Wall Street déprime, le coronavirus se propage encore

Wall Street déprime, le coronavirus se propage encore
Un trader sur le floor du New York Stock Exchange.

Boursier.com, publié le mercredi 08 avril 2020 à 11h11

La cote américaine s'affiche incertaine, sans claire évolution pour l'heure avant bourse ce mercredi, après avoir complètement raté son rebond hier mardi. Les divisions en Europe au sujet du financement de la réponse à la crise du coronavirus, ainsi que la propagation continuelle du virus, plombent le moral des opérateurs.

Aux Etats-Unis, après un semblant d'accalmie à New York ces derniers jours, le nombre de décès est reparti mardi en nette hausse... Le nombre de morts a ainsi bondi de 731 en 24 heures, un record depuis le début de l'épidémie, pour atteindre 5.489 décès dans cet Etat, le plus touché des Etats-Unis par le Covid-19. Les USA ont affiché hier leur pire bilan quotidien avec près de 2.000 morts à l'échelle nationale sur 24h selon le comptage de l'université Johns Hopkins. Les données rapportées par les CDC sont encore plus sombres.

Les Etats-Unis sont le pays ayant détecté le plus grand nombre de cas, avec plus de 386.000 jusqu'à hier. Le nombre de décès a dépassé les 12.000 aux US, en 3ème position derrière l'Italie (plus de 17.000 morts) et l'Espagne (près de 14.000) et devant la France (environ 10.300 morts). Dans le monde, le Covid-19 a désormais atteint 1,41 million de personnes et le nombre de morts a dépassé les 81.000.

Les investisseurs espèrent pourtant pour certains une embellie sanitaire, scrutant un début de ralentissement de la propagation de la pandémie de coronavirus dans certains pays européens. Plusieurs de ces pays élaborent déjà des projets de déconfinement progressif, notamment le Danemark, l'Autriche et l'Italie. En Chine, pour la première fois, mardi, aucun nouveau décès de Covid-19 n'a été enregistré en 24h depuis le début de l'épidémie dans le pays, fin 2019. La ville de Wuhan, épicentre initial de l'épidémie, s'est même rouverte aux transports...

Cependant, la décrue espérée de la pandémie ne s'est pas vraiment confirmée mardi soir, le nombre de morts repartant à la hausse en Espagne, en Italie et en France... La demande de nouveaux lits en réanimation a toutefois continué de ralentir, alimentant toujours l'espoir d'une amélioration.

Le président américain Donald Trump a annoncé hier soir son intention de suspendre la contribution américaine à l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Lors d'un point de presse à la Maison blanche sur l'épidémie de coronavirus Covid-19, le leader américain a ensuite nuancé quelque peu le propos : "Je ne dis pas que je vais le faire, mais nous allons étudier ça". Le président américain reproche à l'OMS d'être centrée sur la Chine et d'avoir donné de mauvais conseils.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a pour sa part indiqué hier lors d'une conférence de presse à distance que les pays ou régions ayant mis en place des mesures de confinement ne devraient pas les lever précocement, au risque d'une rechute. L'OMS a aussi insisté sur l'utilité du port du masque, ce qui semble aussi être l'avis de Trump, ce dernier venant de s'accorder enfin avec le géant américain 3M sur un vaste plan d'approvisionnement.

Sur Twitter hier, Donald Trump avait vivement critiqué l'OMS et son attitude durant la crise sanitaire : "L'OMS a vraiment tout raté. Pour une raison quelconque, financée en grande partie par les États-Unis, mais très centrée sur la Chine. Nous allons y jeter un bon coup d'oeil. Heureusement, j'ai rejeté très tôt leur conseil sur le maintien de nos frontières ouvertes à la Chine. Pourquoi nous ont-ils fait une recommandation aussi erronée?"

La Commission européenne aurait prévenu les ministres des finances de la zone euro d'une contraction potentielle de l'économie de la région de 10% cette année, selon des sources de Reuters. La BCE aurait dit aux ministres des finances de la zone que les besoins de la région pour répondre à la crise du coronavirus Covid-19 pourraient se chiffrer à 1.500 milliards d'euros. Notons que la Banque de France table pour sa part sur une contraction économique de 6% au premier trimestre, alors que chaque quinzaine de confinement retrancherait 1,5 point de pourcentage à la croissance annuelle du PIB français.

Bruno Le Maire a expliqué ce matin sur Twitter qu'après 16 heures de négociations, il n'y avait pas eu d'accord à l'Eurogroupe sur la réponse à apporter économiquement à la crise du coronavirus. Les discussions doivent reprendre jeudi. Le ministre français de l'Économie en appelle à tous les Etats européens, afin qu'ils se montrent "à la hauteur des enjeux exceptionnels" pour parvenir à un "accord ambitieux".

Les cours du brut se redressent ce mercredi après la chute de la veille. Le brut WTI gagne 3,4% à 24,4$ le baril sur le Nymex. Le marché pétrolier avait plongé mardi pour la seconde séance consécutive, en attendant la décision de l'Opep et de ses alliés, dont la Russie, sur une réduction importante de l'offre mondiale de brut. Une réunion prévu initialement lundi, a été reportée à jeudi et est ouvert à d'autres pays, dont les Etats-Unis.

Malgré un début de journée en hausse, le baril de brut léger américain WTI avait fini sur une chute 9,4% à 23,63$ pour le contrat à terme de mai sur le Nymex. Lundi, le WTI avait déjà chuté de 8%.

La semaine dernière, les cours du WTI étaient tombé lundi sous les 20$ le baril, au plus bas depuis 18 ans, avant de flamber d'environ 40% en 4 séances. Donald Trump avait ensuite donné le signal du rebond en demandant à l'Arabie saoudite et la Russie de réduire leur production de 10 millions de barils par jour, ce qui représente environ 10% de la demande mondiale avant la crise du coronavirus.

Les marchés craignent toutefois que les coupes annoncées ne suffisent pas à soutenir les cours, dans un contexte d'effondrement de la demande mondiale en raison de la pandémie de Covid-19. En outre, l'Arabie saoudite et la Russie ne sont prêts à faire un effort que si celui-ci est réparti entre tous les pays producteurs, y compris les Etats-Unis.

Or, le gouvernement américain n'a pas la faculté de contraindre juridiquement les producteurs à pomper moins. Donald Trump a reçu vendredi dernier à la Maison Blanche les patrons du secteur, mais aucune information n'a filtré depuis, laissant craindre que la profession traîne des pieds pour réduire sa production.

Mardi, l'agence de presse russe TASS a indiqué que dix pays hors Opep+ ont été invités à la réunion de jeudi (prévue par vidéoconférence) : le Canada (plus précisément la province d'Alberta), l'Argentine, le Brésil, la Colombie, l'Egypte, l'Indonésie, la Norvège, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et Trinidad et Tobago.

L'once d'or évolue au plus haut depuis 2012, vers les 1.700$ sur le Comex après avoir touché hier les 1.742$. En prévision d'une période prolongée de taux d'intérêt bas, voire négatifs, les investisseurs se ruent sur le métal précieux que ce soit via des achats physiques ou surtout d'ETF. Les rumeurs de plan de soutien additionnel aux Etats-Unis soutiennent également le cour du métal dans la mesure où ces nouvelles aides devraient se traduire par une explosion de la dette et, in fine, une hausse de l'inflation.

La Bourse de New York a fini en léger recul mardi, son rebond initial de plus de 3% s'évaporant en fin de séance. Les dernières statistiques quotidiennes ont en effet semé le doute sur un possible ralentissement de la propagation du coronavirus Covid-19. A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,12% à 22.653 points, tandis que l'indice large S&P500 a lâché 0,16% à 2.659 pts et que le Nasdaq a reculé de 0,33% à 7.887 pts. Les indices américains avaient rebondi lundi de plus de 7% et mardi en début de séance, ils avaient repris 20% par rapport à leurs plus bas niveaux du 23 mars dernier.

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