Wall Street en recul avec Apple et Tesla, en attendant le PIB

Wall Street en recul avec Apple et Tesla, en attendant le PIB
Trader sur le floot du NYSE.

Boursier.com, publié le jeudi 28 janvier 2021 à 11h36

La cote américaine consolide encore avant bourse ce jeudi, au lendemain d'une lourde sanction (-2,05% sur le DJIA et -2,61% pour le Nasdaq). Le DJIA tente de se stabiliser en pré-séance, alors que le S&P 500 rend 0,3% et que le Nasdaq abandonne 0,9%, plombé par Apple et Tesla.

Sur le front économique ce jour, la lecture avancée (première des trois estimations) du PIB américain pour le quatrième trimestre sera communiquée à 14h30 (consensus au rythme de +4,1% de croissance, +3% pour les dépenses personnelles de consommation). La balance du commerce international de biens pour décembre sera connue à la même heure (consensus 83,8 milliards de déficit en lecture avancée). Les inscriptions au chômage pour la semaine close au 23 janvier seront dévoilées également à 14h30 (consensus 875.000).

Les ventes de logements neufs aux USA pour le mois de décembre seront annoncées à 16 heures (consensus 871.000). L'indice des indicateurs avancés du Conference Board pour décembre sera publié à la même heure (consensus +0,3% en comparaison du mois antérieur). L'indice manufacturier de la Fed de Kansas City pour janvier est attendu à 17 heures.

Wall Street a terminé en forte baisse hier mercredi, face aux craintes que fait peser le Covid-19 sur la reprise économique. A l'issue de la réunion de la Fed, son président Jerome Powell a souligné que la pandémie rend les perspectives économiques "hautement incertaines" aux Etats-Unis. En clôture, le DJIA a chuté de 2,05% à 30.303 points, alors que l'indice large S&P 500 a perdu 2,57% à 3.750 pts et que l'indice Nasdaq a lâché de 2,6% à 13.270 pts.

De nombreux investisseurs sont mal à l'aise avec les valorisation très élevées atteintes à Wall Street sur les valeurs technologiques et internet, qui ne laissent pas de place à l'erreur sur les comptes. Les excellents résultats financiers de Microsoft, n'ont ainsi pas suffi à contrer l'aversion au risque. Il semble en être de même pour les comptes plus que confortables d'Apple et de Facebook, qui ne suscitent pas l'enthousiasme ce jour.

La folie spéculative qui s'est emparée de certaines valeurs de second plan commence aussi à inquiéter par l'ampleur des pertes essuyées par les "hedge funds". Ces derniers jours, une fièvre spéculative s'est ainsi emparée de titres visés par des fonds vendeurs à découvert, dont GameStop, qui s'est encore envolé de 134% mercredi, et AMC Entertainment (+301%!), au risque de déclencher une enquête des autorités boursières. Même la Maison Blanche s'est inquiétée mercredi, sa porte-parole déclarant que "la Maison Blanche et le département du Trésor surveillent la situation concernant l'action de Gamestop et d'autres compagnies", qui se sont envolées ces derniers jours sans raison fondamentale.

Les investisseurs ont aussi perçu comme un douche fraîche les commentaires du patron de la Fed Jerome Powell sur l'économie américaine... La Réserve fédérale a maintenu ses taux directeurs proches de zéro et poursuivra ses achats d'actifs au même rythme (120 milliards de dollars par mois), assurant aux marchés son soutien à long terme face à la crise du coronavirus.

Toutefois, la banque centrale relève un ralentissement de la reprise économique. "Le rythme de la reprise dans l'activité économique et l'emploi s'est modéré ces derniers mois, avec une faiblesse concentrée dans les secteurs les plus affectés par la pandémie", souligne le communiqué.

Lors de sa conférence de presse, Jerome Powell a estimé que la nouvelle vague de Covid-19 pesait sur l'activité économique, rendant les perspectives économiques "hautement incertaines". Tout en affirmant voir des signes d'une amélioration de l'économie plus tard cette année, il a estimé que l'économie américaine est encore loin d'une reprise complète et loin des objectifs de la banque centrale en matière d'inflation et d'emploi.

Il a réaffirmé que la Fed ne comptait pas réduire ses achats d'actifs ("tapering") en 2021. Mais il n'a pas évoqué la possibilité d'accroître encore les actions de soutien de la Fed.

Dans l'actualité des entreprises ce jeudi à Wall Street, American Airlines, Altria, Southwest, Allegheny, Western Digital, Marsh & McLennan, McDonald's, Comcast, Valero, Dow Inc, Robert Half, Pultegroup, Juniper, Visa et Mondelez, comptent parmi les nombreuses annonces attendues.

Les valeurs

Apple abandonnait plus de 3% après bourse hier à Wall Street, malgré une publication trimestrielle impressionnante, marquée par un chiffre d'affaires record. Le Californien de Cupertino a donc dépassé pour la première fois la barre des 100 milliards de dollars de revenus trimestriels, avec l'iPhone 12 et l'iPad. Le groupe à la pomme a généré des revenus de 111,4 milliards de dollars pour son premier trimestre fiscal, contre 91,8 milliards un an plus tôt et 103,3 milliards de consensus FactSet. Dans l'activité smartphone, le groupe a réalisé des revenus de 65,6 milliards de dollars, contre 56 milliards sur la période comparable de l'exercice antérieur et 59,3 milliards de consensus.

L'autre bonne surprise provient de la Chine, où Apple a réalisé des revenus de 21,3 milliards de dollars contre 13,6 milliards un an avant, avec les iPad et les Mac, ainsi bien évidemment que l'iPhone.

Apple a dégagé sur le trimestre clos un bénéfice net de 28,8 milliards de dollars soit 1,68$ par titre, contre 22,2 milliards un an auparavant. Le consensus de bpa était de 1,42$. Le groupe n'a pas fourni de guidance précise, mais le directeur financier du groupe a confié s'attendre à une accélération de la croissance globale sur le trimestre de mars. En particulier, la demande en iPhone serait très forte en ce début de trimestre. Le consensus est pour l'heure de 74 milliards de recettes et 91 cents de bpa sur la période.

Tesla abandonnait plus de 5% après bourse hier à Wall Srreet, pour avoir manqué pour la première fois en un an le consensus de marché en termes de profits. Il était néanmoins concevable que les opérateurs prennent une partie de leurs bénéfices sur le dossier suite à l'incroyable rallye des derniers mois ayant conduit le groupe de Musk sur les 800 milliards de dollars de capitalisation boursière. Pour le reste, la publication d'hier soir est tout de même robuste, et Tesla anticipe une croissance annuelle de 50% de ses livraisons dans les prochaines années, ainsi qu'une accélération dès 2021.

Tesla a donc manqué hier le consensus de bénéfice sur le trimestre clos, mais il s'agit tout de même pour le constructeur de véhicules électriques du sixième trimestre consécutif de rentabilité. Les ventes ont quant à elles dépassé les attentes. Le groupe californien a dégagé sur le trimestre un bénéfice net de 270 millions de dollars et 24 cents par action, contre 105 millions de dollars un an avant. Le bénéfice ajusté par action a représenté 80 cents, mais le consensus était de 1,02$. Les revenus se sont envolés de 46% à 10,74 milliards de dollars. Elon Musk pense que 2021 "sera une grande année pour Tesla", avec les nouveaux véhicules, les nouvelles usines et la montée en puissance de la production.

Facebook a publié hier soir des résultats assez exceptionnels, monétisant au mieux ses activités, mais le groupe de Mark Zuckerberg se montre prudent face aux obstacles significatifs en matière publicitaire pour 2021 et à la concurrence d'Apple, qui pourrait être sérieuse selon le fondateur du réseau social californien. Zuckerberg a ainsi admis qu'Apple était désormais l'un des plus grands rivaux de son groupe. Pour le trimestre écoulé, la firme a annoncé des revenus de 28,1 milliards de dollars et un bénéfice par action de 3,88$, alors que les analystes ne tablaient que sur 26,4 milliards de recettes et 3,2$ de bénéfice par action. Le nombre d'utilisateurs actifs quotidiens a augmenté pour sa part de 11% à 1,84 milliard en moyenne. Le nombre d'utilisateurs actifs mensuels a grimpé de 12% à 2,8 milliards.

Malgré les commentaires prudents du directeur financier David Wehner au sujet des "incertitudes significatives", il faut donc reconnaître que Facebook est plus que jamais incontournable, et parvient à monétiser ses opérations de mieux en mieux. Wehner anticipe des taux de croissance des revenus totaux stables ou en modeste accélération séquentielle sur les premier et deuxième trimestres 2021. Sur le trimestre clos, les revenus totaux se sont appréciés de 33% en glissement annuel. Pour l'exercice, la croissance ressort à 22% et les revenus totalisent près de 86 milliards de dollars. Le bénéfice net trimestriel a atteint 11,22 milliards de dollars, en augmentation de 53% en glissement annuel, portant les profits annuels à 29,15 milliards de dollars.

Levi Strauss a annoncé hier soir pour son quatrième trimestre fiscal des profits et revenus supérieurs aux attentes de marché. Le groupe prévient toutefois qu'il connaît encore un faible trafic en magasins et d'autres difficultés liées à la pandémie. Sur le trimestre clos, le groupe a dégagé un bénéfice net de 57 millions de dollars soit 14 cents par titre, contre 96 millions de dollars un an avant. Le bénéfice ajusté par action a représenté 20 cents contre 26 cents un an avant. Les revenus ont décliné de 12% à 1,39 milliard de dollars. Les ventes en ligne ont en revanche flambé de 38%. Le consensus était de 15 cents de bpa pour 1,34 milliard de ventes trimestrielles.

Whirlpool, le fabricant américain d'appareils électroménagers, a dépassé les attentes de bénéfices et revenus pour le trimestre clos. Sur le quatrième trimestre fiscal, le groupe a dégagé un bénéfice ajusté par action de 6,64$ à comparer à un consensus voisin de 6,3$. Le bpa était de 4,91$ un an avant. Le groupe aux marques Maytag et KitchenAid a affiché des revenus trimestriels de 5,8 milliards de dollars sur cette période de décembre, contre 5,4 milliards un an avant et 5,6 milliards de consensus. Pour l'exercice, le groupe anticipe un bpa GAAP allant de 17,8 à 18,8$ et un free cash flow d'un milliard ou plus. Le bpa ajusté annuel est attendu entre 19 et 20$.

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