald Trump à l'auditorium municipal de Nashville

Boursier.com, publié le vendredi 20 juillet 2018 à 14h01

Wall Street reste relativement incertain avant bourse ce vendredi, après sa correction de la veille (-0,53% sur le DJIA et -0,37% sur le Nasdaq avec eBay, Alcoa et American Express). Le S&P500 est attendu en très léger repli de 0,1% avant bourse, mais le Nasdaq remonte de 0,2% avec Microsoft (qui prend 3% en pré-séance au lendemain des trimestriels).

Trump sur tous les fronts

Les derniers commentaires du Président américain Donald Trump au sujet des devises. de la Fed ou de la Chine, laissent les investisseurs perplexes... A l'occasion d'une interview sur CNBC hier jeudi, Trump a donc jugé qu'un dollar fort constituait un désavantage pour les USA. Le Président américain a même estimé que le yuan chinois "tombait comme une pierre".

Quoi qu'il en soit, le billet vert demeure assez ferme, dans l'anticipation d'une poursuite des durcissements monétaires de la Fed dans les prochains mois. Ainsi, les marchés tablent sur 3 ou 4 hausses des taux cette année. Sur le marché des changes, l'euro reprend 0,1% à 1,1655$ ce jour. Le dollar est par ailleurs en progression de 0,1% contre yuan.

'Pas emballé' par la Fed

Trump a expliqué hier soir qu'il n'était "pas emballé" à l'idée de cette hausse des taux de la Fed. Les propos étaient d'autant plus surprenants que le Président américain s'abstient généralement de commenter la politique monétaire de la Banque centrale. Évidemment, Trump ne se considère sans doute pas tenu par ces 'traditions', et vient donc d'ouvertement critiquer la Fed de Jerome Powell.

Notons que James Bullard, le Président de la Fed de St. Louis, s'exprime justement ce jour à propos de l'économie américaine et de la politique monétaire, à Glasgow, Kentucky.

Prêt à taxer la Chine au maximum

Le Président américain Donald Trump se dit par ailleurs prêt désormais à imposer des taxes supplémentaires à l'ensemble des plus de 500 milliards de dollars de produits chinois importés chaque année aux États-Unis ! Trump, qui n'est pas réputé pour sa modération, poursuit donc la surenchère et défie la Chine. Trump a même lancé, sur CNBC : "Je suis prêt à aller à 500". Le Président américain fait référence aux 505 milliards de dollars de produits fabriqués en Chine et importés en 2017 aux USA. En comparaison, les exportations américaines vers la Chine ne représentent que 130 milliards de dollars.

"Je ne fais pas cela pour la politique. Je fais cela afin de faire ce qui est le mieux pour notre pays", ajoute Trump, qui explique que les États-Unis ont été "saignés pendant longtemps" par la Chine sur le plan commercial. Selon le leader américain, on profite ainsi des USA sur un certain nombre de fronts, commerciaux et monétaires notamment. Trump a tout de même légèrement nuancé son propos en affirmant, à propos de la Chine : "Je ne veux pas qu'ils aient peur. Je veux qu'ils fassent bien". Le Président américain ajoute qu'il "aime vraiment le Président Xi", tout en soulignant que la situation demeure injuste.

Le bras de fer commercial se poursuit

Washington avait publié la semaine dernière une liste portant sur 200 milliards de dollars de produits chinois supplémentaires qui seraient soumis à des droits de douane. Cette liste de l'administration américaine comprend de nombreux produits alimentaires, le charbon, le tabac, des produits chimiques ou technologiques (...). Les États-Unis appliqueront à cette liste des prélèvements de 10%.

Les deux pays se sont infligés il y a deux semaines des tarifs douaniers réciproques portant sur environ 34 milliards de dollars de produits importés. Les Etats-Unis appliquent 25% de droits de douane à cette série de produits chinois importés. Pékin a réagi avec des taxes du même ordre... La seconde liste de 200 Mds$ de Washington n'est pas encore soumise aux prélèvements additionnels envisagés. La Chine aura du mal à répliquer de manière proportionnée, puisque le montant total des importations locales de produits US n'est pas suffisant pour cela !

Les nouveaux prélèvements sur 200 Mds$ de produits imposés par les Etats-Unis doivent entrer en vigueur après une consultation publique de deux mois. Évidemment, la Chine a sans nul doute encore la capacité de négocier, et le bras de fer promet d'être vigoureux.

Il n'y aura pas de statistiques économiques outre-Atlantique ce vendredi.

Les publications trimestrielles se poursuivent quant à elles. Baker Hughes GE, General Electric, VF Corp, SunTrust, Stanley Black & Decker, Schlumberger, Manpower et Honeywell, annoncent leurs comptes avant bourse ce jour. Western Digital, E Trade, Microsoft, Capital One ou Cintas, publiaient hier après bourse.

Microsoft grimpe à Wall Street ce vendredi, alors que le groupe a publié hier soir des résultats du quatrième trimestre fiscal 2018 meilleurs que prévu. Les revenus sont de 30,09 Mds$, contre 25,61 Mds$ un an avant. Le résultat net s'affiche à 8,87 Mds$, contre 8,07 Mds$ un an plus tôt. Le bénéfice par action ressort à 1,14$, contre 1,03$ il y a un an. En non-GAAP, le bpa s'élève à 1,13$, contre 1,06$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bénéfice par action de 1,08$, pour des revenus de 29,2 Mds$.

Sur l'exercice, Microsoft enregistre des revenus de 110,4 Mds$ (en croissance de 14%), un résultat net 16,6 Mds$ (contre 25,5 Mds$ en 2017) et un bpa non-GAAP de 3,88$ (contre 3,29$ un an avant). Le géant software de Redmond (Washington) a par ailleurs annoncé qu'il visait des revenus compris entre 27,35 et 28,05 Mds$ sur le premier trimestre fiscal 2019, contre 27,4 Mds$ de consensus.

Capital One Financial a présenté ses comptes du second trimestre. Les bénéfices sont de 1,9 Md$ (3,71$ par action), contre 1 Md$ (1,94$ par action) un an avant. Le bénéfice par action ajusté ressort à 3,22$. Les revenus s'élèvent à 7,2 Mds$, contre 6,7 Mds$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 2,64$, pour des revenus de 6,93 Mds$.

General Electric a publié ses résultats du second trimestre. Les bénéfices sont de 615 M$ (0,07$ par action), contre 875 M$ (0,10$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 0,19$, contre 0,21$ sur le même période de l'exercice précédent. Les revenus montent de 3% à 30,1 Mds$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,18$, pour des revenus de 29,4 Mds$. Sur l'exercice, le groupe vise toujours un bpa logé entre 1 et 1,07$.

Schlumberger a dévoilé ses comptes du second trimestre. Le résultat net s'élève à 430 M$ (0,31$ par action), contre une perte de 74 M$ (0,05$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action s'affiche à 0,43$, contre 0,35$ sur la même période de l'exercice précédent. Les revenus grimpent de 11% en glissement annuel, à 8,30 Mds$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,42$, pour des revenus de 3,2 Mds$.

Honeywell a annoncé ses comptes du second trimestre. Les bénéfices sont de 1,27 Md$ (1,68$ par action), contre 1,39 Md$ (1,80$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 2,12$. Les ventes montent de 8% à 10,9 Mds$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 2,01$, pour des revenus de 10,8 Mds$. Sur 2018, le groupe vise désormais un bpa situé entre 8,05 et 8,15$ (contre une précédente fourchette de 7,85/8,05$).

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