Wall Street dopé par Intel et Alphabet, en attendant le PIB

Wall Street dopé par Intel et Alphabet, en attendant le PIB
Deux traders inquiets sur le floor du NYSE à New York.

Boursier.com, publié le vendredi 26 juillet 2019 à 11h59

La cote américaine se redresse avant bourse ce vendredi, après de solides publications d'Alphabet ou encore d'Intel, accompagnées d'une performance plus mitigée d'Amazon - qui privilégie toujours la croissance à la rentabilité. Les opérateurs seront attentifs dans quelques instants à la première estimation du PIB américain du second trimestre 2019.

Le S&P500 est attendu en progression de 0,3% avant bourse, contre un gain de 0,4% sur le Nasdaq et une hausse de 0,3% sur le Dow Jones... Wall Street avait corrigé hier soir (-0,47% sur le DJIA et -1% sur le Nasdaq), après quelques déceptions concernant en particulier Tesla ou Ford, et suite à une intervention diversement appréciée du patron de la BCE Mario Draghi.

Les chiffres du PIB des États-Unis pour le second trimestre 2019 seront particulièrement surveillés à 14h30. Il s'agit de la lecture 'avancée' du PIB, autrement dit de la première des trois estimations. Le consensus est logé actuellement à +1,9% de croissance en rythme annualisé, avec les corrections des exports et des stocks qui avaient fortement contribué au premier trimestre à une croissance dynamique de +3,1%. En revanche, les dépenses réelles de consommation sont attendues en vive progression de 3,9% sur le second trimestre, contre 0,9% seulement pour le premier trimestre. L'indice des prix est attendu à +2% sur le second trimestre et l'indice des prix ajusté à +1,9%.

La Fed tiendra mardi 30 et mercredi 31 juillet sa réunion de politique monétaire. Selon l'outil FedWatch du CME Group, la probabilité d'une baisse des taux d'un quart de point à 2-2,25% est située désormais à 78,6% et celle d'un geste d'un demi-point à 21,4%. Évidemment, les chiffres du PIB ce jour vont faire évoluer ces pourcentages.

Sur le marché des changes, l'indice dollar, mesurant les fluctuations du billet vert face à un panier de devises, se stabilise à 97,8. Du côté des matières premières, le baril de brut WTI prend actuellement 0,5% à 56,3$ sur le Nymex.

Les publications financières trimestrielles se poursuivent ce vendredi, avec notamment Phillips 66, Allergan, AbbVie, Zimmer Biomet, Twitter, Illinois Tool Works, Goodyear Tire & Rubber, Celgene, Colgate-Palmolive, Charter, Weyerhaeuser ou McDonald's.

Alphabet, maison-mère de Google, s'enflammait hier soir après la clôture de Wall Street, les opérateurs saluant la qualité des derniers résultats financiers du groupe. Le groupe californien de Mountain View a donc rassuré, dégageant pratiquement 10 milliards de bénéfice net au second trimestre (9,95 Mds$) pour un bénéfice par action de 14,21$. Un an plus tôt, le profit par action ressortait à 4,54$ et le bénéfice net à 3,2 Mds$. Les revenus ont atteint quant à eux 38,94 milliards de dollars, en augmentation de 19% par rapport à l'an dernier. Le consensus était logé à 11,1$ de bénéfice par action et 38,1 Mds$ de facturations. Le groupe maintient donc un rythme de croissance impressionnant pour sa taille gigantesque, Google et ses propriétés soutenant les comptes avec une progression de 18% à 27,3 milliards. Le groupe annonce par ailleurs un programme de rachat d'actions de 25 Mds$.

Alphabet n'a toutefois pas commenté hier soir dans son communiqué l'ouverture récente d'une enquête antitrust du Département américain de Justice sur les géants du numérique. Facebook n'avait pu pour sa part échapper à la question plus tôt cette semaine, après la conclusion d'un accord avec la FTC et une amende majeure de 5 Mds$.

Intel, leader mondial des microprocesseurs, a remis les pendules à l'heure hier soir à Wall Street en dopant ses prévisions financières annuelles. Le groupe va par ailleurs se séparer de ses activités de puces pour modems smartphone, cédées à Apple pour 1 milliard de dollars environ. Pour le second trimestre fiscal, Intel a annoncé un bénéfice net de 4,18 milliards de dollars et 92 cents par titre, contre 5,01 milliards un an avant. Le bénéfice ajusté par action a représenté 1,06$, contre un consensus de 89 cents seulement. Les revenus ont décliné à 16,5 Mds$, contre près de 17 Mds$ un an plus tôt. Il dépassent toutefois un consensus de 15,7 Mds$. Les revenus des activités PC traditionnelles ont augmenté de 1% à 8,8 Mds$, alors que les analystes craignaient une baisse.

Intel envisage maintenant un bénéfice ajusté par action de 1,24$ et des revenus voisins de 18 Mds$ pour le troisième trimestre. Le bpa ajusté annuel est anticipé à 4,40$ pour des ventes de 69,5 Mds$. En avril, la guidance se situait à 4,35$ de profit par action et 69 Mds$ de recettes. Le consensus était quant à lui de 4,23$ de bpa et 68,5 Mds$ de revenus annuels.

Dans le cadre de l'accord conclu à Apple, qui permettra au groupe à la pomme de mieux maîtriser la conception de ses produits, 2.200 employés d'Intel rejoindront la firme de Cupertino. L'opération s'accompagne bien évidemment du transfert de la propriété intellectuelle associée. La finalisation de cette opération est attendue durant le quatrième trimestre. Le deal met aussi la pression sur Qualcomm, grand fournisseur d'Apple dans ce domaine...

Amazon a publié au titre de son second trimestre fiscal un bénéfice légèrement inférieur aux attentes de marché, victime de l'inflation des coûts liés notamment à l'amélioration constante des services Prime. Le marché ne devrait toutefois pas sanctionner excessivement le titre, qui consolidait de 2% à peine après bourse à Wall Street hier. Pour le trimestre clos fin juin 2019, le bénéfice net s'est élevé à 2,63 milliards de dollars soit 5,22$ par titre, contre 2,53 milliards de dollars et 5,07$ par action un an plus tôt. Le consensus se situait pour sa part à 5,57$. Les revenus ont tout de même augmenté de 20% environ à 63,4 milliards, contre 62,5 Mds$ de consensus. L'activité a été soutenue par ailleurs par Amazon Web Services (+37% à 8,4 Mds$) et ses activités cloud. L'activité en Amérique du Nord a grimpé de 20% à 38,6 Mds$.

Expedia a dépassé les attentes de marché pour le second trimestre, le voyagiste en ligne américain ayant réalisé sur la période un bénéfice net de 183 millions de dollars et 1,21$ par titre, contre 1 M$ seulement un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 1,77$ contre 1,67$ de consensus. Les revenus ont totalisé quant à eux 3,12 milliards de dollars sur la période close, en ligne avec le consensus des analystes de la place, contre 2,88 milliards de dollars un an avant. Les réservations brutes ont totalisé 28,3 milliards de dollars, contre 25,9 Mds$ sur la période comparable de l'an dernier et 28,2 Mds$ de consensus.

Starbucks a renoué avec une belle croissance, la meilleure en trois ans, au troisième trimestre fiscal, réalisant sur la période une progression de 8% de l'activité à 6,82 milliards de dollars, contre 6,68 milliards de consensus. Le bénéfice par action a représenté 78 cents, contre 72 cents de consensus. La chaîne américaine de cafés devrait voir son cours de bourse s'envoler à Wall Street ce jour selon les indications de pré-séance. Le groupe table désormais sur une croissance à comparable en haut de fourchette de la guidance antérieure de 3 à 4% pour l'exercice 2019. Les prévisions de bénéfices sont rehaussées, entre 2,80 et 2,82$ par titre.

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