Wall Street : des valorisations historiquement élevées

Wall Street : des valorisations historiquement élevées
Un trader fait une bulle de chewing gum sur le floor du NYSE.

Boursier.com, publié le jeudi 04 juin 2020 à 19h35

Après un spectaculaire rebond de près de 40% depuis le 23 mars, la Bourse américaine peut-elle poursuivre sur sa lancée ? De nombreux analystes signalent désormais que les marchés d'actions américains ont atteint une valorisation élevée au regard des anticipations de bénéfices des entreprises.

Ainsi, le multiple de capitalisation (PER ou rapport cours sur bénéfice par action) du S&P 500 s'est hissé à 21,5 fois les bénéfices attendus dans les 12 prochains mois, comparé à une moyenne à 5 ans de 16,8 fois et une moyenne à 10 ans de 15,1 fois. Le PER du S&P 500 est ainsi logé à son plus haut niveau depuis janvier 2002, il y a plus de 18 ans, selon le consensus établi par le cabinet FactSet.

Bénéfices attendus en chute de plus de 21% en 2020

Frappés par la crise du coronavirus, les bénéfices des 500 plus grandes sociétés américaines cotées ont chuté en moyenne de 14,6% au 1er trimestre 2020 par rapport au 1er trimestre 2019, leur plus fort recul depuis le 4e trimestre 2009 (-15,7%) pendant la crise financière des crédits "subprimes".

La crise sanitaire a entraîné une vague de révisions à la baisse des prévisions des sociétés pour 2020. Ainsi, les analystes projettent une chute de 21,1% des bénéfices cette année, et un recul de 4% des ventes par rapport à 2019. En 2021, les bénéfices devraient ensuite vivement rebondir de 28,2% et les revenus grimper de 8,6%, selon le consensus FactSet.

Le rebond actuel des marchés s'appuie sur ces espoirs d'une reprise rapide de l'économie et des profits en 2021, avec en soutien la promesse d'un soutien inconditionnel de la Réserve fédérale américaine et de programmes de relance budgétaire.

Les investisseurs font l'impasse sur les facteurs de risque

Les valorisations élevées actuelles rendent cependant le marché vulnérable aux mauvaises nouvelles. Les espoirs des investisseurs font en effet l'impasse sur un certain nombre d'incertitudes et de risques susceptibles de provoquer une correction : regain des tensions commerciales sino-américaines, risque d'une reprise lente en "U" voire en "L", et non pas en "V" comme semblent l'anticiper les marchés, une dégradation de la situation sanitaire en cas de seconde vague de coronavirus. Enfin, les troubles sociaux qui agitent les Etats-Unis pourraient perturber la fragile reprise économique actuelle s'ils s'aggravaient.

Dans une note publiée le 29 mai, Goldman Sachs estime que l'indice S&P 500 pourrait encore grimper pour atteindre 3.200 pts, mais qu'il pourrait connaître une correction de l'ordre de 10% si certains risques se matérialisaient. Pour la fin de l'année 2020, les analystes de la banque d'affaires américaine prévoient prudemment un niveau de 3.000 points. Jeudi soir, l'indice large américain évoluait en séance au-dessus de 3.100 points.

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