Wall Street dévisse encore avec le coronavirus

Wall Street dévisse encore avec le coronavirus
Trader sur le floot du NYSE.

Boursier.com, publié le vendredi 06 mars 2020 à 13h19

La cote américaine n'en finit plus de s'enfoncer. Après le plongeon de la veille (-3,58% sur le DJIA et -3,10% pour le Nasdaq), la tendance de pré-séance ce vendredi demeure résolument baissière, le S&P500 fléchissant encore de 2,3% et le Nasdaq de 2,6%. Le Dow Jones recule de 2,1% avant bourse. L'indice dollar régresse de 1% à 95,9 environ face à un panier de devises de référence. Le baril de brut WTI chute de 4,7% à 43,8$ sur le Nymex, alors que le Brent de la mer du Nord abandonne 4,5% à 47,8$.

Sur le front économique aux États-Unis ce jour, le rapport gouvernemental mensuel sur la situation de l'emploi pour le mois de février 2020 sera communiqué à 14h30 (consensus 177.000 créations de postes non-agricoles contre 225.000 en janvier, 3,6% de taux de chômage, 155.000 créations de postes dans le privé ; taux de participation à la force de travail attendu à 63,4% et salaire horaire moyen espéré en progression de 3% en glissement annuel).

La balance commerciale du mois de janvier 2020 aux USA sera communiquée à la même heure (consensus 46,1 milliards de dollars de déficit).

Les stocks et ventes de grossistes du mois de janvier 2020 seront publiés à 16 heures (consensus -0,2% sur les stocks en comparaison du mois précédent). Enfin, les chiffres du crédit à la consommation du mois de janvier seront révélés à 21 heures (consensus +17 milliards de dollars).

Charles Evans, Loretta Mester, James Bullard, Eric Rosengren, Esther George et John Williams de la Fed, s'exprimeront tous ce jour... Rappelons que les marchés spéculent désormais sur une baisse des taux d'un demi-point supplémentaire à l'issue de la prochaine réunion monétaire de la Fed programmée les 17 et 18 mars.

La Fed avait rappelons-le surpris mardi en réduisant ses taux d'un demi-point. La situation exceptionnelle née de la crise sanitaire du coronavirus Covid-19 aura apparemment alerté les autorités monétaires américaines, qui ont donc abaissé les taux d'un demi-point sur les 'fed funds', entre 1 et 1,25%. Selon le communiqué de la Banque centrale américaine publié mardi, les fondamentaux de l'économie des Etats-Unis restent solides, mais l'épidémie de coronavirus fait peser des risques sur l'activité. Compte tenu de ces risques et afin d'assurer l'emploi maximal et la stabilité des prix, le Federal Open Market Committee a décidé de réduire ses taux de 1/2 point de pourcentage. Le Comité dit par ailleurs surveiller attentivement les développements et les implications en termes de perspectives économiques, et utilisera ses outils pour agir de manière appropriée afin de soutenir l'économie.

Jerome Powell, président de la Fed, a assuré de la solidité de l'économie américaine, mais expliqué que les banquiers centraux américains, observant la propagation de l'épidémie, avaient jugé qu'il était temps d'agir. "Nous avons observé la propagation du virus... Nous avons perçu un risque pesant sur les perspectives économiques et avons choisi d'agir". En effet, les risques auraient évolué de manière significative... La Fed demeure prête à utiliser ses outils pour agir de manière appropriée, selon les événements à venir.

Réagissant à la décision monétaire, Trump avait alors lancé : "La Réserve Fédérale abaisse les taux mais doit encore assouplir sa politique et, plus important encore, s'aligner sur les autres pays/concurrents. Nous ne jouons pas de manière équitable. Pas juste pour les USA. Il est enfin temps pour la Fed de DIRIGER. Plus d'assouplissement et de baisse des taux!"

Les marchés demeurent lourds ce vendredi, alors que l'épidémie de coronavirus Covid-19 poursuit son expansion hors de Chine. Aux Etats-Unis, trois Etats ont désormais déclaré l'état d'urgence et de nombreuses fermetures d'écoles sont rapportées, à Seattle en particulier. Les entreprises sont par ailleurs nombreuses à demander à leurs employés de télétravailler. Trump a reconnu que l'économie américaine allait souffrir du virus. A New York, plus de 2.700 personnes sont en quarantaine. A San Francisco, Facebook et Google ont demandé à leurs salariés de travailler à la maison.

Le système de santé américaine serait mis à rude épreuve selon Bloomberg, qui fait état de problèmes d'approvisionnement et du manque de tests... Pourtant, selon Reuters, qui cite des responsables américains, les Etats-Unis s'estiment en mesure de tester 400.000 personnes d'ici à la fin de la semaine.

En Chine, la province du Hubei... n'a pas rapporté de cas durant les dernières 24 heures en dehors de Wuhan, épicentre initial de l'épidémie. Des experts estiment que le nombre de nouveaux cas à Wuhan devrait aussi se rapprocher de zéro d'ici la fin du mois... Le Japon n'a pas l'air totalement rassuré, puisque le pays a décidé de placer en quarantaine tous les visiteurs provenant de Chine et de Corée du Sud. La Corée du Sud, justement, a fait état de 196 nouveaux cas pour un total de 6.284 et 42 morts.

En Italie, le gouvernement a fortement renforcé ses aides financières, l'épidémie poursuivant à grande vitesse sa propagation. En Iran, les informations relatives à l'étendue de l'épidémie sont peu claires... La situation se détériore par ailleurs dans de nombreux pays tels que la France ou l'Australie (première école fermée), ainsi qu'au Royaume-Uni (premier décès).

Dean Foods publie ses comptes ce jour. Jamie Dimon, le patron de JP Morgan Chase, a été opéré du coeur en urgence et récupère désormais selon la banque. AMD a confirmé ses objectifs financiers malgré l'impact du coronavirus. Apple pourrait enfin pâtir d'avis prudents de courtiers concernant ses ventes d'iPhone.

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