Wall Street : Fed et pomme pour contrer le virus chinois ?

Wall Street : Fed et pomme pour contrer le virus chinois ?
Une Chinoise portant un masque prend une photo place Tian'anmen à Pékin, en pleine épidémie de coronavirus.

Boursier.com, publié le mardi 28 janvier 2020 à 11h12

Wall Street, qui corrigeait brutalement hier avec les craintes liées au coronavirus chinois, reprend un peu de hauteur avant bourse ce mardi. Les opérateurs semblent relativiser l'épidémie, et se concentrer désormais sur deux rendez-vous majeurs, à savoir la publication des comptes d'Apple et la réunion monétaire de la Fed. Le S&P500 avance de 0,3% en pré-séance, alors que le Nasdaq grimpe de 0,5%. Le DJIA progresse de 0,3%. L'indice dollar se stabilise à 97,8. Le baril de brut WTI consolide de 0,5% à 52,9$ sur le Nymex américain.

A la clôture hier, l'indice Dow Jones avait cédé 1,57% à 28.535 points, tandis que l'indice large S&P500 avait lâché 1,57% à 3.243 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, avait reculé de 1,89% à 9.139 pts. La semaine dernière, les trois indices avaient reculé respectivement de 1,2%, 1% et 0,8%, déjà affectés par la propagation du coronavirus. Avant cela, le S&P500 avait enchaîné une série de 8 semaines de hausse ininterrompues. Les trois indices avaient franchi de nouveaux records historiques en janvier dans le sillage de la signature de l'accord commercial partiel entre les Etats-Unis et la Chine.

On ne peut pas dire que la situation sanitaire s'améliore. Selon la China National Health Commission, le nombre de cas confirmés de coronavirus a dépassé les 4.000 (contre un décompte antérieur voisin de 2.800), alors que le nombre de morts a franchi les 100 dans la province du Hubei. Les autorités chinoises de santé ont prévenu d'une accélération de la propagation du virus, alors que les inquiétudes portent par ailleurs sur le délai d'incubation, qui pourrait être plus long que prévu. Les Etats-Unis ont conseillé quant à eux à leurs citoyens d'éviter les voyages vers la Chine et en particulier le Hubei. La Chine et Hong Kong ont aussi durci les restrictions afin de contenir le virus. Quels que soient les futurs développements, cette crise sanitaire pèsera indubitablement sur la croissance chinoise et asiatique, et sans doute également sur l'expansion d'autres économies...

La semaine boursière est marquée aux États-Unis par la réunion de la Fed, qui se tient ce mardi et demain mercredi et devrait se solder par un statu quo sur le taux des fonds fédéraux. Le communiqué monétaire de la Fed sera révélé demain à 20 heures, suivi de la conférence de presse de Jerome Powell, président de la digne institution, à 20h30. Selon l'outil FedWatch du CME Group, le taux des fed funds devrait rester inchangé entre 1,50 et 1,75% le 29 janvier (probabilité actuelle de 87,3%). La probabilité d'un relèvement de taux d'un quart de point, entre 1,75 et 2%, est assez minime à 12,7% selon FedWatch.

La réunion suivante se tiendra les 17 et 18 mars et devrait également déboucher sur un statu quo, la probabilité d'un taux logé entre 1,50 et 1,75% le 18 mars étant de 77,4% selon l'outil FedWatch - contre 11% de 'proba' d'une hausse d'un quart de point et 11,6% de chances pour un éventuel assouplissement d'un quart de point.

Sur le front économique outre-Atlantique ce jour, les commandes de biens durables aux USA pour le mois de décembre 2019 seront communiquées à 14h30 (consensus +0,5% en comparaison du mois antérieur, +0,2% hors transport). L'indice S&P Corelogic Case-Shiller des prix de l'immobilier du mois de novembre sera révélé à 15 heures (consensus +0,4% pour l'indice 20-city des 20 principales zones métropolitaines, ajusté des variations saisonnières et en comparaison du mois antérieur).

L'indice de confiance des consommateurs américains mesuré par le Conference Board pour le mois de janvier 2020 sera annoncé à 16 heures (consensus 127,8). L'indice manufacturier de la Fed de Richmond pour janvier sera révélé à la même heure (consensus de 5).

Les valeurs

Apple s'apprête à dévoiler ce soir après la clôture de Wall Street les résultats de son 1er trimestre fiscal, achevé fin décembre. Les attentes des investisseurs sont élevées pour ce trimestre de fêtes de fin d'année, le marché ayant propulsé l'action Apple à des sommets historiques ces dernières semaines. Les consensus d'analystes tablent sur des ventes et des bénéfices record, soutenus par les ventes de services et d'accessoires, notamment le très populaire AirPod, ainsi que des solides ventes de la nouvelle gamme d'iPhone 11.

La situation contraste avec l'an dernier, où Apple avait émis, le 2 janvier 2019, un avertissement sur ses ventes, une première depuis près de 20 ans, évoquant la faiblesse des marchés émergents, particulièrement en Chine. Depuis, le groupe est toutefois reparti de l'avant, grâce à l'iPhone 11 et au lancement de son service de vidéo en streaming Apple TV+. En un an, le cours de Bourse de la firme à la pomme a plus que doublé et sa capitalisation boursière, volant de record en record, a dépassé récemment les 1.400 milliards de dollars.

Lundi, le titre a cependant flanché (-2,4% en séance) dans un contexte d'inquiétude au sujet du coronavirus chinois, qui pourrait affecter les ventes du géant des smartphones si la maladie continue de se propager en Chine et ailleurs. Le cycle de production d'Apple, qui sous-traite la fabrication à des entreprises chinoises et asiatiques, pourrait aussi être désorganisé par le virus.

Pour le trimestre octobre-décembre 2019, le consensus établi par le cabinet Factset table sur des ventes de 88,45 milliards de dollars, ce qui serait un record, et représenterait une hausse de 5% par rapport à la même période de 2019 (84,31 Mds$). Le bénéfice par action est attendu à 4,54$ (ce qui serait aussi un record), contre 4,18$ un an plus tôt. Le chiffre d'affaire provenant des ventes d'iPhones devrait croître légèrement de l'ordre de 1% pour atteindre 51,38$ (soit 58% des ventes totales), tandis que les ventes de iPad (6,73 Mds$) et d'iMac (7,18 Mds$) seraient elles aussi proches de celles de l'an passé.

La croissance des ventes devrait essentiellement provenir des produits portables et accessoires (dont les AirPods, l'Apple Watch et le HomePod), qui devraient bondir de 35% et frôler les 10 Mds$ à 9,85 Mds$. Les services (App Store, musique, jeux et Apple TV+) devraient aux aussi voir leurs revenus grimper, d'environ 20%, pour atteindre un niveau record de 13,06 Mds$, selon Factset.

Les ventes de fin d'année des nouveaux smartphones de la nouvelle gamme iPhone 11 seront scrutés ainsi que celle des écouteurs sans fil AirPods, qui rencontrent un grand succès, et les ventes en Chine, qui sont elles aussi attendues robustes. Les rumeurs de marchés évoquent désormais le lancement de la première génération de smartphones 5G de la firme à la pomme pour la fin 2020, précédé au printemps du lancement d'un smartphone de moyenne gamme.

Les investisseurs seront aussi à l'affût de données concernant AppleTV+, au sujet duquel Apple a très peu communiqué depuis son lancement en novembre. Selon le cabinet Ampere Analysis, cité par le 'Wall Street Journal', Apple compterait déjà 33,6 millions d'abonnés à Apple TV+ à la fin 2019, ce qui le placerait à la 3e place derrière le leader Netflix (61,3 millions) et Amazon Prime Video (42,2 millions), mais devant Hulu (31,8) et Disney+ (23,2).

Enfin, notons que le Nikkei a cité des sources affirmant qu'Apple avait demandé à ses fournisseurs de fabriquer jusqu'à 10% d'iPhone supplémentaires au premier semestre 2020. Cependant, les fournisseurs, dont Hon Hai Precision, sont probablement affectés par l'épidémie de coronavirus, ce qui pourrait impacter la production et freiner ces ambitions du groupe à la pomme. Le fondateur de Foxconn a prévenu la semaine dernière que le virus pourrait affecter la chaîne d'approvisionnement.

Whirlpool a dépassé les attentes de marché hier soir en termes de profits, publiant des chiffres solides après la clôture de Wall Street et des prévisions 2020 largement meilleures que prévu sur le plan de la rentabilité. Le concepteur d'appareils ménagers aux marques KitchenAid et Maytag table désormais, pour 2020, sur un bénéfice par action allant de 16 à 17$. Le milieu de fourchette, 16,5$, est supérieur au consensus (16,3$). Les ventes nettes ont régressé de 5% sur le trimestre clos à 5,38 Mds$, contre 5,5 Mds$ de consensus. En revanche, le bénéfice net part du groupe s'est établi à 288 millions de dollars et 4,52$ par titre sur le quatrième trimestre fiscal clos fin décembre, contre 170 millions de dollars et 2,64$ par action un an plus tôt.

Boeing, le géant aéronautique américain fragilisé par l'affaire du 737 MAX, aurait obtenu plus de 12 milliards de dollars d'engagements de financement, selon des personnes familières de la question citées par Bloomberg. L'accord de financement pourrait être finalisé dès aujourd'hui, selon une personne proche de la situation citée par Bloomberg, ayant requis l'anonymat, les discussions étant privées. La taille de l'emprunt final reste encore à déterminer, indique une autre source de l'agence. Citigroup serait impliqué, dans le cadre de ce prêt dont la taille devait être de 10 Mds$. L'engagement supplémentaire des établissements financiers signale leur confiance dans le groupe Boeing, juge une source. CNBC a également confirmé hier que Boeing avait sécurisé plus de 12 Mds$ de financement auprès d'une douzaine de banques.

Dans un autre registre, l'avionneur américain a obtenu le feu vert des autorités brésiliennes de régulation pour finaliser son rapprochement avec Embraer.

United Technologies, Lockheed Martin, 3M, Pfizer, Xerox, Harley-Davidson et HCA, publient avant bourse leurs derniers trimestriels. Apple, AMD, eBay, Xilinx ou Starbucks, publient après la clôture.

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