Wall Street en retrait, l'inflation sous surveillance

Wall Street en retrait, l'inflation sous surveillance
Trader sur le floor du New York Stock Exchange.

Boursier.com, publié le mercredi 12 mai 2021 à 11h32

La cote américaine est attendue encore en léger retrait avant bourse ce mercredi, après un début de semaine difficile marqué surtout par les craintes liées à l'inflation. Le Nasdaq perd encore 0,4% en pré-séance ce jour, alors que le DJIA et le S&P 500 abandonnent 0,2%. Le baril de brut WTI remonte de 0,7% sur le Nymex à 65,8$. L'once d'or recule de 0,2%. L'indice dollar gagne 0,2%. Le bitcoin progresse de 3% vers les 57.000$ sur Bitfinex. Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans évolue à 1,62%, alors que celui de l'échéance à 30 ans ressort à 2,33%.

La cote américaine est attendue encore en léger retrait avant bourse ce mercredi, après un début de semaine difficile marqué surtout par les craintes liées à l'inflation. Le Nasdaq perd encore 0,4% en pré-séance ce jour, alors que le DJIA et le S&P 500 abandonnent 0,2%. Le baril de brut WTI remonte de 0,7% sur le Nymex à 65,8$. L'once d'or recule de 0,2%. L'indice dollar gagne 0,2%. Le bitcoin progresse de 3% vers les 57.000$ sur Bitfinex. Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans évolue à 1,62%, alors que celui de l'échéance à 30 ans ressort à 2,33%.

L'indice américain des prix à la consommation du mois d'avril 2021 sera communiqué à 14h30. Le consensus est de +0,2% en comparaison du mois antérieur et de +3,6% en glissement annuel. Hors alimentation et énergie, le CPI est attendu en hausse de 0,3% par rapport à mars et de 2,3% en comparaison de l'an dernier. Cet indicateur sera donc particulièrement surveillé, alors que les marchés sont actuellement préoccupés par la flambée des prix des matières premières et le risque de poussée de l'inflation du fait également des contraintes de supply chain.

Jeudi, ce sera au tour de l'indice des prix à la production aux Etats-Unis d'être publié.

Le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques américains pour la semaine close au 7 mai sera révélé à 16h30.

Le Département américain au Trésor annoncera pour sa part à 20 heures le déficit budgétaire du mois d'avril (consensus 349 milliards de dollars de déficit).

L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois de mai sera communiqué à 16h45.

Le vice-président de la Fed Richard Clarida, ainsi que Raphael Bostic et Patrick Harker, interviendront dans la journée.

Après le coup de tabac sur les valeurs technologiques, lundi, la correction boursière s'est généralisée hier mardi, les investisseurs préférant alléger leurs positions dans l'attente des derniers chiffres de l'inflation. Les taux d'intérêts ont continué de se tendre, tandis que le dollar est resté affaibli. A la clôture hier, l'indice Dow Jones a perdu 1,36% terminant à 34.269 points, sa pire séance depuis février, alors qu'il avait bien résisté lundi, franchissant même en séance les 35.000 pts pour la 1ère fois. L'indice large S&P 500 a cédé 0,87% à 4.152 pts (après -1,04% lundi), et le Nasdaq a limité les dégâts, en recul de seulement 0,09% à 13.389 points, après avoir abandonné 2,55% lundi, sa pire journée depuis le mois de mars. Le Nasdaq a désormais perdu 5,3% par rapport à son précédent record du 26 avril, à 14.138 pts.

Hier, les chiffres de l'inflation en Chine (CPI et PPI) ont montré une accélération de la hausse des prix dans la 2e économie mondiale. Les prix de gros ont ainsi bondi de 6,8% sur un an, après +4,4% en mars, au plus haut depuis octobre 2017. Le consensus attendait une hausse de 6,5%. Les prix à la consommation ont de leur côté augmenté de 0,9% sur un an, après +0,4% en mars, mais moins qu'attendu par les économistes (+1%).

Malgré les déclarations quasi-unanimes de la Fed sur le caractère temporaire de l'inflation et sur la nécessité d'un soutien monétaire prolongé jusqu'à la fin 2023, un certain nombre d'experts sont convaincus que la banque centrale américaine sous-estime le risque inflationniste, et qu'elle sera forcée de commencer à réduire son soutien bien avant la fin 2023, pour juguler la hausse des prix engendrée par la reprise mondiale et l'envolée des cours des matières premières.

De très nombreux responsable de la Fed s'expriment cette semaine, dont le patron de la branche de Chicago, Charles Evans, qui a répété lundi que la Fed poursuivrait longtemps sa politique actuelle. Il a ajouté qu'une hausse temporaire de l'inflation annuelle à 2,5% ne l'inquiéterait pas si elle menait à un chiffre à long terme de l'ordre de 2% (l'objectif de la Fed).

Hier , la gouverneure de la Fed Lael Brainard a aussi prôné la "patience", en estimant que les mauvais chiffres de l'emploi en avril, dévoilés vendredi dernier (seulement 2660.000 créations de postes contre 1 million attendus) prouvaient que la Fed avait eu raison d'afficher sa volonté de ne pas réduire son soutien trop tôt à l'économie. Mary Daly, la présidente de la Fed San Francisco, a renchéri mardi lors d'une intervention séparée, affirmant qu'il n'était pas encore temps de parler de réduire le soutien de la banque centrale... Elle s'est dite "optimiste" sur la sortie de la crise du Covid-19 d'ici à 2022, et a estimé que les hausses des prix et des salaires observées actuellement sont la conséquence de "goulets d'étranglements" et sont "sans doute transitoires".

Même schéma de réflexion pour le patron de la Fed de Philadelphie, Patrick Harker, qui a jugé mardi "prématuré" de parler de "tapering" (réduire les montant des achats d'actifs). Il a dit s'attendre à ce que l'inflation grimpe cette année à 2,3% en glissement annuel, et l'inflation sous-jacente à 2%. Enfin, James Bullard (Fed de St-Louis) a lui aussi dit qu'il était trop tôt pour parler de "tapering", dans un entretien avec la chaîne 'CNBC'.

La reste de la semaine sera encore riche en déclarations de la Fed, avec le vice-président de la Fed Richard Clarida, aujourd'hui et demain, puis James Bullard (Fed de St-Louis) suivi vendredi du patron de la Fed de Dallas, Robert Kaplan. Ce dernier est le seul à s'être prononcé ouvertement ces derniers jours pour l'ouverture dès à présent d'un débat sur la diminution du programme massif de rachat d'actifs de la Fed.

Mardi, sur le front de l'emploi américain, le rapport JOLTS a fait ressortir un nombre record d'ouvertures de postes en mars à 8,123 millions, contre 7,45 millions de consensus de place et 7,53 millions environ pour la lecture révisée (en hausse) du mois antérieur... Vendredi, les créations de postes aux USA pour le mois d'avril avaient largement déçu, avec seulement 266.000 créations non-agricoles contre près d'un million espéré. Joe Biden en a profité pour effectuer un petit rappel à l'ordre et affirmer que les Américains à qui il était proposé un emploi correct devaient l'accepter sous peine de perdre leurs allocations. La Maison blanche va travailler avec les Etats pour s'assurer que les chômeurs ne refusent pas d'emplois convenables.

Sur les marchés pétroliers, les deux variétés de brut ont gagné plus de 30% depuis le début de l'année, les investisseurs anticipant une accélération de la demande au second semestre 2021 à mesure que les effets de la pandémie de coronavirus s'estompent dans les principales zones économiques mondiales. Colonial Pipeline a été contraint vendredi de fermer son immense réseau d'oléoducs après la cyberattaque. Le groupe a cependant a indiqué lundi qu'il avait commencé à rouvrir ses lignes de distribution "par étape" avec pour objectif de rétablir l'essentiel des opérations "d'ici la fin de la semaine".

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