Wall Street en retrait, avec Intel et IBM

Wall Street en retrait, avec Intel et IBM©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 22 janvier 2021 à 11h33

La cote américaine, qui terminait hier soir en ordre dispersé (-0,04% sur le DJIA et +0,55% sur le Nasdaq), est attendue nettement dans le rouge avant bourse ce vendredi, avec les corrections d'Intel et d'IBM. Le DJIA abandonne 0,7% en pré-séance et le S&P 500 0,6%, alors que le Nasdaq recule de 0,5%. Le baril de brut WTI cède 2% à 52$. L'once d'or perd 0,4%. L'indice dollar grappille 0,1% face à un panier de devises de référence.

La cote américaine, qui terminait hier soir en ordre dispersé (-0,04% sur le DJIA et +0,55% sur le Nasdaq), est attendue nettement dans le rouge avant bourse ce vendredi, avec les corrections d'Intel et d'IBM. Le DJIA abandonne 0,7% en pré-séance et le S&P 500 0,6%, alors que le Nasdaq recule de 0,5%. Le baril de brut WTI cède 2% à 52$. L'once d'or perd 0,4%. L'indice dollar grappille 0,1% face à un panier de devises de référence.

Pour une fois, les marchés trouvent donc un autre motif que la crise sanitaire pour consolider sur leurs sommets. Les opérateurs étudient en effet les derniers résultats publiés. Les annonces d'IBM ont déçu, alors que celles d'Intel avaient 'fuité' avant la clôture, ce qui explique le recul attendu du titre après son gain de la veille. Les principaux indices américains avaient précédemment inscrit de nouveaux records suite à l'investiture de Joe Biden, 46ème président des États-Unis, qui disposera d'un Congrès orienté démocrate pour mener à bien sa politique. Un package de 1.900 milliards de dollars a été dévoilé pour soutenir l'économie, alors que le nouveau président a pris sans attendre une série de mesures rompant avec l'ère Trump.

Sur le front sanitaire, les nouvelles mesures restrictives annoncées aux USA, en Asie et en Europe pèsent aussi, bien évidemment, sur le moral des opérateurs. Selon l'Université Johns Hopkins ce jour, le nombre de cas confirmés de Covid-19 depuis le début de la pandémie ressort maintenant à 97,6 millions dans le monde, dont 24,6 millions aux Etats-Unis. Le virus a fait 2,09 millions de morts dans le monde et 410.349 aux USA, tandis que Biden craint que le seuil des 500.000 morts ne soit dépassé dès le mois de février. Selon lui, les choses empireront donc avant de s'améliorer, vaccins et mesures sanitaires aidant.

En attendant, la Chine est confrontée à sa pire flambée épidémique depuis mars. Pékin a lancé une vaste campagne de dépistage, tandis que Shanghai va tester l'ensemble de son personnel médical. Les autorités de Hong Kong ont quant à elles choisi de confiner un quartier entier. En Europe, la France veut imposer dès ce week-end un test PCR à tout voyageur arrivant d'un autre pays de l'UE. Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a jugé la situation sanitaire européenne "très grave". Aux États-Unis, Biden a promulgué une série de décrets visant à amplifier la lutte contre le virus. Une quarantaine pour les voyageurs étrangers est notamment au programme.

Dans l'actualité économique outre-Atlantique ce vendredi, l'indice flash PMI composite américain du mois de janvier sera communiqué à 15h45 (consensus 55,5 sur l'indice composite, 56,5 sur le manufacturier et 53,8 pour les services). Les reventes de logements existants du mois de décembre seront communiquées à 16 heures (consensus au rythme de 6,55 millions, contre 6,69 millions un mois auparavant). Le rapport hebdomadaire du Département américain à l'Énergie concernant les stocks pétroliers domestiques, pour la semaine close au 15 janvier, sera annoncé à 17 heures.

La journée a déjà été riche en actualités économiques, ailleurs dans le monde, avec des ventes de détail décevantes au Royaume-Uni (+0,3%), ainsi que des indicateurs PMI européens très divers. En France, le PMI manufacturier a atteint 51,5, mais celui des services a reculé à 46,5. En Allemagne, l'indice manufacturier s'est élevé à 57 mais celui des services est ressorti en zone de contraction à 46,8. Sur l'ensemble de la zone européenne, la tendance est comparable, avec un solide PMI manufacturier flash de 54,7, mais un indicateur des services sans vigueur à 45. Le contraste est encore plus saisissant au Royaume-Uni, avec un PMI manufacturier de 52,9 et un indicateur des services dépressif de 38,8.

Dans l'actualité des entreprises à Wall Street ce vendredi, il faudra encore suivre les derniers comptes trimestriels de Schlumberger, Kansas City Southern, First Horizon, Regions Financial, Huntington Bancshares et de quelques autres banques régionales.

Les valeurs

Intel a créé la surprise jeudi soir, en publiant ses comptes du 4e trimestre avant la clôture de Wall Street. Les résultats du géant américain des microprocesseurs sont ressortis très supérieurs aux attentes des marchés, ce qui a fait bondir le cours de bourse de 6,46% hier en clôture. La séance du jour devrait donc être marquée par des prises de bénéfices.

Le bénéfice net du groupe basé à Santa Clara, en Californie, a chuté de 15% au 4e trimestre, pour atteindre 5,86 milliards de dollars, soit 1,42$ par action, contre 6,91 Mds$ (1,58$) un an plus tôt. Toutefois, en données ajustées des éléments non récurrents, le bpa atteint 1,52$, stable par rapport à la même période de 2019. Les revenus ont reculé de 1,1% à 19,98 Mds$, contre 20,21 Mds$ au T4 2019. Le consensus des analystes de FactSet tablait sur un bpa ajusté de seulement 1,11$, et sur un chiffre d'affaires de 17,53 Mds$. Intel avait de son côté prévu un bpa de 1,1$ et des revenus de 17,4 Mds$, avant d'indiquer lors de l'annonce de son changement de CEO la semaine dernière, qu'il allait dépasser sa guidance de ventes.

Pour le 1er trimestre 2021, Intel s'attend à un revenu ajusté de 17,5 Mds$ et un bpa ajusté de 1,10$, de chiffres supérieurs au consensus (16,08 Mds$ et 0,93$).

Au 4e trimestre, la branche puces pour centres de données a fait mieux que prévu avec un chiffre d'affaires de 6,1 Mds$ (-16%) alors que les analystes s'attendaient à 5,48 Mds$. Les puces pour PC (la division historique d'Intel) ont généré des ventes de 10,9 Mds$, en hausse de 9%, là où Wall Street s'attendait à 9,57 Mds$.

IBM a annoncé jeudi après la clôture de Wall Street des résultats déprimés au 4e trimestre 2020. Sur l'ensemble de l'année dernière, le bénéfice net a reculé pour la 7è année consécutive, et les ventes ont fléchi 8 fois sur les 9 dernières années. De quoi justifier l'annonce, à l'automne dernier, d'une scission en deux entités du géant américain des services informatiques en vue d'un recentrage sur le "cloud".

Au 4e trimestre, le bénéfice net de "Big Blue" a reculé à 1,36 Md$, soit 1,51$ par action contre 4,11$ par action lors de la même période de 2019 (-63%). Après ajustements, notamment pour charges de restructuration, le bpa a atteint 2,07$ contre 4,79$ in an plus tôt (-57%). Les ventes ont reculé de 6,5% à 20,37 Md$ contre 21,78 Mds$ en 2019. Les ventes du groupe ont désormais reculé 30 fois sur les 34 derniers trimestres. Les analystes s'attendaient à un bpa ajusté de 1,81$ et des ventes de 20,7 Mds$.

Sur l'ensemble de l'année 2020, le bpa ajusté est tombé à 8,67$ contre 12,81$ en 2019 (-32%), tandis que les revenus sont tombés à 73,62 Mds$ contre 77,15 Mds$ en 2019 (-4,5%). Début 2020, les analystes espéraient, notamment grâce à l'acquisition de Red Hat, que le groupe parviendrait à dégager un bpa ajusté de 13,30$ sur un chiffre d'affaires de 79,4 Mds$, mais ces prévisions ont été balayées par la crise du coronavirus.

En 2021, "Big Blue" subira une cure volontaire d'amaigrissement avec le "spinoff" prévu de sa division services de gestion d'infrastructures ("IT outsourcing"). L'apport de Red Hat et le changement de directeur général, avec l'arrivée d'Arvind Krishna en avril 2020, devraient permettre au groupe de mieux se positionner sur le marché porteur du moment, le "cloud", et en particulier les infrastructures de cloud hybride, ainsi que l'intelligence artificielle.

Seagate, le géant des disques durs et du stockage de données, a annoncé pour son second trimestre fiscal des comptes supérieurs aux attentes, mais le titre pourrait souffrir ce jour du fait d'une guidance trop courte pour le troisième trimestre fiscal. Sur cette période, le groupe anticipe en effet des revenus de 2,65 milliards de dollars, plus ou moins 200 millions de dollars, contre un consensus de marché de 2,67 milliards. Le bénéfice ajusté T3 par action est attendu à 1,30$, plus ou moins 15 cents, contre un consensus de 1,31$. Pour le second trimestre, le groupe de Cupertino a réalisé des revenus de 2,62 milliards, en repli de 3% en glissement annuel, contre 2,55 milliards de consensus. Le bpa ajusté a baissé de 4% à 1,29$, alors qu'il était attendu à 1,1$.

CSX, le groupe ferroviaire américain, a publié pour son quatrième trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 1,04$ à comparer à un consensus de 1$ et un niveau de 99 cents un an plus tôt. Les revenus du groupe ont totalisé 2,83 milliards de dollars sur le trimestre clos fin décembre, contre 2,89 milliards un an avant. Le groupe dépassé donc de 3% le consensus de place en termes de revenus. Le bénéfice net consolidé trimestriel s'est établi quant à lui à 760 millions de dollars et 99 cents par action, comprenant une charge de 5 cents par titre après imposition pour le remboursement de la dette.

Comcast. Il n'est pas encore temps pour 'No Time to Die'. La sortie mondiale du nouveau James Bond a en effet été repoussée à octobre, ont annoncé hier les producteurs. La première mondiale est attendue désormais le 8 octobre, au lieu du mois d'avril, selon une annonce sur le site officiel James Bond et le compte Twitter correspondant. Le film devait initialement arriver en salles en avril 2020, avant d'être repoussé à novembre 2020 puis à avril. Il s'agit de l'ultime opus de la saga Bond pour l'acteur britannique Daniel Craig.

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