Wall Street dopé par les plans de redémarrage de l'économie de Trump

Wall Street dopé par les plans de redémarrage de l'économie de Trump
Le président américain Donald Trump tâte ses biceps et serre le poing à Manchester, New Hamshire.

Boursier.com, publié le vendredi 17 avril 2020 à 10h59

Wall Street grimpe avant bourse ce vendredi, le S&P500 s'adjugeant 2,6% et le Nasdaq 1,8%. Le DJIA s'accorde 2,9%. Sur le Nymex, le baril de brut WTI plonge pourtant de 7,5% à 18,4$ sur fond d'effondrement sans précédent de la demande. L'once d'or recule de 1% sur les 1.710$. Les marchés saluent les annonces du président américain, qui a détaillé hier soir une stratégie de redémarrage de l'économie en 3 étapes. Les gouverneurs des Etats seront chargés du calendrier de sortie de crise.

Le président américain Donald Trump a annoncé la nuit dernière les directives de l'Etat fédéral visant à faire redémarrer l'économie américaine, ce qui se fera en trois étapes. Donald Trump n'a pas fixé de date précise, laissant aux gouverneurs des 50 Etats la mission de piloter le calendrier de la levée des mesures de restrictions prises pour juguler la propagation du coronavirus...

Le président a donc renoncé à son projet évoqué en début de semaine de commencer à relâcher les mesures de restriction à partir du 1er mai dans de nombreux Etats. Les gouverneurs décideront du calendrier, mais ils devront se baser sur des données "vérifiables" requises par Washington pour franchir les 3 étapes en évitant le risque d'une nouvelle vague de contaminations.

En début de semaine, une polémique avait éclaté entre Donald Trump et les gouverneurs démocrates de 9 Etats, qui s'étaient regroupés pour planifier leur sortie de crise. Le président leur avait rappelé mardi que dans ce domaine, "l'autorité du président est totale".

Jeudi soir, il a tempéré en affirmant lors d'une conférence de presse depuis la Maison Blanche que "les gouverneurs seront habilités à adapter leur approche aux circonstances qui dominent dans leur Etat".

"Sur la base des dernières données, notre équipe d'experts est désormais d'accord pour dire que nous pouvons entamer la prochaine phase de notre guerre, que nous appelons : Faire redémarrer l'Amérique", a-t-il ajouté.

Pour entamer le processus et entrer en Phase 1, les Etats devront avoir observé pendant 14 jours une baisse du nombre de cas de Covid-19 et les hôpitaux ne devront pas être sous tension. Une fois admis en Phase 1, ils pourront rouvrir certaines activités dont les salles de sport, les restaurants, les cinémas et les lieux de culte, tout en continuant de respecter les mesures de distanciation sociale et les mesures d'hygiène. Les établissements scolaires resteront fermés, le télétravail restera préconisé, et les déplacements non essentiels resteront proscrits.

Si pendant une période de 14 jours suivant l'entrée en Phase 1, les cas de Covid-19 n'ont pas rebondi, les Etats pourront entrer en Phase 2. Les établissements scolaires pourront alors rouvrir, les voyages reprendre partiellement, et les lieux d'accueil (stades etc.) pourront aussi reprendre leur activité en respectant des protocoles de distanciation...

Le passage en Phase 3 (retour à la quasi-normale) est lui aussi conditionné à une nouvelle période de 14 jours sans résurgence de la maladie. A noter que les personnes les plus vulnérables devront rester confinées dans les Phase 1 et 2 et les visites dans les Ehpad resteront interdites ou fortement limitées avant la Phase 3.

Les Etats-Unis ont recensé plus de 660.000 cas de Covid-19 et plus de 32.000 morts, mais des signes de ralentissements ont été enregistrés, notamment dans l'Etat de New York, le plus touché. "Quand vous regardez le Montana, le Wyoming, le Dakota du Nord", des Etats relativement épargnés par la pandémie, "c'est très différent de New York, c'est très différent du New Jersey", les plus touchés, a relevé Donald Trump. Certains Etats pourraient redémarrer "littéralement demain", a-t-il estimé.

En s'appuyant sur une généralisation des tests de dépistage, il faudra ensuite "identifier rapidement et répondre à toute résurgence du virus", a-t-il poursuivi. "Nous serons très vigilants pour empêcher le virus de revenir par l'étranger", a encore expliqué Donald Trump... Pourtant, durant les dernières 24 heures, les USA ont recensé un nombre record de 4.491 décès liés au coronavirus Covid-19. Il s'agit du plus important bilan quotidien au monde depuis le début de l'épidémie, ce qui ne semble pas faire frémir Trump, trop pressé de relancer la machine économique.

D'autres pays montrent des signes préoccupants, comme la Russie, avec une nouvelle flambée des nouveaux cas quotidiens, plus de 4.000 nouvelles infections selon Interfax contre 3.448 la veille.

Sur le front économique outre-Atlantique ce vendredi, l'indice des indicateurs avancés du Conference Board pour le mois de mars 2020 sera communiqué à 16 heures (consensus -7% en comparaison du mois antérieur, contre +0,1% en février).

En attendant, les opérateurs prennent connaissance d'une contraction historique de l'économie chinoise au premier trimestre. Plombé par la pandémie de Covid-19, le PIB du géant asiatique a diminué de 6,8% sur un an, signant sa plus mauvaise performance depuis au moins 1992, lorsque les publications officielles du PIB ont commencé. Le consensus tablait sur un repli d'environ 6% après une croissance de 6% au quatrième trimestre 2019. L'économie de l'ex-empire du Milieu ne s'était pas contractée en glissement annuel depuis la fin de l'ère Mao dans les années 1970. D'un trimestre sur l'autre, le PIB a décliné de 9,8%, contre une croissance de 1,5% au trimestre précédent. Alors que la Chine est parvenue à rouvrir une grande partie de l'économie après sa paralysie en février, les analystes estiment que les décideurs à Pékin ont devant eux un immense défi pour revigorer la croissance économique alors que l'épidémie de coronavirus pèse lourdement sur la demande mondiale. Les ventes au détail ont chuté de 15,8% en mars, les consommateurs restant prudents, tandis que les investissements ont diminué de 16,1% au cours des trois premiers mois de l'année. Le point positif vient de la contraction plus faible que prévu de la production industrielle en mars (1,1%), dans un contexte d'assouplissement des mesures de confinement.

Pour amortir le choc économique, la Chine a dévoilé une série de mesures fiscales et monétaires, mais pas à l'échelle d'autres nations. D'autres plans de soutien pourraient toutefois être annoncés dans les prochains jours lors de la réunion du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois.

La Bourse de New York a terminé en légère hausse hier jeudi, malgré l'annonce d'un nouveau bond du nombre de demandeurs d'emploi la semaine dernière face à la crise du coronavirus. Les marchés attendaient l'annonce par Donald Trump de son plan de redémarrage de l'économie, se basant sur le fait que le pic pandémique semblait passé, au moins dans certains Etats. Le pétrole WTI est resté scotché sous le seuil de 20$ le baril face au plongeon de la demande mondiale, que les coupes de production annoncées ne suffiront pas à compenser.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,14% à 23.537 points, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 0,58% à 2.799 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a gagné 1,66% à 8.532 pts. Le Nasdaq a notamment été soutenu par les valeurs de la santé et d'internet, dont Amazon (+4,3%) et Netflix (+2,9%) qui ont tous deux fini sur des records historiques.

Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, First Bancorp, Schlumberger ou State Street, publient leurs derniers comptes trimestriels.

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