Wall Street en progression, Yellen et Biden attendus

Wall Street en progression, Yellen et Biden attendus
Janet Yellen hilare

Boursier.com, publié le mardi 19 janvier 2021 à 09h52

La cote américaine est attendue en hausse avant bourse ce mardi, après un long week-end de trois jours pour cause de Martin Luther King Day. Le Dow Jones grimpe de 0,5% en pré-séance et le S&P 500 de 0,6%, tandis que le Nasdaq s'accorde 0,9%. Le baril de brut WTI progresse de 0,4% à 52,6$ sur le Nymex. L'once d'or gagne 0,7% à 1.843$. L'indice dollar recule de 0,2% face à un panier de devises de référence.

La cote américaine est attendue en hausse avant bourse ce mardi, après un long week-end de trois jours pour cause de Martin Luther King Day. Le Dow Jones grimpe de 0,5% en pré-séance et le S&P 500 de 0,6%, tandis que le Nasdaq s'accorde 0,9%. Le baril de brut WTI progresse de 0,4% à 52,6$ sur le Nymex. L'once d'or gagne 0,7% à 1.843$. L'indice dollar recule de 0,2% face à un panier de devises de référence.

La tendance est donc positive, en cette veille d'investiture de Joe Biden, 46ème président des États-Unis, et alors que les marchés s'intéressent tout particulièrement à une future Secrétaire au Trésor qu'ils connaissent déjà très bien, Janet Yellen, ex-patronne de la Fed. Yellen doit en effet témoigner plus tard ce jour à Capitol Hill, devant le Comité des finances du Sénat américain, dans le cadre de son audience de confirmation. Elle devrait notamment s'exprimer à propos de fiscalité ou des taux de change. Yellen pourrait ainsi confirmer que les USA n'utilisent pas la faiblesse du billet vert comme avantage concurrentiel. Elle devrait aussi disserter au sujet du package de relance économique, face à un virus qui ne faiblit pas.

Elle indiquera ce mardi au Sénat américain qu'il faut "frapper fort" pour assurer la relance. "Ni le président élu, ni moi ne proposons ce plan d'aide sans prendre en compte le fardeau de la dette de ce pays", affirmera Yellen lors de son audition, selon le texte de sa déclaration. "Mais à ce moment précis, avec des taux d'intérêt à des plus bas historiques, la chose la plus intelligente que nous puissions faire est de frapper fort". "Je pense que les bénéfices l'emporteront largement sur les coûts, en particulier si nous nous soucions d'aider les gens qui sont dans la difficulté depuis très longtemps", dira Yellen, selon le texte du discours, obtenu par Reuters. Selon le Wall Street Journal, l'ex-patronne de la Fed devrait par ailleurs réaffirmer l'engagement à laisser les marchés déterminer la valeur du dollar, par opposition à Trump, qui s'était bien souvent prononcé contre le renchérissement du billet vert. Yellen remplacera au Trésor Steven Mnuchin, qui quittera ses fonctions demain.

Biden, qui a dévoilé la semaine dernière son projet de package de relance de 1.900 milliards de dollars, prêtera serment demain sous haute sécurité, après les événements récents du Capitole, envahi par des émeutiers galvanisés par Donald Trump. Il prendra donc officiellement ses fonctions demain mercredi. Annonçant la semaine dernière son plan de relance, il avait insisté sur la nécessité d'investir massivement et d'accélérer la distribution des vaccins contre le coronavirus. Son ambitieux package prévoit 415 milliards de dollars pour renforcer la lutte et la vaccination contre le covid, près de 1.000 milliards d'aides directes aux ménages et 440 milliards environ d'aides aux petites entreprises et aux municipalités les plus gravement touchées. La majorité des ménages américains recevraient des aides directes de 1.400 dollars et les allocations chômage pourraient être relevées à 400 dollars par semaine, contre 300 actuellement, et prolongées jusqu'en septembre.

Il n'y aura pas de statistique économique ce jour aux États-Unis, au lendemain de la Journée de Martin Luther King Jr. Ailleurs dans le monde, les opérateurs ont juste pris connaissance d'une augmentation de 0,5% du CPI allemand final.

Hier, les investisseurs avaient salué les données économiques particulièrement positives provenant de Chine. L'économie chinoise a fortement progressé au quatrième trimestre 2020, sur un rythme de 6,5% contre 6,1% de consensus, ce qui confirme la rapidité du redressement chinois, malgré la crise sanitaire et les tensions commerciales récurrentes avec les États-Unis de Donald Trump. Les données officielles publiées lundi montrent donc un produit intérieur brut chinois en hausse de 6,5% sur la période octobre-décembre, en rythme annuel, après une croissance de 4,9% au troisième trimestre. Sur la totalité de l'année 2020, le PIB chinois a progressé de 2,3%, d'après les données du Bureau national de la statistique (BNS). Ainsi, la Chine est la seule puissance économique majeure à avoir évité une contraction l'année dernière. Le pays avait pourtant bien mal débuté l'année 2020, avec une contraction historique de 6,8% au premier trimestre, lorsque le foyer de contamination au coronavirus de Wuhan s'était transformé en pandémie. Mais les mesures strictes déployées et les actions de stimulus de Pékin ont donc permis ce prompt rétablissement de l'économie chinoise, avec les exportations et malgré une consommation décevante.

En rythme trimestriel, le PIB chinois a progressé de 2,6% sur la période octobre-décembre, selon les données du BNS, alors que le consensus ressortait à +3,2%.

Goldman Sachs a pour sa part rehaussé son estimation de croissance concernant le PIB des États-Unis à 6,6% pour l'année 2021 contre 6,4% auparavant, après le dévoilement du package économique de 1.900 milliards de dollars de Joe Biden, président élu dont l'investiture est attendue demain. Le taux de chômage américain est désormais attendu à 4,5% fin 2021, contre 4,8% précédemment évalué. Selon GS, les 'chèques de stimulus' de 1.400$ de Biden devraient en effet doper le revenu disponible. Ainsi, l'expansion économique anticipée serait tirée par l'augmentation des revenus disponibles et les dépenses gouvernementales. Les économistes de GS ne s'attendent pas à ce que tous les éléments du plan de 1.900 milliards 'passent', mais ils ont revu en hausse leurs estimations concernant l'aide fiscale aux États, l'éducation et la santé publique, ainsi que l'assurance chômage et les allocations.

Goldman Sachs s'attend à ce que le revenu disponible nominal progresse de 4,5% en 2021, contre une estimation antérieure logée à 3,8%.

GS avait déjà relevé son objectif de croissance à 6,4% lorsque les démocrates avaient remporté le contrôle du Sénat en tout début d'année. La banque d'investissement table ensuite, pour 2022, sur une expansion de 4,3% de la première économie mondiale.

Pendant ce temps, l'épidémie du nouveau coronavirus ne faiblit pas, le cap des 2 millions de morts ayant même été franchi à l'échelle mondiale. Selon les derniers chiffres de l'Université Johns Hopkins, qui fait référence sur le sujet, le nombre de cas confirmés du virus dans le monde depuis le début de la pandémie totalise désormais 95,6 millions, dont plus de 24 millions aux USA, 10,6 millions en Inde et 8,5 millions au Brésil. Le virus a fait 2,04 millions de morts dans le monde, dont plus de 399.000 aux États-Unis. Biden a promis 100 millions de vaccinations aux Américains pour ses 'cent premiers jours', alors que le déploiement des vaccins est pour l'heure ressorti insatisfaisant.

L'actualité des publications trimestrielles sera fournie ce jour. Bank of America, JB Hunt Transport Services, Halliburton, Comerica, State Street, Goldman Sachs et surtout Netflix, publieront ainsi leurs derniers comptes. Demain mercredi, Alcoa, United Airlines Holdings, Bank of New York Mellon, First Bancorp, US Bancorp, Fifth Third Bancorp, Fastenal, Procter & Gamble, UnitedHealth, Teradyne et Morgan Stanley seront de la partie.

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