Wall Street en ordre dispersé, malgré les espoirs sur le Covid-19

Wall Street en ordre dispersé, malgré les espoirs sur le Covid-19
Deux traders inquiets sur le floor du NYSE à New York.

Boursier.com, publié le mardi 10 novembre 2020 à 13h26

La cote américaine s'affiche hésitante avant bourse ce mardi, après des sommets du Dow Jones et du S&P500. Le DJIA gagne encore 0,8% en pré-séance, mais le S&P500 s'affiche stable et le Nasdaq perd 1,4%. Hier soir, l'indice riche en valeurs technologiques avait déjà abandonné 1,53% avec les 'valeurs confinement' Netflix ou Amazon, tandis que l'indice historique Dow Jones grimpait de 2,95%, dopé par le vaccin covid de Pfizer et BioNTech. Le baril de brut gagne 1,1% ce jour à 40,7$ sur le Nymex. L'once d'or remonte de 1,2% à 1.876$. L'indice dollar grappille 0,1% face à un panier de devises de référence.

Les opérateurs relativisent quelque peu les annonces de la veille de Pfizer et de son partenaire allemand, attendant d'en savoir plus sur l'innocuité du vaccin et la durée de la protection. Il n'en reste pas moins qu'il s'agit là d'une avancée majeure. Lilly, autre laboratoire phare américain, bénéficie d'une autorisation d'urgence pour son traitement covid, ce qui constitue un autre élément très positif face à une crise sanitaire majeure.

Pendant ce temps, les débats se poursuivent autour de l'élection de Joe Biden à la présidence des Etats-Unis, et le clan Trump n'en démord pas, confirmant ses accusations de fraude et engageant des procédures dans divers Etats. Le leader du Sénat Mitch McConnell soutient désormais ouvertement Trump dans sa démarche, ce qui repousse encore la perspective de l'éventuelle adoption d'un nouveau plan de relance de l'activité aux USA...

Les Etats-Unis ont enregistré plus de 100.000 cas confirmés nouveaux d'infection au Covid-19 pour le quatrième jour hier lundi, avec des situations particulièrement préoccupations au Nouveau Mexique, au Texas ou en Californie, où le gouverneur Gavin Newsom a d'ailleurs nuancé le processus de réouverture.

Selon l'Université Johns Hopkins ce mardi, près de 51 millions de cas confirmés du nouveau coronavirus ont désormais été recensés dans le monde depuis le début de l'épidémie, dont 10,1 millions aux USA, 8,6 millions en Inde, 5,7 millions au Brésil et 1,85 million en France. La France devance d'ailleurs désormais la Russie de ce point de vue, ce qui fait du pays le plus touché en Europe et le quatrième plus affecté au monde. Le virus a fait 1,26 million de morts dans le monde depuis son émergence, dont 238.251 aux Etats-Unis, 162.628 au Brésil et 127.059 en Inde.

Eli Lilly, le laboratoire d'Indianapolis, se distingue à son tour sur le compartiment pharmaceutique. Ainsi, la FDA, agence américaine du médicament, vient d'autoriser l'utilisation en urgence de son traitement expérimental aux anticorps contre le Covid-19 dans le cas de patients non hospitalisés mais risquant de tomber gravement malades du fait de leur âge ou de leur santé. La FDA justifie sa décision par des données montrant qu'une injection unique du traitement réduirait la nécessité d'hospitaliser ou de soigner en urgence les patients à haut risque contaminés. La Maison blanche a salué la décision de la FDA, évoquant un 'tournant majeur'.

Un traitement comparable de Regeneron avait été administré à Donald Trump lors de son hospitalisation le mois dernier, suite à son infection. L'expert américain en maladies infectieuses Anthony Fauci a estimé que le traitement avait sans doute contribué à la guérison de Trump...

La FDA a indiqué que le traitement aux anticorps d'Eli Lilly pouvait être utilisée pour toute personne âgée de plus de 65 ans affectée par des symptômes modérés du Covid-19, et pour des patients âgés de 12 ans et plus ayant des conditions préexistantes susceptibles de provoquer des maladies graves. Le traitement n'a pas été autorisé pour les patients hospitalisés ou ceux nécessitant une aide respiratoire.

Il s'agit donc d'une bonne nouvelle supplémentaire dans la lutte contre le covid. Hier, Pfizer (+7,7%) et son partenaire BioNTech (+13,9% à Wall Street) avaient enthousiasmé les marchés en annonçant d'incroyables résultats intermédiaires de phase 3 de leur vaccin contre le nouveau coronavirus. Les deux groupes avaient fait état d'une efficacité de plus de 90% du vaccin. Albert Bourla, président et directeur général de Pfizer, saluait "un grand jour pour la science et l'humanité". L'Américain et son partenaire allemand BioNTech estiment que les données comparant les individus vaccinés avec leur produit et ceux ayant reçu un placebo indiquent un taux d'efficacité du vaccin de plus de 90% à sept jours après la seconde dose. Cela signifie que la protection du Covid-19 serait atteinte 28 jours après la vaccination initiale. Emporté à juste titre par un bel enthousiasme, le CEO de Pfizer évoquait même "la plus importante avancée médicale des 100 dernières années".

Selon l'étude, le vaccin potentiel aurait donc une efficacité supérieure à 90% dans la prévention du Covid-19 chez les personnes sans preuve d'infection antérieure. L'analyse a évalué 94 cas confirmés d'infection sur une étude portant sur 43.538 participants. Le taux final d'efficacité du vaccin pourrait varier. Par ailleurs, les données de sécurité et d'autres éléments continuent à être collectés.

L'étude a recruté 43.538 patients à ce jour et 38.955 ont reçu la seconde dose du vaccin au 8 novembre. L'étude continue de recruter jusqu'à l'analyse finale, lorsqu'un total de 164 cas confirmés de Covid-19 se seront accumulés. L'étude évaluera également le potentiel du candidat vaccin à fournir une protection contre le Covid-19 chez les personnes qui ont déjà été exposées au SRAS-CoV-2, ainsi que la prévention vaccinale contre la maladie grave du Covid-19. En plus des principaux critères d'évaluation de l'efficacité évaluant les cas confirmés de Covid-19 accumulés à partir de 7 jours après la deuxième dose, l'analyse finale comprendra désormais, avec l'approbation de la FDA, de nouveaux critères d'évaluation secondaires évaluant l'efficacité sur la base des cas accumulés 14 jours après la deuxième dose.

Pfizer et son partenaire allemand entendent demander l'autorisation d'urgence pour l'utilisation de leur vaccin auprès de la FDA peu après avoir obtenu deux mois de données. Sur la base des projections actuelles, les deux groupes entendent produire 50 millions de doses en 2020 puis... 1,3 milliard en 2021.

Sur le front économique outre-Atlantique ce mardi, le rapport JOLTS sur les ouvertures de postes aux Etats-Unis pour le mois de septembre sera communiqué à 16 heures (consensus 6,51 millions)... Eric Rosengren, Randal Quarles et Lael Brainard de la Fed, s'exprimeront dans la journée sur divers sujets économiques et monétaires.

Les valeurs

Après Pfizer, il faut donc suivre Eli Lilly aujourd'hui suite à l'accord FDA obtenu par son traitement du Covid-19.

Arcturus Therapeutics n'est pas en reste, déclarant prévoir de distribuer son candidat vaccin contre le Covid-19 dès le premier trimestre 2021, suite à des résultats encourageants dans le cadre d'une étude préliminaire.

Altimmune bondit à Wall Street, le groupe ayant conclu un accord de partenariat avec le Suisse Lonza pour la fabrication d'un autre candidat vaccin contre le covid !

Amazon. La Commission européenne vient d'adresser une communication de griefs au géant américain concernant l'utilisation des données non publiques de vendeurs indépendants. Elle ouvre également une seconde enquête sur ses pratiques en matière de commerce en ligne. La Commission reproche à Amazon d'utiliser systématiquement les données commerciales non publiques des vendeurs indépendants actifs sur sa place de marché au bénéfice de sa propre activité de vente au détail, qui est en concurrence directe avec celle de ces vendeurs tiers. Le double rôle d'Amazon comme plateforme est mis en cause dans la mesure où le groupe vend des produits sur son site internet en tant que détaillant et met à la disposition des vendeurs indépendants une place de marché (appelée aussi "Marketplace") sur laquelle ils peuvent vendre des produits directement aux consommateurs.

Boeing. L'administration fédérale américaine de l'aviation a initié la dernière phase d'examen des changements apportés au 737 MAX de Boeing et devrait avoir mené à bien ce processus dans les jours prochains, a indiqué à Reuters le patron de la FAA, Steve Dickson.

Occidental Petroleum a publié hier soir une perte trimestrielle plus lourde que prévu, ce qui pourrait donc peser sur les cours malgré la meilleure tendance sectorielle dans le sillage du rebond des prix du brut.

Beyond Meat plonge avant bourse, après la publication d'une perte trimestrielle inattendue. Le groupe a par ailleurs publié des revenus inférieurs aux attentes de marché, souffrant d'une moindre demande pour ses substituts de viande.

Adobe. Le groupe software américain a annoncé l'acquisition de Workfront, plateforme de gestion du travail dans le marketing, pour un montant de 1,5 milliard de dollars. Il s'agit pour Adobe d'une nouvelle offensive lui permettant de mieux assister ses clients dans le contexte du télétravail.

Microsoft, le géant informatique de Redmond, va lancer ce mardi une nouvelle version de sa fameuse Xbox, sept ans après la sortie de la précédente génération de la console, et juste avant la commercialisation de la PlayStation 5 de Sony.

Lowe's, le numéro deux américain de la distribution de produits d'ameublement, a démenti les informations de Bloomberg selon lesquelles le groupe serait en négociations en vue de l'acquisition de HD Supply Holdings.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.