Wall Street : Donald Trump ne veut plus des publications trimestrielles

Wall Street : Donald Trump ne veut plus des publications trimestrielles©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 20 août 2018 à 09h49

Le Président américain Donald Trump a quelque peu surpris en fin de semaine dernière par un 'tweet' relatif à la périodicité des publications des entreprises américaines. "En discutant avec quelques-uns des plus grands dirigeants d'entreprises au monde, j'ai demandé ce qui pourrait rendre les affaires (les emplois) encore meilleurs aux Etats-Unis. 'Arrêtez les publications trimestrielles & allez vers un système semestriel', a dit l'un d'eux. Cela permettrait une plus grande flexibilité & économiserait de l'argent. J'ai demandé à la SEC d'étudier la question!".

In world's I (jobs) U.S. "Stop & system," one. That & money. I SEC study! - Donald J. Trump (@realDonaldTrump)

La Securities & Exchange Commission, gendarme et organisme de réglementation et de contrôle des marchés financiers américain, n'en demandait sans doute pas tant, déjà très occupée sur d'autres dossiers, comme celui de Tesla qui a fait dernièrement couler beaucoup d'encre.

Indra Nooyi de PepsiCo a soufflé l'idée à Trump

La requête de Donald Trump n'est toutefois pas aussi farfelue qu'elle en a l'air. En effet, plusieurs dirigeant(e)s de premier plan ont déjà protesté contre la contrainte des publications financières trimestrielles. Indra Nooyi, la directrice générale de PepsiCo, ne désire par exemple qu'une publication semestrielle. La dirigeante, qui quitte le groupe en octobre après 24 ans de bons et loyaux services, aurait été à l'origine du tweet de Trump. Elle met en avant une vision de long terme, et suggère par ailleurs une harmonisation des systèmes de reporting financier avec l'Europe. Warren Buffett et plusieurs autres dirigeants américains s'étaient aussi élevé auparavant contre ces contraintes trimestrielles...

Clayton de la SEC se penche sur la question

Le dirigeant de la SEC, Jay Clayton a répondu à Trump vendredi. Il estime que le Président américain a soulevé là une question clé pour les compagnies. La division de finance corporate de l'agence continue d'étudier les contraintes de reporting des compagnies cotées, y compris la "question de la fréquence des rapports", dit Clayton, qui parle évidemment de rapports financiers. Le débat est donc bel et bien relancé, et la récente rencontre de Trump avec les grands patrons américains à Bedminster, New Jersey, semble avoir au moins eu ce mérite.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU