Wall Street : Dow Jones et Nasdaq dopés par Boeing et Apple

Wall Street : Dow Jones et Nasdaq dopés par Boeing et Apple
Traders sur le floor du New York Stock Exchange.

Boursier.com, publié le mercredi 30 janvier 2019 à 13h41

Wall Street est attendu en vive progression désormais avant bourse ce mercredi, le S&P500 s'adjugeant 0,5% et le Nasdaq près de 1%, avec l'aide d'Apple et de Boeing, et malgré l'incertitude entourant toujours les conditions du Brexit... Sur le marché des changes, l'indice dollar, mesurant les variations du billet vert face à un panier de devises, se stabilise ce jour à 95,8. Sur le Nymex, le baril de brut WTI pour mars prend 0,9% ce jour à 53,8$.

Hier, la cote américaine s'était montrée fébrile, inquiète surtout des tensions entre Washington et Pékin sur le dossier Huawei, intervenant juste avant le nouveau volet de négociations commerciales.

Apple redonne confiance

Les comptes trimestriels très attendus de l'ex-première capitalisation boursière mondiale Apple, qui a depuis quelques mois perdu de son lustre sur fond de ralentissement des ventes d'iPhone, n'ont finalement pas déçu. Le groupe à la pomme a dépassé de peu le consensus sur le trimestre clos, grâce surtout à ses activités particulièrement résilientes de services.

Les conditions du Brexit préoccupent

Le Parlement britannique a exclu mardi soir un Brexit sans accord, mais il a aussi refusé l'accord actuel, et notamment le 'backstop' nord-irlandais... Theresa May va donc reprendre son bâton de pèlerin pour tenter de renégocier avec Bruxelles... Ainsi, le vote du parlement britannique sur le 'Plan B' de Mme May pour le Brexit, n'a pas permis d'éclaircir les conditions du divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Rappelons que le Brexit doit entrer en vigueur dans deux mois, le 29 mars à minuit... Jusqu'à présent, l'Union européenne a refusé d'envisager toute modification de l'accord, et notamment du 'backstop'.

Huawei en question

Les États-Unis ont annoncé treize chefs d'inculpation contre le géant chinois des équipements télécoms Huawei Technologies, deux de ses filiales, ainsi que sa directrice financière, Meng Wanzhou. Ils sont poursuivis pour fraude bancaire et électronique visant à contourner les sanctions contre l'Iran. Meng a été arrêtée à Vancouver le mois dernier. Le ministère chinois des Affaires étrangères a exhorté quant à lui ce jour les Etats-Unis à cesser leur répression jugée "disproportionnée" contre les groupes chinois, et demandé la levée du mandat d'arrêt contre Meng. Huawei a nié par ailleurs toute malversation. L'avocat de Meng affirme enfin que sa cliente, directrice financière et fille du fondateur de Huawei, ne doit pas être "l'otage" des relations entre USA et Chine.

Le département américain de la Justice affirme que le groupe Huawei a trompé une banque internationale, ainsi que les autorités US, concernant ses relations avec les filiales Skycom Tech et Huawei Device USA, afin de réaliser des transactions avec l'Iran. Le DoJ accuse aussi Huawei de vol de secrets commerciaux, fraude électronique et d'entrave à la justice pour vol présumé de technologie de T-Mobile US visant à tester la résistance de smartphones, détaille Reuters. Huawei fait valoir de son côté que les deux entreprises ont réglé leurs différents en 2017.

De quoi perturber les négociations ?

Ce regain de tension n'intervient pas au meilleur moment, alors qu'a lieu cette semaine un nouveau volet de négociations commerciales sino-américaines, à Washington. Ce cycle de négociations avec la Chine doit se dérouler ce jour et demain en présence du vice-premier ministre chinois Liu He. Le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross avait cassé quelque peu l'ambiance la semaine dernière, estimant sur CNBC que Washington et Pékin se situaient "à des miles et des miles" de la résolution de leur conflit commercial... Tout semblant d'avancée dans les discussions sera donc considéré comme une bonne nouvelle.

Wilbur Ross a assuré quant à lui que les deux dossiers, à savoir l'affaire Huawei et les négociations commerciales, étaient "totalement distincts". Le marché ne perçoit sans doute pas la chose de cette oreille... Liu He doit échanger avec le représentant au Commerce Robert Lighthizer et le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin. Il serait ensuite reçu jeudi par Donald Trump en personne.

Statu quo de la Fed tenu pour certain

La réunion de la Fed se tient depuis hier, et le verdict monétaire est attendu ce soir à 20h, juste avant la conférence de presse de Jerome Powell programmée à 20h30. D'après l'outil FedWatch du CME Group, le taux des fonds fédéraux devrait rester entre 2,25% et 2,50% ce soir (probabilité de... 99% d'un statu quo !). Les spécialistes n'attendent d'ailleurs même plus de hausse des taux au premier semestre, compte tenu du ralentissement économique et des derniers commentaires du président de la Fed, Jerome Powell, sur le sujet.

Encore quelques conséquences du 'shutdown', pourtant levé

Malgré sa levée provisoire, le 'shutdown', fermeture gouvernementale partielle, a encore des conséquences sur l'agenda économique américain, avec le report des chiffres du PIB US du quatrième trimestre par le Bureau of Economic Analysis (BEA). Ces chiffres étaient attendus ce jour à 14h30.

En revanche, les chiffres de l'emploi privé non-agricole américain pour le mois de janvier 2019 doivent être communiqués à 14h15 (consensus 174.000) par ADP. Ceux des promesses de ventes de logements aux USA pour le mois de décembre (consensus +0,3%) seront révélés à 16h par la National Association of Realtors.

L'indice de confiance des investisseurs institutionnels mesuré par State Street sera lui aussi annoncé ce jour.

Le rapport hebdomadaire du Département américain à l'énergie concernant les stocks pétroliers domestiques, pour la semaine close au 25 janvier, est attendu à 16h30.

Apple. Malgré les difficultés en Chine et le ralentissement de la demande frappant le produit phare du groupe, l'iPhone, le groupe californien à la pomme est parvenu à dépasser légèrement les attentes de marché pour son premier trimestre fiscal 2019, clos fin décembre. Le géant technologique de Cupertino a bénéficié de la fermeté des activités de services, aux marges copieuses. Les produits 'Wearables' ont également établi un record historique de revenus, tout comme les Macs. Le titre grimpe de plus de 5% avant bourse à Wall Street. Sa capitalisation boursière, qui s'était effondrée en début d'année après l'avertissement sur les ventes, devrait remonter à un peu plus de 760 milliards de dollars aujourd'hui. Rappelons qu'elle avait toutefois brièvement atteint les 1.100 milliards de dollars en fin d'année dernière, du jamais vu à Wall Street.

Sur ce 1er trimestre fiscal clos le 29 décembre, les revenus totaux du groupe sont ressortis à 84,3 milliards de dollars, contre un consensus de 84 milliards. Cela représente un déclin de 5% en glissement annuel. Le bénéfice dilué par action s'est établi quant à lui en progression de 7,5% à 4,18$, contre 4,17$ de consensus de place. Rappelons qu'Apple avait très désagréablement surpris le 3 janvier par un rare avertissement sur les ventes. Le groupe s'est donc finalement conformé (de peu) à ses dernières estimations. Tim Cook, directeur général du groupe, évoquait alors un ralentissement de l'iPhone en Chine.

Apple vise maintenant, pour le second trimestre fiscal 2019, des revenus compris entre 55 et 59 milliards de dollars, à comparer à un consensus de 58,8 milliards. La marge brute trimestrielle est anticipée entre 37% et 38%. Les dépenses opérationnelles sont attendues entre 8,5 et 8,6 milliards de dollars. Le taux d'imposition est évalué enfin à 17% environ. Tim Cook a déclaré enfin à Reuters qu'Apple réfléchissait à fixer ses prix en devises locales plutôt qu'en dollars. La pratique antérieure rendait les téléphones plus chers sur beaucoup de marchés. Cook, qui aurait de fréquents contacts avec le président américain Donald Trump, s'est dit aussi optimiste concernant l'issue des négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. "Les choses semblent se présenter mieux en janvier qu'en décembre", a indiqué le patron d'Apple.

Boeing a présenté ses résultats du quatrième trimestre. Les revenus montent de 14% en glissement annuel, à 28,34 Mds$. Le résultat net ressort à 3,42 Mds$ (5,93$ par action), contre 3,32 Mds$ (5,49$ par action) un an plus tôt. En non-GAAP, le bénéfice par action s'affiche à 5,48$, contre 5,07$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 4,58$, pour des revenus de 26,9 Mds$. Sur 2019, le groupe vise des revenus compris entre 109,5 et 111,5 Mds$ (contre 101,1 Mds$ en 2018), pour un bpa ajusté situé entre 19,9 et 20,1$ (contre 16,01$ en 2018).

eBay, le géant américain des enchères en ligne, a également présenté hier soir ses résultats trimestriels. Les revenus du quatrième trimestre sont ressortis à 2,88 Mds$, contre 2,71 Mds$ un an avant. Les profits se sont affichés à 760 M$ (0,80$ par action), contre une perte de 2,6 Mds$ (2,51$ par action) il y a un an. Le bpa non-GAAP est ressorti à 0,71$, contre 0,59$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,68$, pour des revenus de 2,8 Mds$. Sur le T1, le groupe vise des revenus compris entre 2,55 et 2,60 Mds$, pour un bpa logé entre 0,62 et 0,64$.

AMD grimpe avant bourse à Wall Street. Le rival d'Intel a dévoilé ses résultats du quatrième trimestre. Les revenus se sont élevés à 1,42 Md$, contre 1,34 Md$ un an avant. Les bénéfices s'élèvent à 38 M$ (0,04$ par action), contre une perte de 19 M$ (0,02$ par action) un an plus tôt. En non-GAAP, le bénéfice par action est ressorti à 0,08$, contre 0,01$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bénéfice par action de 0,08$, pour des revenus de 1,45 Md$. Sur le premier trimestre 2019, le groupe vise des revenus d'environ 1,25 Md$ (plus ou moins 50 M$).

Amgen a présenté ses comptes du quatrième trimestre. Les bénéfices s'élèvent à 1,93 Md$ (3,01$ par action), contre une perte de 4,26 Mds$ (5,89$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 3,42$, contre 2,89$ un an plus tôt. Les revenus montent de 7% à 6,23 Mds$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 3,27$, pour des ventes de 5,8 Mds$. Sur 2019, le groupe vise des revenus compris entre 21,8 et 22,9 Mds$ (contre 23,75 Mds$ en 2018), pour un bpa compris entre 13,10 et 14,30$ (contre 14,40$ en 2018).

Juniper Networks a annoncé ses comptes du quatrième trimestre. Les bénéfices sont de 192 M$ (0,55$ par action), contre une perte nette de 148 M$ (0,40$ par action) un an plus tôt. En base ajustée, le bpa ressort à 0,59$, contre 0,53$ un an avant. Les revenus s'affichent à 1,18 Md$, contre 1,24 Md$ il y a un an. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,57$, pour des ventes de 1,2 Md$. Sur le T1, le groupe vise des revenus d'environ 980 M$, pour un bpa d'environ 0,20$. Sur 2019, le bpa est attendu entre 1,75 et 1,85$, contre 1,88$ en 2018.

Alibaba a dévoilé ses comptes du troisième trimestre fiscal. Les revenus sont de 17,06 Mds$, en croissance de 41% en glissement annuel. Les bénéfices s'élèvent à 4,81 Mds$ (1,84$ par action), en progression de 37%. Le bénéfice par action non-GAAP s'affiche de son côté à 1,77$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,63$, pour des revenus de 17,3 Mds$.

Nasdaq Inc a annoncé ses comptes du quatrième trimestre. Le groupe affiche une perte de 44 M$ (0,27$ par action), contre un bénéfice de 163 M$ (0,97$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 1,26$. Les revenus ressortent à 645 M$, contre 630 M$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,14$, pour des revenus de 643 M$... Par ailleurs, le Nasdaq a lancé la bataille avec Euronext pour le rachat de la Bourse d'Oslo, en dévoilant une offre sur Oslo Bors avec le soutien du 'board' de l'opérateur norvégien. L'offre de Nasdaq se situe à 152 couronnes norvégiennes par action, valorisant Oslo Bors 6,54 milliards de couronnes (770 M$). Nasdaq indique que le conseil d'administration et l'équipe de direction d'Oslo Bors recommandent son offre.

AT&T a annoncé ses résultats du quatrième trimestre. Les bénéfices sont de 4,9 Mds$ (0,66$ par action), contre 19 Mds$ (3,08$ par action) un an avant. En base ajustée, le bpa ressort à 0,86$, contre 0,78$ sur la même période de l'exercice précédent. Les revenus s'élèvent à 47,9 Mds$, contre 41,7 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,86$, pour des revenus de 48,5 Mds$.

Facebook publiera ses comptes du quatrième trimestre ce mercredi 30 janvier, après la clôture de Wall Street. Les analystes anticipent en moyenne un bénéfice par action trimestriel de 2,19$, pour des revenus de 16,4 Mds$. Un an avant, sur la même période, le groupe avait enregistré un bpa de 2,21$, et de revenus de 12,97 Mds$.

Microsoft dévoilera également ses comptes du second trimestre fiscal ce soir, après la clôture. Les analystes anticipent en moyenne un bénéfice par action trimestriel de 1,09$, pour des revenus de 32,5 Mds$. Un an avant, sur la même période, le groupe avait enregistré un bpa de 0,96$, et de revenus de 28,92 Mds$. Lors de la publication des comptes du premier trimestre fiscal 2019, Microsoft avait annoncé viser, sur le T2 fiscal, des revenus compris entre 31,9 et 32,7 Mds$.

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